Il est vrai que la Sicile est réputée pour ses côtes et ses petites îles. C’est là que se concentrent les hôtels et les sites majeurs de Taormine, Cefalù, Trapani, Syracuse, Palerme, les Eoliennes et leurs volcans.
Ceux qui pourtant roulent à vive allure sur l’autostrada entre Palerme et Catane seraient bien inspirés de bifurquer vers cette terra incognita. A première vue, rien de spectaculaire. A l’usage, c’est l’âme vive de la Sicile et de ses traditions fortes !
On parlait de villages perchés, il est courant ici qu’ils soient surmontés d’un château. Ces terres âpres ont vu passer les Arabes, les Normands, les Espagnols…, elles ont pris acte du nécessaire besoin de protection contre les puissances « ennemies ».
En témoigne Mussomeli, gros bourg de la province de Caltanissetta. Ses maisons grises accolées sont dominées à l’écart par la sévère forteresse de Chiaramonte (XIVè s.). Une construction presque fantôme, tant elle s’enroule sur un promontoire calcaire avec lequel elle se confond.
Exubérance baroque
Bien que située sur la côte – mais au sud de l’île, moins fréquenté par les touristes – ce château battu par les flots, aux mains d’une riche famille depuis des lustres, semble dire non à toute tentative d’abordage.
Pour l’anecdote, c’est dans ce décor moyenâgeux rempli de trophées de chasse africains – un crime écologique absolu… - que Dolce & Gabanna a tourné l’une de ses publicités, avec l’actrice Monica Bellucci.
Côté traditions, le cœur de l’île excelle aussi dans la dévotion catholique. On ne compte plus les chiesa et les duomo qui rivalisent ici de piété, là d’exubérance baroque.
Lors de la Semaine Sainte, les processions des confréries et des corporations de Caltanissetta ou d’Enna sont parmi les plus authentiques de Sicile.
A Enna, début et mi-juillet, des dizaines de membres de la confrérie des nudi (appelés ainsi car ils vont nus pieds) célèbrent la Madone revêtus d’une simple chemine blanche.
Et Mazzarino n’est pas peu fière de montrer à qui le veut l’empreinte de la main du pape Jean-Paul II, fichée tel un moulage de star d’Hollywood dans la porte de l’église Maria Santissima del Mazzaro.
Saveurs méconnues
Des douceurs que l’on retrouve dans les plats et les verres grâce à des exploitants qui se sont mis en tête d’ouvrir leurs portes aux visiteurs.
Au-delà des restaurants de village à la réputation établie, les agriturismo font en effet florès. Dans des domaines récemment aménagés en chambres et tables d’hôtes, les vins Nero d’Avola et Insolia, la liqueur amaro averna de Caltanissetta, les fromages Pecorino Zaferano et Ragusano, l’excellente riccota, la coppa de cochon noir sauvage, la focaccia tartinée au foie de veau ou encore l’exquis agneau alla sambriglia (une herbe locale proche de la menthe) expriment toutes les saveurs d’un terroir méconnu.
Codes d’honneur
Tandis que les mâles dominants à casquette (plutôt âgés, certes) vont et viennent en ressassant leurs histoires, les femmes s’affairent sans doute en cuisine à la préparation du dîner.
Dans ces régions rurales où le pouvoir rime encore avec gaillards, pas facile d’échapper aux mentalités archaïques et aux codes d’honneur. Il suffit de regarder les banderoles affichant crânement « No al pizzo » (nom du racket local, pratiqué par la Mafia sur les commerces) pour comprendre à quel point les mauvaises habitudes créent toujours du tort.
Qu’on se rassure, le touriste n’y sera pas confronté. Et il trouvera encore dans l’artisanat motif à satisfaction. A Caltagirone, cité baroque inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, l’art de la céramique, perfectionné par les Arabes, est roi. Entre ville haute et ville basse, vous n’aurez aucun mal à trouver la boutique qui vous vendra – à prix d’or - le vase ou l’assiette qui ont fait sa réputation.
Pour préparer votre voyage, Office national italien du tourisme : infoitalie.paris@enit.it - www.italia.it
Balade

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