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Par Michèle SANI, publié le 30 Juillet 2010.
Tunisie : l'artisanat tunisien revu par les femmesSadika et Khédija : deux femmes qui réinventent l'artisanat tunisien. La première, souffleuse de verre, s'est formée à Venise et en Bohême. La seconde s'approprie en le modernisant l'art du cuivre martelé. L'une et l'autre s'adressent à des marchés qui dépassent, et de loin, les frontières de leur pays.Sadika, souffleuse de verre et ferronnière
Elle a appris les métiers du feu durant deux ans à Murano chez le maître verrier Suguso puis elle est allée en République Tchèque pour s'approprier les techniques des verriers de Bohême.
Elle est ensuite rentrée au pays, à Tunis. Entre une petite forge et une planche à dessin elle y a posé son sac rempli de projets chimériques. C'était il y a plus de 30 ans. Elles ne sont pas si nombreuses les femmes à mêler le soufflage du verre au travail du fer forgé. Alors pensez... dans les années 80 en Tunisie ! Alors qu'elle était élève à l'Ecole des Beaux Arts de Tunis, Sadika Keskes s'intéressait à la céramique. Une bourse d'études allouée par l'Ambassade d'Italie lui a permis de faire un stage à Venise. La suite ? Ce fut la République tchèque et sa Bohême. Trois ans plus tard, dans l'indifférence générale, elle ouvrait à Gammarth près de Tunis, un petit atelier avec un apprenti pour toute aide. Depuis elle a enseigné les arts du feu à plus de 150 hommes et femmes. "J'ai toujours été attirée par les métiers du feu et les rapports avec la matière. Des écoles italienne et tchèque j'ai retenu à la fois la virtuosité et la technique, le raffinement, le souffle et le doigté. Aujourd'hui mon travail est plus proche des arts plastiques et design que d'une simple production artisanale". C'est elle qui a relancé en Tunisie en le modernisant l'antique art du verre soufflé. Ses clients sont des particuliers, des collectionneurs. Les grands hôtels lui achètent aussi lustres et verrières. Elle participe à de nombreuses expositions d'art contemporain à travers le monde. Sadika Keskes est toujours à Gammarth et sa maison, - à la fois show room, atelier et centre culturel - est une belle adresse où aiment se retrouver les artistes. Ses projets d'hier n'ont rien d'une chimère. Plus d'information : www.sadika.com La suite : Khédija réinvente l'art du cuivre martelé Nouveau commentaire :
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