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Mardi 28 Février 2006 - 17:09

''Star Flyer'' : quat'jours à bord d'un quat'mâts hissé hô... (air connu)

dans la Mer des Andaman en Thaïlande


Subtil mélange de modernité et de tradition, les bateaux de la compagnie Star Clipper font découvrir aux amoureux de la voile, la marine d’antan. Nous avons testé pour vous la croisière sur un de ces navires dans la Mer des Andaman en Thaïlande.



Le « Star Flyer » fait partie de la lignée racée des célèbres « clippers »
Le « Star Flyer » fait partie de la lignée racée des célèbres « clippers »
Après un vol de plusieurs heures à bord d'un 747-400 de Thai Airways et une journée à Bangkock, nous arrivons enfin à Patong. Cette célèbre station balnéaire du sud de la Thaïlande jouxte Phuket, avec qui elle partage la vedette et les faveurs des touristes.

Comme la première, elle a souffert des ravages du Tsunami. Mais autant qu'on puisse en juger, puisque la nuit est tombée, aucun vestige, aucune trace, pas le moindre indice des tragiques évènements du 26 décembre 2004.

Business must go on : le tsunami et ses ravages ne sont plus qu'un lointain souvenir et les engins de travaux publics s'activent pour remodeler le paysage. Nous allons passer 5 jours et 4 nuits à bord du « Star Flyer » qui va sillonner la Mer des Andaman (carte).

Formalités d'enregistrement réglées en quelques coups de cuillère à pot

Ce superbe bâtiment à voile, est l'un des 3 navires de la Compagnie « Star Clipper ». Comme son jumeau éponyme, il fait partie de la lignée racée des voiliers d'autrefois, les célèbres « clippers » qui transportaient (notamment) le thé entre la Grande Bretagne et les Indes Orientales et se « tiraient la bourre » non pas pour l'exploit sportif (quoique...) mais pour de basses raisons matérielles tenant au cours des matières premières.

Tricycles pour visiter Penang
Tricycles pour visiter Penang
Ce sont eux qui ont inspirée les créateurs de la fameuse régate de l’ « America's Cup ».
Les formalités d'enregistrement à bord sont réglées en quelques coups de cuillère à pot. Il est plus de 19h. Notre retard (l'embarquement a débuté à 16h) nous a fait rater le comité de réception. Tant pis !

Nous laissons une empreinte de carte de crédit qui permettra de régler l'ensemble des prestations et confions les bagages avec nos étiquettes. L'équipage se chargera de les faire arriver à bon port.

Quelques marches mènent à la plage puis à l'embarcadère où nous attend la chaloupe. On devine déjà au loin dans la nuit la silhouette gracieuse du bateau stylisée par un cordon d'ampoules électriques qui en dessine les contours.

Le grand Fisherman nous toise de ses 67 de haut

A mesure qu'on approche, les lignes se font plus précises. Lorsqu'on arrive quelques minutes plus tard à l'échelle de coupée, le grand Fisherman, le mât le plus élevé du clipper nous toise de ses 67 de haut. Vertigineux, en contre plongée !

Nous intégrons rapidement la cabine. D'une surface de 13 m2, celle-ci est en accord avec l'ambiance de la marine à voile : teck verni, cuivres, vieilles lampes à pétrole encadrant une grand miroir et un hublot rond en cuivre en guise de fenêtre.

Les espaces de rangement sont suffisants mais astucieusement conçus pour tirer le meilleur parti possible de la surface disponible. Aux murs, des tableaux représentant des yacht rappellent la tradition de la marine à voile.

Seule concession à la « modernité » : un poste de télévision qui coiffe dans l'angle un lecteur de DVD et la climatisation. Car le « Star Clipper » construit en 1990 dans la tradition de ses glorieux ancêtres, réussit le pari de combiner les avantages de la tradition tout en faisant profiter les passagers du confort moderne. C'est la force du produit.

Le journal de bord trilingue (anglais, français, allemand) est livré chaque soir dans la cabine et affiche le programme du lendemain. Ce soir nous appareillons à 22 h pour Ko Adang. Comme l'explique le support : « juste au nord de Pang Kor, le groupe Butang est un archipel d'îles thaï au large de Langkawi (Malaisie). Les propriétaires de yacht sont presque les seuls à en connaître l'existence... »

La célébre « Cheong Fatt Tze Mansion », dite aussi Maison Bleue à Penang
La célébre « Cheong Fatt Tze Mansion », dite aussi Maison Bleue à Penang
Le restaurant est une véritable « bombonnière »

Nous allons dîner. Le restaurant, véritable « bombonnière », est à l'image du bateau : cosy, confortable et intimiste. Malgré un vent quasi nul, Yuri Kuschenko, le capitaine ukrainien, a hissé la Misaine et la grand'voile d'étai. Le « Star Flyer » est un vrai voilier et se satisfait de 3 petits noeuds pour commencer à tirer parti de ses 3 400 m2 (!) de toile.

