Drôle de station que Serre-Chavalier. Pas de concentration à tout prix, ni de barres d’altitude au bout d’une route cul de sac. Une vallée, tout simplement, égrenée de hameaux et de résidences sur près de 15 kilomètres. Et quatre noyaux durs : Le Monetier-les-Bains, Villeneuve, Chantemerle et… Briançon.
Avec ses 10 000 et quelques habitants, la plus haute ville de France (1 326 m) est aussi, clairement, une station de ski. Grâce à la télécabine du Prorel, connectée directement aux 250 km de pistes d’un domaine taille XXL, on peut skier le matin et visiter collégiale et vieille ville l’après-midi. Un peu comme si un téléphérique géant reliait le centre-ville de Grenoble à la station de Chamrousse. Bon, d’accord, au retour des pistes, pas question de déchausser vraiment au pied des remparts. Mais enfin, quelques mètres par les avenues M. Petsche et de la République suffisent à gagner la ville haute, entourée des fortifications de l’inévitable Vauban.
Côté ski
Mais regardons côté ski, pour commencer. A vrai dire, ce n’est rien que du bonheur. De 1 200 à 2 800 m d’altitude, en lisière du Parc National des Écrins, des dizaines et des dizaines de pistes de ski alpin de toutes couleurs, de tous niveaux et de toutes sensations ; un tout nouveau snowpark, pour les plus hardis ; du ski sous les étoiles sur la piste rouge Vauban éclairée, à Briançon (et sur la piste Mickey, à Villeneuve) ; un domaine de ski de fond de 35 km le long de la Guisane ; voire même du biathlon, grâce aux stade homologué ouvert aux stages de l’ESF de Monetier-les-Bains. « Serre Che », comme on se doit de dire, est le pilier sud du ski alpin en France. Et forme avec Vars-Risoul l’image des Hautes-Alpes enneigées, face aux mastodontes savoyards.
Côté ville
Voyons de plus près la ville, désormais. La partie haute est la plus intéressante. Porte d’Embrun, porte Pignerol, porte de la Durance : ce fort Alamo de poche aux ruelles romantiques fut diablement défendu, contre les Barbets, les Savoyards, les Austro-sardes. Dans l’enceinte, les façades colorées bordant le chemin de ronde et celles de la place d’Armes, avec ses terrasses de cafés, ont un air franc d’Italie.