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Jeudi 31 Janvier 2008 - 14:52

Venise : bas les masques !

Carnaval de Venise du 9 au 20 février


Depuis le 25 janvier dernier et jusqu'au mardi 5 février 2008, la Cité des Doges s'est mise à l'heure du Carnaval. Enveloppé dans une cape de drap noir, le visage dissimulé par un masque, un mystérieux personnage se glisse dans la pénombre d'une ruelle. Est-ce un homme, une femme, un notable, un marchand ou un simple touriste ? Personne ne le saura jamais. Impossible également de connaître l'identité de cet Arlequin masqué à la tenue multicolore qu'invective sur un pont un Pantalon au nez crochu. C'est le secret du carnaval !



Le goût des Vénitiens pour l'intrigue a favorisé son succès, notamment au 18e siècle, où il durait près de trois mois. Avant l'austérité du Carême, le port du masque permettait toutes les bouffonneries, tous les libertinages.

Derrière les masques

Les barrières sociales disparaissaient, favorisant les rencontres impromptues dans les rues où régnait une fête permanente, comme dans les palais animés de bals costumés. Aboli par Napoléon à la fin de la République, le carnaval fut rétabli par le maire de Venise dans les années soixante-dix.

Jusqu'au 5 février prochain, mimes, saltimbanques, musiciens, acteurs de la Commedia dell Arte font revivre ces joyeuses festivités. Et comme autrefois, le dernier soir, à minuit, place St-Marc, on brule le fantoche du carnaval.

L'un des meilleurs postes d'observation est le café Florian, ouvert sur les arcades des Procuraties depuis 1720. C'était au XIX° siècle le quartier général des patriotes vénitiens, qui appréciaient les six petits salons aux murs ornés de peintures allégoriques et aux banquettes de velours; alors que les officiers autrichiens se retrouvaient, de l'autre côté de la place St-Marc, dans les salons feutrés du café Quadri. Ce qui explique que l'orchestre actuel n'y joue que des musiques viennoises. Un comble dans la ville natale de Vivaldi !

Les pigeons marchent...

Autour de cette piazza, dominée par un campanile de 98m de haut, gravite le centre historique : la basilique St-Marc, à la facade resplendissante de l'or de ses mosaïques, et le palais ducal, résidence des Doges, dont les peintures des murs et des plafonds évoquent la gloire de la Sérénissime. Un vrai décor de théâtre envahi par des volatiles peu farouches. "Ici, les pigeons marchent et les lions volent", disait Jean Cocteau, faisant allusion au fauve ailé, emblême de la ville, perché sur une colonne face à la lagune.

La façon la plus astucieuse de découvrir les merveilles vénitiennes est d'embarquer sur le vaporetto n°1, qui remonte le Grand Canal jusqu'à la gare Santa Lucia. On dirait une grandiose exposition architecturale, où se mêlent les styles byzantin, gothique, Renaissance et baroque. Passé l'église de la Salute sur la gauche, se succèdent des palais, Contrarini del Zaffo, del Duca, Ca' Rezzonico, Ca' d'Oro, Grassi, Pesaro, et bien d'autres.

Un ravissement pour les yeux, mais aussi une grande angoisse lorsque l'on constate que leurs rez-de-chaussées sont périodiquement inondés. Les soubassements de pierre reposent sur des îlots spongieux renforcés par une forêt de pieux, baignant dans une eau saumâtre.

Photo : Olivier MARTIN
Photo : Olivier MARTIN
Amarrée depuis quinze siècles dans les vases de la lagune, à l'abri d'un frêle cordon littoral, Venise chancelle sous l'effet des marées de l'Adriatique. Celles-ci s'engouffrent dans les trois passes aggrandies pour les besoins du trafic maritime, ainsi que dans le supercanal pour pétroliers géants, creusé pour transformer le port industriel de Marghera en un nouveau Rotterdam, et accentuent l'érosion des sols.

D'ailleurs, il n'est pas rare qu'à marée haute, en hiver, les promeneurs soient obligés d'emprunter des passerelles de bois pour accéder à certains édifices bordant le canal ou pour traverser la place St-Marc métamorphosée en piscine. A la mauvaise saison, les Vénitiens ne se déplacent jamais sans une paire de bottes en caoutchouc dans un sac !

Il faut aussi se perdre à pied dans le dédale des ruelles. Ici, un pont bossu enjambe un canal étroit pavoisé de lessive, là se dresse une église comme la Scuola della Carita, qui abrite le musée des Beaux-Arts; plus loin, apparaît l'incontournable pont du Rialto, reconnaissable à sa grande arche en pierre truffée d'arcades.

Flânerie en gondoles

Les îles du nord de la lagune sont également accessibles en vaporetto : l'île-cimetière San Michele, où reposent Igor Stravinsky et Serge Diaghilev; Murano, bâtie sur une kyrielle d'ilôts reliés, où les maîtres-verriers exercent leur art depuis 1291. Dans la chaleur de leurs ateliers, ils font naître, devant vous, un vase ou un lion, à partir d'un morceau de pâte en fusion. Burano, la plus colorée, doit, depuis le XVI° siècle, sa renommée à la dentelle.

En déclin à la fin du XVIII°, cette petite industrie revit aujourd'hui, dynamisée par une école de dentellières, qui font des démonstrations publiques. La plus éloignée, Torcello, porte encore les prémices de Venise. C'est là que tout a commencé au VI° siècle, lorsque les habitants de Vénétie, fuyant les Lombards et les Huns, se réfugièrent dans cette lagune stérile. Une cathédrale byzantine témoigne de sa splendeur passée.

Muse des écrivains, des peintres, des cinéastes et de tous les romantiques, la Cité des Doges distille depuis des siècles le même charme envoûtant, aidée par d'innombrables chefs d'oeuvre de Canaletto, Tintoret, Tiepolo. Et même si le gondolier, coiffé du traditionnel chapeau de paille, ne fredonne plus de chansons napolitaines, même s'il faut discuter le prix parfois prohibitif, la flânerie en gondole sur les petits canaux reste indissociable de la magie vénitienne.

Photo : Olivier MARTIN
Photo : Olivier MARTIN
Carnet de voyage

Goûter les tagliatelle alle vongole (palourdes), la polenta, le risotto alle seppie (à l'encre de sèche),le brodo di pesce (soupe de poissons) par exemples à la Tratorria alla Madonna, calle della Madonna ou à la Trattoria al Covo, campiello de la Pescaria. Autre lieu mytique, le Harry's Bar, calle Vallaresso, jadis fréquenté par Orson Welles et Hemingway.

Se déplacer. Acheter le forfait-vaporetto un, trois ou sept jours, moins cher que les trajets à l'unité. Eviter le motoscaffo, taxi-bateau, très cher. Essayer le traghetto, gondole collective bon marché pour traverser le Grand Canal debout, comme les Vénitiens.

Rapporter. Masques, objets en verre notamment pendentifs et boucles d'oreilles de Murano, papiers marbrés (feuille à l'unité, calepin, répertoire, cahier de recettes, boîtes).

Informations : Office Italien du Tourisme, 23 rue de la Paix, 75002 Paris.
Tel. 01.42.66.03.96. - www.enit-france.com

Carnaval mode d'emploi

Actuellement et jusqu'au 5 février 2008
Locations de costumes "Ca' del Sol " (Castello 4964), "Il Prato" (San Marco 1770).
Programme 2008 sur www.carnevale.venezia.it (en anglais et italien)

Jeudi 31 Janvier 2008 - 14:54
Mireille Gignoux

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