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Mercredi 5 Janvier 2011 - 15:26
Les Alpes-Maritimes : un peu d'histoireL’histoire de cet ensemble de jeunes montagnes, culminant à plus de 3 000 mètres et bordé par la Méditerranée, commence il y a plus d’un million d’années avant Jésus-Christ. Elle est tissée au fil des années par la rivalité récurrente entre les deux provinces délimitées par le fleuve Var qui les partage, et qui les a longtemps jetées à tour de rôle dans les bras ennemis de la France et du duché de Savoie. Jusqu’à la création du département qui a enfin mis en valeur leurs ressemblances culturelles profondes.La protohistoire de la Ligurie
Habitée dès la préhistoire, comme en témoigne le site de Terra Amata à Nice et les gravures rupestres de la vallée des Merveilles, la côte méditerranéenne fut ensuite aménagée par les Liguriens pendant une grande partie du premier millénaire av. J.-C.
Mais ce sont les Phocéens qui s’émerveillent de la fertilité des lieux et décident d’y creuser le port de Massilia, en 600 av. J.-C. Ces premiers colons importent de Grèce la culture de la vigne et de l’olivier, et fondent d’autres comptoirs maritimes au fil de la côte : Antibes, Nice, Villefranche, Monaco… La création de voies de communication terrestres profite au commerce et à la diffusion du christianisme, mais aussi aux invasions des barbares venus du nord, qui ravagent la contrée pendant plus de trois siècles. Les Ligures, bientôt rejoints par les Celtes, confient leur protection au voisin le plus fort du moment, la république de Gênes pendant un temps, puis les Francs de Charles Martel et de Charlemagne. Les troubles qui suivent la mort de ce dernier ouvrent la porte aux Sarrasins qui bâtissent des nids d’aigles sur les hauteurs du pays pour tenir les voies de passage et rançonner habitants et voyageurs. Avec de tels excès que le pape décide une espèce de croisade contre eux. L’empereur d’Allemagne les défait enfin au XIe siècle, et la Provence est rattachée pour un temps au Saint Empire romain germanique. Une situation géographique aussi propice que pénalisante
Les conflits féodaux entre les grandes seigneuries n’améliorent pas la vie des habitants, chaque grand voisin comme les Grimaldi de Monaco, les Génois ou les comtes de Provence se disputant la propriété du territoire.
Le comte de Barcelone et de Provence Bérenger IV (13e s.) pacifie un peu la région, mais son gendre Charles d’Anjou, frère de Saint Louis, amène la désolation en entraînant les habitants dans une croisade malchanceuse. C’est la ruine du comté de Nice qui perd les trois-quarts de sa population et l’essentiel de ses ressources. A l’extinction des Anjou, le comté de Nice est offert au duc de Savoie Amédée VIII, un demi-siècle avant le conflit franco-espagnol entre François 1er et Charles-Quint. Tandis que les Grimaldi achètent aux Génois la seigneurie de Monaco. La position privilégiée du comté comme voie de passage des armées fait le malheur de la région qui connaît alors la peste, la guerre et la famine. En 1486, la Provence est réunie à la France, et trois ans plus tard, l’indépendance de Monaco est reconnue en tant que protectorat des grandes puissances. En 1564, un terrible tremblement de terre bouleverse la physionomie de la côte. Le port de Villefranche s’effondre, de nombreux villages sont écrasés par les rochers et des sources potables deviennent soudainement chaudes et sulfureuses. La région reste dans l’insécurité au fil des guerres de religion sous Henri IV, puis des ambitions de Richelieu sur l’Italie, et des conflits entre Louis XIV et le duché de Savoie, qui provoquent même la destruction de toutes ses fortifications. Le comté, mal placé, subit les contrecoups de toutes les guerres européennes. C’est toujours dans ce couloir entre mer et montagne que s’engouffrent les troupes et leur cortège de malédictions, maladies et famines. Naissance d’un département dédié à la joie de vivre
En 1760, les nouvelles frontières entre la France et la Savoie, devenue duché de Sardaigne, partagent la région de chaque côté du fleuve Var et chaque souverain entame des travaux conséquents pour aménager les voies d’accès.
Quand éclate la Révolution, la Provence est divisée en trois départements : les Bouches-du-Rhône, le Var et les Basses-Alpes. Nice, possession de la maison de Savoie, proches parents des Bourbons, devient un centre d’émigration des réfugiés royalistes. La Constituante récupère le comté sans combattre en 1793 et organise le nouveau département des Alpes Maritimes autour de Nice comme chef-lieu. En 1804, il comptait 88 000 habitants. A l’abdication de Napoléon en 1814, le traité de Paris redonne le comté au roi de Sardaigne. Il reviendra à la France en 1860 et s’agrandit de l’arrondissement de Grasse. Les Alpes Maritimes entrent dans le 20e siècle avec la prospérité due à l’essor du tourisme haut de gamme, qui attire célébrités, têtes couronnées et artistes sur ses rivages. Mercredi 5 Janvier 2011 - 15:26
Aline Pontallier
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