Saint-Fargeau, forteresse, nous voilà !
Amoureux d’esprit de clocher et d’Histoire, bienvenue à Saint-Fargeau ! Avec son château faussement médiéval et son esprit de village, la "ville-centre" de Puisaye a des poses nobles et dociles de provinciale endormie. Atmosphère, atmosphère…, dirait Arletty, en constatant l’intérêt que lui portent résidents secondaires et visiteurs d’un jour, proximité de Paris oblige.
Avant de pénétrer l’omniprésent château, un tour de village s’impose. Oh, rien d’exceptionnel, juste cet air de lointaine Île de France, quelques pavés luisants et la litanie des anciens, pain et journaux sous le bras.
Et le Bourdon, aussi. Cet affluent du Loing, peut-être à l’origine du… bourdon de Mlle de Montpensier, assignée en 1652 par son cousin Louis XIV dans le château délabré, coule sans heurts entre les maisons, hôte discret et presque invisible du village. On l’aperçoit depuis la rue du Bourgneuf, cheminant vers le bourg. Et depuis la rue Jobin, où un pont découvre un joli lavoir et une passerelle-pont privée.
L’église Saint-Ferréol a ses adeptes. Sa façade gothique est éclairée d’une belle rosace, à apprécier de l’intérieur. Au n° 9, rue de l’Eglise, une plaque rappelle le passage de Jeanne d’Arc, sur le chemin du sacre. "Sacré", c’est le qualificatif qui sied au beffroi, second emblème de Saint-Fargeau. Ses briques sous pans de bois (XVè s.) commandent l’accès à l’épicentre du village, les commerçantes place de la République et rue des Lions.
Dentelle de bois du château
En face, campe le château, tout de pierres roses et d’ardoises vêtu. Rentrons, enfin, dans cette noble demeure. De plan pentagonal, elle brille par ses six tours et une remarquable charpente de bois, visible grâce à un incroyable parcours sous toiture de près de 300 mètres.
On apprend, en vrac, que 750 000 ardoises couvrent l’édifice, que 60 hectares de forêts furent nécessaires pour réaliser la charpente, que celle-ci brûla plusieurs fois et qu’une colonie de 800 chauve-souris l’entretient, en se repaissant, la nuit, des millions de vermisseaux qui sinon le réduiraient en poussière…
Plusieurs propriétaires se sont partagés l’honneur d’entretenir, ou pas, cette dentelle de bois. Mais c’est bien Mlle de Montpensier, dite la Grande Demoiselle, qui hante encore les murs du château. La célèbre courtisane l’agrandit, lui rendit son éclat, tout en poursuivant de tumultueuses relations avec le duc de Lauzun, qui la battait.
Chaque année, l’été, un spectacle historique réputé rappelle l’épopée de Saint-Fargeau.
Page 2 : Saint-Sauveur-en-Puisaye, l’esprit Colette
Page 3 : Toucy, conjugué au plaisir…
Balade

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