Mais l'absence d'Eole ne fait ni chaud (sauf au chef mécanicien) ni froid aux puissants « caterpillar » qui assurent la propulsion et l'énergie de l'ensemble. Une unité de désalanisation pourvoit aux besoins en eau de l’ensemble du bateau. Donc, la douche n’est pas chronométrée…

Sur le pont, nous découvrons « Celesta », membre de l'équipage depuis 2000. Il s’agit d’un perroquet australien femelle qui imite à la perfection (et souvent =;O) le cri émis par le sifflet du rassemblement des consignes de l’équipage. Une attitude qui provoque parfois des situations cocasses…

Dimanche 15 janvier 2006. 7h30. Nous approchons de Ko Adang, une des perles formées par un collier d'îles très apprécié des connaisseurs. Les marins s'affairent sur le pont, affalant et rangeant les voiles alors qu'on approche des côtés. Un ballet fascinant et dont ne se lasse pas.

On met la dernière main au « tender », qui va assurer toutes les demi heures le transfert des passagers qui vont aller jouer les Robinson sur l'île déserte avec des plages à perte de vue et des cocotiers qui font des courbettes aux visiteurs..

Au programme, sports nautiques et farniente. Pour les plus sportifs, ski nautique, promenade en banane, canoë, voile, planche à voile et plongée. A bord du « Star Flyer », seule cette discipline est payante.

18h. Le bateau lève l'ancre avec d’infinies précautions tellement les fonds sont bas. Tout l'équipage est aux aguets et un véritable concert qui enchantera les amateurs débute : les cabestans crissent, les poulies couinent et les winch électriques font entendre leur stacatto métallique.

« Celesta », perroquet australien femelle et membre de l'équipage depuis 2000
« Celesta », perroquet australien femelle et membre de l'équipage depuis 2000
L'étrave fend les flots d'une mer d'huile

Les passagers, ont sorti caméras et appareils photos pour immortaliser ce nouveau départ aux accents de « Cristophe Colomb », pendant que l'astre solaire darde ses derniers rayons et rougeoie l'horizon. Magique !

Les plus hardis s'installent alors à la proue et s'allongent dans les filets du beaupré qui surplombent la mer de plusieurs mètres, tandis que l'étrave fend les flots d'une mer d'huile.

Lundi 16 janvier 2006. 8h. Le « Star Flyer » fait son entrée à Georgestown dite aussi Penang. L'île avec ses 600 000 habitants abrite la 2e plus grande agglomération de Malaisie. Elle a été autrefois la première colonie britannique du Détroit de Malacca.

La légende prétend que lorsque Sir Francis Ligth débarqua à Cap Penaigre (Georgestown) en 1786, la végétation y était si épaisse qu’il fût obligé de faire donner l'artillerie pour y ouvrir une clairière et pouvoir établir le camp.
Aujourd'hui, les restes de Fort Cornwallis dominent encore la baie de ses canons.

La ville possède une admirable demeure de 38 chambres, 5 jardins, 7 escaliers et... et 220 fenêtres. Bâtie au 19e par un homme d'affaires chinois dont la fortune et la réputation ont marqué son époque, la « Maison Bleue »
a servi au tournage des scènes du film « Indochine » avec Catherine Deneuve, que l'on voit poser sur une photo religieusement conservée.

Des triporteurs nous ramènent de la célèbre « Cheong Fatt Tze Mansion » (la maison bleue), jusque au très beau temple boudhiste de Leong San Tong Khoo Kongsi.

Le charme de la marine à voile d'antan
Le charme de la marine à voile d'antan
Une occasion de contempler le centre historique qui comprend un grand nombre de maisons datant du 19e et du début du 20e siècle (certaines à l'abandon) ainsi que des boutiques tenues par des commerçants hindous.
Teinté d'influences européennes, chinoises, indiennes et malaises, ce style architectural est surnommé « électrique ».


L'embarras du choix question sable blanc et récifs coralliens


17h. Nous appareillons à destination de Ko Lipe (Thaïlande). Située à moins de 5 milles nautiques de Langkawï, Ko Lipe et Tarutao National Park est la plus grand île de l'archipel qui en compte 51.

On a l'embarras du choix question sable blanc et récifs coralliens. « Le parc comme le rappelle le journal de bord, « reste une des plus belles régions côtières de Thaïlande » : cascades, cours d'eau, grottes, pas un bouton de guêtre ne manque à cet ensemble exceptionnel habité uniquement par les Sea Gypses (*) et les garde forestiers.

L'isolement de l'ensemble a préservé la faune et la flore. Ici, la balade s'impose… même si les touristes restent la plupart du temps (on les comprend) littéralement scotchés sur la plage.

Pourtant, à moins de 500 mètres, la plage côté village de pêcheurs est d’une beauté à couper le souffle. Les cahutes des « gitans des mers », peuple affable et d’une grande gentillesse, bordent le bord de mer. On décèle encore de ça de là les dégâts du tsunami qui a balayé les bicoques comme des fétus de paille.

Nous aimerions poursuivre ce récit mais hélas, trois fois hélas… notre périple arrive à sa fin. Nous n’aurons pas l’occasion, faute de temps, de visiter la fameuse « Ile de James Bond » mais il nous reste encore quelques heures pour faire du shopping. Nous allons devoir abandonner le Star Flyer, qui poursuivra son périple en Mer des Andaman jusqu’à la fin de la semaine, et regagner Phuket en bateau rapide.
C’est la fin d’une magnifique aventure…


(*) Nous sommes arrivés en retard. Normalement, les passagers embarquent à partir de 16 heures et ont droit à un accueil de l'ensemble de l'équipage ainsi qu'à un buffet qui les attend.


Mardi 7 Mars 2006 - 15:18
Jean Da Luz à bord du Star Flyer - redaction@tourmag.com

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