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Vendredi 5 Février 2010 - 08:59
Puisaye, le pays profondSaint-Sauveur-en-Puisaye, l’esprit Colette
L'écrivain Colette / DR
L’écrivain est née au village et l’a quitté à dix huit ans. C’est l’unique mais impérieux motif de se rendre dans ce bourg au demeurant quelconque. Pour visiter le musée Colette. Pour le plaisir de retrouver ses mots admirables peignant la Puisaye.
"C’est un village et pas une ville ; les rues, grâce au ciel, ne sont pas pavées ; les averses y roulent en petits torrents, secs au bout de deux heures ; c’est un village, pas très joli même et pourtant je l’adore". Ces lignes sur Saint-Sauveur, écrites par Colette, en disent long sur l’attachement de l’écrivain au village. Malgré la vie parisienne et la notoriété, malgré les séjours amoureux et transcendants en Bretagne et Provence, la terre natale de Colette imprègne à jamais son âme mélancolique, comme les boues épaisses les fonds d’étangs de Puisaye. C’est cela que l’on vient chercher à Saint-Sauveur, cette humeur enfantine, cette impression adolescente ou simple rêverie de jeune fille, puisées au souvenir de sa verve littéraire. Car de vestiges patrimoniaux, il en est peu question. Hormis la maison natale, au n°8, rue Colette, une bâtisse sobre et tout juste bourgeoise comme il en existe tant ici, la présence de Colette est ailleurs, dans l’air du temps, dans ces bois pluvieux où elle s’échappait gamine, au pied de cette tour sarrasine qu’elle contourna sans doute, dans cette église, hors le bourg, où elle obtint de sa mère de suivre le catéchisme. Relire "Claudine à l’école" Penser qu’elle fut heureuse à Saint-Sauveur n’est pas lui faire injure. Entre un père percepteur rêvant de politique et une mère attentive, elle fréquente l’école publique du village, entourée de ses frères et sœurs. Elle y obtient son certificat d’études supérieures, en 1889, et se distingue déjà par ses talents d’écriture. Il faut relire "Claudine à l’école", évocation de ses années scolaires. Surtout, il tient du devoir de s’aventurer autour du village, dans ces chemins profonds et ces champs clos que transcende son trait de plume, trempé au verbe juste et à l’adjectif ciselé. Evidemment, le musée Colette, joliment aménagé dans le château, est le lieu clef pour les amoureux de l’artiste. Un bel outil de connaissance, simple d’accès voire ludique, aux deux étages dédiés à la vie, l’œuvre et les amours de Colette. À l’entrée, tous ses lieux de résidences – 16 ! – ont été gravés au sol. Les titres de ses 52 romans sont inscrits par ordre chronologique, sur les marches de l’escalier. Et partout ces photos d’elle, regard droit et figé de tristesse. Une telle grande dame méritait bien cet hommage. Pour en savoir plus sur Saint-Sauveur-en-Puisaye : www.saint-sauveur-en-puisaye.fr Page 1 : Saint-Fargeau, forteresse, nous voilà ! Page 3 : Toucy, conjugué au plaisir… Mardi 12 Avril 2011 - 10:54
Jean-François Rust
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