« Historiquement, les Bauges-Derrière, plus proches d’Annecy, ont été reliés à la vallée avant les autres. Ce secteur s’est développé rapidement et c’est pourquoi les maisons, là-bas, ont un aspect plus résidentiel. Ici, dans les Bauges-Devant, nous sommes restés ruraux car le col du Frêne a longtemps fait obstacle avec la vallée ».
Bardés de ces explications, nous n’allons pas tarder à apprécier par nous-mêmes ce qui fait la substantielle ruralité des Bauges-Devant, un univers clos et calfeutré au sud du massif, entre vallées et nuages.
Mais d’abord, en selle ! Le Vélo à Assistance Electrique (VAE, pour les intimes) est un vélo comme les autres, à la différence qu’il pèse un peu plus lourd. Dès que la route monte, miracle, une assistance se met en marche et allège le coup de pédale.
Toutefois, attention ! Lorsque la déclivité s’accroît, il faut quand même s’employer sur les pédales, au risque de rester « planté » au milieu de la côte.
Les tavalans, témoins d’une ruralité évanouie
Avec ses vieilles granges en bois de guingois aux portes sommairement cloutées, il exhale une ruralité à peine évanouie. Il conserve surtout un témoignage unique et esthétique du passé : des balcons de bois suspendus aux avant-toits des maisons, soutenus par de grosses poutres courbes issues d’érables ou de sapins – les b[tavalans]b – et déformées par le poids de la neige.
« Ces balcons servaient au stockage, aujourd’hui ils ont été transformés en balcons d’agrément », nous confie un habitant.
Autour du village, le saupoudrage de grangettes entre La Compôte et Le Chatelard confirme la vocation agricole du « pays » : naguère, c’est là que l’on remisait le foin coupé. Il n’y a pas si longtemps, cette herbe sèche était rentrée au village sur des luges tirées par des chevaux.
Coup de pédale allégé
Découpé entre prairies à vaches, forêts de versants et falaises calcaires, le paysage rappelle furieusement celui du massif de la Chartreuse.
Sainte-Reine, encore très agricole, est l’ultime village avant le col du Frêne, seul accès vers la vallée de l’Isère. Autant dire un cul de sac.
Autrefois, chaque habitant exploitait « en bas » un lopin de vigne, vers Saint-Pierre d’Albigny. Aujourd’hui, seul le maire serait encore vigneron. C’est ce que nous dit Annie Vibert, rencontrée au détour du hameau d’Epernay.
Cette Bauju aux yeux clairs, conductrice de bus scolaire, a édité un livre, Ste-Reine en Bauges sur les traces de son passé. On vous invite à poser un instant le vélo électrique pour aller discuter avec cette « figure » discrète du massif.
Histoire de mieux connaître ces rudes paysans qui, jadis, plus Baujus-Devant que jamais, grimpaient dans les montagnes pour aller couper les foins.
Plus d’infos
Le Châtelard
04 79 54 86 40
www.parcdesbauges.com
Office du tourisme des Bauges : www.lesbauges.com
Balade

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