L'hôtel a été fermé en octobre dernier pour des travaux de rénovation. Bien avant la crise tunisienne.
A l'aéroport, nous sommes les seuls à débarquer - tout de même près de 200 professionnels du tourisme, entre la direction de Fram, 160 agents de voyage invités par le tour-opérateur pour un voyage d'études et les journalistes.
Les lieux paraissent calmes, même déserts.
Depuis le 20 janvier 2011 et la fermeture des sites touristiques, de l'eau a coulé sous les ponts, même sur cette île pourtant réputée pour son aridité.
Dans les villages que nous traversons pour rejoindre la zone touristique, à bord de bus aux couleurs de Fram, nous ne trouvons aucun policier, aucun militaire.
Les Djerbiens vaquent à leurs occupations dominicales, les hommes aux terrasses des cafés, les femmes en visite chez les voisines.
Les Tunisiens attendent le retour des touristes
Les hôtels rouvrent peu à peu leurs portes, les voyagistes y vont de leurs offres (Lire) pour relancer la destination et les premiers touristes reviennent. Pour le plus grand bonheur des tours-opérateurs (Fram, Marmara, Thomas Cook, etc) mais aussi des Tunisiens.
"Cela fait longtemps qu'on a pas vu d'aussi beaux sourires", nous lance un serveur du Framissima Golf Beach.
Pourtant leurs visages affichent une expression contradictoire. La plupart semblent soulagés de voir les touristes revenir, mais inquiets qu'ils soient si peu nombreux. "Il va falloir être patients", commente un autre employé de l'hôtel.
Ici, comme ailleurs, les Djerbiens parlent librement des événements, s'inquiètent de la démission du premier ministre de transition, mais gardent le sourire.
Tout comme les premiers touristes, ceux qui ont choisi de ne pas annuler ou reporter leurs vacances en Tunisie. Evelyne et Jean-Claude, venus de Rouen pour 2 semaines de vacances sont aux anges. "Nous étions à Zarzis la semaine dernière, en attendant que le Golf Beach rouvre.
Mais nous sommes très heureux d'être dans cet hôtel typique, plus familial. On se sent bien, en sécurité. Nous avons vu quelques manifestations, toutes pacifistes".
Petit tour au souk...
Eux aussi ont le sourire, nous attirent dans leurs échoppes. Ils veulent savoir dans quel hôtel nous sommes descendus, et surtout combien de touristes sont dans l'hôtel ?
L'esprit commerçant est là, mais on ne les sent pas enclins au marchandage. Nous non plus d'ailleurs.
Il faut dire que les affaires sont au point mort depuis plus d'un mois.
"Jusqu’à présent, ça ne me servait à rien de venir travailler à la boutique tous les jours, raconte Narzi, un jeune commerçant.
Au contraire, ça me coutait plus cher d’être ici à attendre pendant des heures, à manger, boire et fumer. J’étais mieux à la maison".
Mais pour Narzi, pas question de fuir. La révolution est passée, le moment est difficile, mais il ne quittera pas Djerba pour aller chercher fortune ailleurs.
Un retour empreint d'émotion
A côté des 2 vols Fram (l’un vers Toulouse et Paris, l’autre vers Lyon), des centaines de réfugiés égyptiens, chinois, philippins fuyant la Libye sont rapatriés vers leur pays d’origine.
Depuis une semaine environ, 11 000 Chinois auraient ainsi transité par l'île de Djerba, avant d'être évacués vers la Chine, selon l'agence de presse Xinhua.
Certains, ouvriers dans le bâtiment en Libye, ont débarqué à l'hôtel Carribean World Palma Djerba, d'autres ont été logés au Club Olé 4 Saisons de Fram, ou encore dans le stade de Djerba, selon le quotidien Le Monde du 22 février 2011.
Ce jour-là, toutes les formalités se font dans le calme. Les Tunisiens donnent une dernière couverture, un peu de nourriture à ces hommes qui ont, pour la plupart, tout perdu.
Un militaire et le service de sécurité de l’aéroport assurent le bon déroulement des opérations.
Cette scène de solidarité de la part des Tunisiens, qui se répète chaque jour depuis plus d’une semaine, les agents de voyage présents la raconteront peut-être à leurs futurs voyageurs. Comme une preuve que la Tunisie reste une terre d’accueil, pour les réfugiés comme pour les touristes.
Balade

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