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Mercredi 12 Janvier 2011 - 15:03

Sahel : les tours-opérateurs n'enverront plus de touristes


Après l’enlèvement et l’assassinat de deux Français vendredi 7 janvier 2011 au Niger, François Fillon a demandé aux professionnels du tourisme de prendre leurs responsabilités. Un avertissement qui a fini de les convaincre. Tous ont décidé de se retirer et de suspendre leurs activités en Mauritanie, au Niger et au Mali.



Sahel : les tours-opérateurs n'enverront plus de touristes
C’est une grande bataille que viennent de perdre les derniers tours-opérateurs qui proposaient le Sahel.

Leur chef de file, Maurice Freund de Point Afrique, a décidé de suspendre ses activités dans la région après la mort des deux otages français au Niger.

Ses derniers vols sur Mopti (Mali), les 16 et 23 janvier 2011, serviront à rapatrier les 1 000 touristes qui se trouvent encore sur place. "Je donne raison à François Fillon" lâche, dépité, Maurice Freund.

Une phrase surprenante de la part du directeur de Point Afrique, qui était l’un des derniers à défendre ces destinations. Une bataille qui lui a coûté cher. Entre 2007 et 2010, l’entreprise est passée de 87 à 7 salariés, de onze à trois destinations et de 72 000 voyageurs à quelques centaines.

"Point Afrique stoppe ses vols non pas pour des problèmes de sécurité, mais à cause du manque de clients", assure, quant à lui, Gérard Guerrier, le directeur d’Alibert.

Et pas question de tout abandonner sur place : "Nous arrêtons nos activités en matière de tourisme mais nous allons prendre toute l'énergie qui nous reste pour modifier nos actions sur place. Il ne faut surtout pas laisser la place à AQMI", précise le responsable de Point Afrique qui oeuvre au Sahel depuis des années.

Point Afrique reprendra ses voyages au Tchad à l'automne 2011.

Des touristes qui faisaient vivre 200 000 personnes

La couverture médiatique des évènements effrayent évidement les voyageurs, qui ne sont plus assez nombreux pour remplir un avion pour se rendre sur place. Pourtant, lors des périodes de prospérité, la zone du Sahel accueillait 50 000 touristes qui faisaient vivre 200 000 personnes.

La décision des autorités est donc lourde de conséquences pour les populations locales, qui se retrouvent sans ressources. "L’insécurité est montée d’un cran avec l’intervention de l’armée française dans la région", explique Maurice Freund.

Une opération très mal perçue par les populations locales, qui avait des relents de "néo-colonialisme", selon le directeur de Point Afrique.

"Suite à cet évènement, la stratégie d’Aqmi va évoluer. Il n’y aura plus d’enlèvements mais des attaques directes de Français par des snippers, jusqu’à Dakar", prédit le spécialiste.

En effet, les djihadistes appliquent la loi du talion : pour un combattant mort, un Français doit être tué. Une effrayante escalade de violence risque alors de se mettre en place.

Un classement des zones dangereuses

Chez Atalante, la plus grosse perte est sur l’Algérie, qui représentait 10% de son activité, et qui est désormais classée zone rouge.

Concernant la Mauritanie, le tour-opérateur comptait 350 clients il y a trois ans et... zéro aujourd’hui. "Pourtant, le désert de l’Adrar est sûr, se désole Frédéric Giroir, le Directeur général, au pire je passe pour un irresponsable ".

Tous avaient pourtant espéré plus de finesse et de détails dans la classification des zones dangereuses.

"Nous militons pour un tourisme encadré sous contrôle dans des zones sûres comme Djanet en Algérie, l’Adrar en Mauritanie ou le pays Dogon", explique le responsable d’Atalante.

Une revendication qu’il pourra faire valoir lors de la rencontre prévue ce mercredi 12 janvier 2011 entre les voyagistes et le ministère. Mais l’avenir semble bien sombre pour le tourisme dans cette partie de l’Afrique.

Mercredi 12 Janvier 2011 - 15:03
L.-A. C. et C.Ex.

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