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Lundi 9 Mai 2011 - 14:45
Vaucluse : Pleins feux sur le LuberonDéfi à la portée de jambes véloces, le tour du plateau des Claparèdes revisite en deux jours l’âme profonde du Luberon. Villages perchés, vergers fruitiers, chapelles isolées, falaises calcaires, champs de lavande, gorges profondes : rien n’y manque, surtout pas le plaisir de l’effort et des découvertes surprises, loin des circuits établis.
Bonnieux
Quand faut y aller, faut y aller ! C’est à Saignon, perché au dessus d’Apt, que l’on quitte non sans mal les douceurs du Luberon et la posture d’Epicure, pour se coltiner l’âpreté caillouteuse des chemins de traverse.
Aimable, le tracé de départ n’a pourtant rien de l’Alpe d’Huez. Il contourne une sage colline d’où l’on distingue l’éperon de Saignon et les tuiles d’Apt, en fond de vallée. Au loin, la tâche blanche du Ventoux fait office de boussole : visible, le marcheur chemine côté Nord du Luberon ; absente, il ahane vers le Sud ou en fond de gorge. De gorge, en voilà une, minuscule : de Rocsalière, elle extrait le pèlerin d’un fond de versant pour le hisser un temps sur le plateau des Claparèdes, avant un long parcours sinusoïde plein ouest, en balcon. Larges chemins blancs agricoles exhalant une douce chaleur, entre les rangs de vignes, de cerisiers ou d’oliviers. Partout, des fermes isolées enfoncent le clou de la vocation agraire : austères bastides ou riches domaines – comme Cleymon et sa chapelle restaurée -, soulignent seulement les différences de statut. Une fois franchie la route Lourmarin-Apt, l’itinéraire s’enfonce au cœur des vignes de Bonnieux. Un vin AOC gagné par une nouvelle qualité et pourtant peu épargné par la crise de filière. Quittant un temps l’univers des ceps, le sentier entame un virage autour d’un mamelon boisé. C’est Bois-Sauvage, le bien nommé, terre humide à chasseurs et à sangliers. Reste à achever la remontée vers Bonnieux. Trompeur, le sentier met en ligne de mire le rival Lacoste, autre village culte au destin « parisien ». Voilà enfin Bonnieux, maisons étagées reliées par un jeu de ruelles diagonales. Et large choix pour le repos : camping, hôtels chics ou chambres d’hôtes. Séquence aventure Après les grands horizons de la veille, place aux plis secrets de l’Aiguebrun. A l’est de Bonnieux, on échappe sans remords aux riches propriétés pour vite retrouver la solitude du sentier, sous la maigre chênaie. Itinéraire de plateau qui livre ses premières bories, édifices secs à l’équilibre sûr. Le panneau Baume d’Estellan donne un signal : pied alerte, il faut dévaler la combe et voir s’élever la ligne de crête du Grand Luberon, soudain imposant. Passé le Grand Verger, une incongruité jaillit sur la forêt. C’est le prieuré de Saint-Symphorien, fière sentinelle et sans doute plus joli clocher roman de Provence. Les trois étapes suivantes sont d’un grand intérêt : château de Buoux et ses pans inachevés, chapelle Sainte-Marie et son modèle de pierre sèche et Buoux, village silencieux dans un océan de nature. Vient la séquence aventure. Le sentier rejoint le bord de falaise – aucun garde-fou, prudence absolue – et dévale au fin fond de l’Aiguebrun, inattendu corridor de fraîcheur et seul cours d’eau pérenne du massif. Trois kilomètres de paradis, avant une pénible remontée à Sivergues, village fantôme crevant de solitude, sous le regard du Mourre Nègre. C’est le sommet du parcours (569 m). L’ultime déclivité n’est pas vaine. Elle rattrape le plateau des Claparèdes, terre extra plate à moutons, à lavande et au mistral gagnant. Incognito, le sentier se faufile sous les haies entre les parcelles et rejoint enfin l’éminence de Saignon. Cafés-terrasses à nouveau bienvenus ! Lundi 9 Mai 2011 - 16:18
Jean-François Rust
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