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Lundi 2 Février 2009 - 10:03
Tournus : comme un air du Sud !Posée sur la Saône entre Chalon et Mâcon, Tournus surprend. Sommes-nous en midi toulousain ? Avec ses édifices en pierre rose et ses toits de tuiles, la cité joue les avant-postes méridionaux. En plus, elle recèle des trésors de patrimoine. Vous avez dit bonne pioche ?
Rose, rose, rose. De la tête aux pieds, Tournus se pare d’un pastel que ne renierait pas la capitale de Midi-Pyrénées. La faute à la carrière de Préty, située dans un village tout proche, dont la pierre saumon sert depuis des lustres à édifier églises et maisons. Quant aux toits adoucis couverts de tuiles – les premiers en venant du Nord - et au flot placide de la Saône, ils peuvent rappeler la cité rose et Dame Garonne.
N’y aurait-il donc rien de bourguignon à Tournus ? Si et sans doute d’abord une discrétion de caractère qui a détourné jusque là le flot des touristes de la ville. Car Tournus possède des atouts cachés. Un peu oubliée entre Chalon et Mâcon, la cité doit son existence aux moines. En témoigne la magnifique abbaye aux deux clochers, véritable quartier dans la ville dont l’origine remonte aux premiers temps chrétiens, lorsque saint Valérien « échoue » à Tournus pour évangéliser la population. De cet épisode naît une épopée monastique, symbolisée par la construction de ce joyau d’art roman, revêtu de sa parure rosée. D’accès libre, on admire successivement une avant-nef aux énormes piliers, une salle haute à baie cintrée, une église superbement éclairée, un déambulatoire décoré au sol de mosaïques du XIIè s. illustrant les signes du zodiaque, une crypte et des bâtiments abbatiaux. Formidable réfectoire des moines
Avec le temps, ces derniers se sont fondus dans la ville. L’immense logis abbatial du XVè s., avec vue sur Saône, appartient à une vieille famille tournusienne ; le cloître est devenu jardin public ; la salle capitulaire accueille des expositions ; le formidable réfectoire des moines – 33 m de long, 12 m de haut ! – sert de cadre à des mariages et reçoit tous les ans le réputé Salon des Antiquaires ; le cellier de l’abbatiale est occupé par un commerce, les meubles Vialet, où un petit tour s’impose. Quant aux tours de défense et remparts érigés autour de l’abbaye dès le Xè s. pour la protéger des invasions, elles sont privées ou accaparées par des boutiques.
Une ville dans ses longueurs
Vous pensez avoir tout vu de la ville ? À peine le quart ! Il faut maintenant dévaler l’interminable axe central – Tournus s’allonge entre l’abbaye et l’ancien castrum romain, près de la Saône - pour aller à la rencontre des quartiers populaires et commerçants.
Sous la rue du Docteur Privey et l’église Saint-Valérien (édifiée hors les murs au XIè s. pour les paroissiens), voilà le quartier des bords de Saône. Rue des Bateliers, de la Poissonnerie, des Tonneliers… : les noms parlent d’eux-mêmes. Il faut profiter de ce quartier pour se poster au milieu du pont sur la Saône : c’est la meilleure vue de la ville, de l’abbaye et de la cascade de toits pourpres aux accents sudistes. Fondements médiévaux
À hauteur de la place Carnot, un autre Tournus commence, celui des cours intérieures et des traboules locales. Avec un peu de chance, on franchit des portes pour déboucher sur des cours d’apparence lyonnaises, avec balcons de pierre et escaliers à vis. D’autres passages étroits conduisent au secret de ville : l’impasse du Bief Potet, une très longue sente urbaine sombre et mystérieuse qui dévoile les fondements médiévaux de la cité.
Passées la rue Greuze et de l’Hôpital, voici la place et l’Hôtel de Ville, blanc devant, rose derrière ! Il marque l’accès au troisième quartier de Tournus, celui de Sainte-Madeleine. Construit en damier entre les rues du 4 septembre et Désiré Mathivet, ce quartier exhale un parfum populaire, avec ses maisons jumelles et ses enseignes immuables. Reste à déambuler sur les quais, face à la halte nautique : invitation à embarquer pour explorer cette Bourgogne méconnue et la Bresse voisine. Pour en savoir plus : www.tournugeois.fr Hôtel Dieu, fille aînée des Hospices de Beaune
Ceux qui connaissent les Hospices de Beaune ne seront pas dépaysés. Les lits fermés en bois, les couvertures rouges, la chapelle du Saint-Sacrement, la « ruelle » pour donner les soins…, à Tournus, l’Hôtel-Dieu, édifié au XVIIè s., ressemble à s’y méprendre à son voisin de Côte d’Or.
Dans les années 1960, des religieuses y officiaient encore et les salles communes, fermées seulement en 1978, rappellent des souvenirs à de vieux tournusiens qui y furent hospitalisés. Parlait-on à l’époque de maladies nosocomiales ? Greuze, l’enfant du pays
« Star » de Tournus, il a laissé dans la peinture un souvenir mitigé. Né en 1725 dans une maison simple (5, rue Greuze), Jean-Baptiste Greuze se distingue par la représentation très moraliste de scènes de la vie quotidienne. En revanche, ses portraits vifs et expressifs font l’unanimité. Hélas, le Musée Greuze n’accueille que très peu d’œuvres. Cinq toiles, quelques sanguines, des dessins et c’est tout. Le musée propose en revanche un très intéressant parcours dédié à l’histoire du Tournugeois.
Mardi 3 Mai 2011 - 12:49
Jean-François Rust
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