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Jeudi 23 Juin 2011 - 08:22
Pays salonais, voyage en terre de pastoralismeDepuis toujours connu comme terre d’élevage ovin, de vignes et d’oliviers, le pays de Salon-de-Provence livre aux promeneurs les clichés harmonieux de sa campagne agricole. Sur fond de massif des Alpilles, désormais protégé par un parc régional, la plaine de la Crau et les collines alentours sont l’occasion d’une itinérance curieuse, loin de la foule du littoral.
Pastoralisme et Provence ont toujours fait bon ménage ! Depuis les Romains, les plaines caillouteuses de la Crau sèche sont dévolues à l’élevage du mouton.
Sur ces milliers d’hectares arides entre Salon-de Provence et Arles - la plus grande « steppe » de France ! - la production de laine fut florissante jusqu’au 19è s, avant l’arrivée des fibres synthétiques. Puis vint l’élevage pour la viande, toujours d’actualité, autours de grandes fermes familiales. Ce pastoralisme revêt des caractéristiques immuables : élevage extensif, grands troupeaux de mérinos d’Arles et transhumance estivale dans les alpages, avant le retour à l’automne. Un double voyage qui est encore l’occasion de fêtes hautes en couleurs, au printemps, à Salon de Provence et à Istres. La Crau, un territoire aux multiples visages
Cette vaste plaine de la Crau, qui fut l’ancien delta de la Durance, est unique en France. Délimitée à l’ouest et au sud par la Camargue, à l’est par Salon-de-Provence et au nord par le piémont des Alpilles, c’est une steppe aride, reconnaissable à ses vastes étendues planes recouvertes de cailloux, les coussouls.
Ponctué de mas, de bergeries basses et de quelques puits, ce territoire a été une première fois bouleversé par l’arrivée, à la fin du 16è s, de l’irrigation. En introduisant l’eau, l’ingénieur Adam de Craponne transforme le nord de cet espace en prairies irriguées. De sorte que l’on oppose fréquemment, aujourd’hui, la Crau sèche à cette « Crau à foin », où prédominent les prés et les vergers, encadrés de haies brise-mistral et de canaux, le long desquels il fait bon marcher. Dotée également d’une zone de marais à l’ouest et de garrigues au nord, la Crau a subi les assauts de l’urbanisation, avec l’installation d’industries et d’activités diverses. La politique de préservation menée depuis 1990 n’en est que plus stratégique. Bories, quand la pierre sèche se fait bâtisse…
Typique aussi des paysages salonais, les bories (ou cabanons) s’imposent dans le paysage. Originalité, ces constructions modestes à vocation agricole ont été réalisées par simples empilements de pierres sèches, qui se chevauchent les unes sur les autres selon la technique dite de l’encorbellement.
Destinées à servir de grange, d’abri à outils, de bergerie, voire d’habitat provisoire aux paysans qui se trouvaient loin de leurs fermes, ces bories de campagne bâties pour la plupart dans la seconde moitié du 18è s. et au 19è s., sont remarquables par leur esthétisme. Pour les voir, il suffit de se rendre sur le territoire des communes de Grans, Miramas, Cornillon-Confoux (un topo-guide « Circuit des bories » est disponible à l’office du tourisme) et même à Salon-de-Provence, où les collines avoisinantes en recèlent quelques-unes, à plan circulaire, rectangulaires ou en demi-nefs. Les bancaus, l’art de domestiquer les versants
Autre caractéristique paysagère locale : les bancaus (prononcer bancaous) ou restanques. A l’origine, ce sont des retenues en pierres sèches construites en travers le lit d’un torrent sec pour créer des terrasses de culture. Par extension, on désigne aussi par ce terme les murets de soutènement édifiés à flancs de collines pour établir ces mêmes terrasses.
Développées en Provence à la fin du 18è s. et durant la première moitié du 19è s., en réponse à l’accroissement démographique qui nécessitait l’exploitation agricole de tous les espaces disponibles, les restanques structurent les versants en gradins de culture et permettent d’aplanir le sol tout en retenant la terre lors des fortes pluies. Bien que la plupart aient été abandonnées, elles apparaissent encore dans le paysage, à Lamanon, Eyguières ou Alleins, à nues ou plantées d’anciennes vignes et d’oliviers. Jeudi 23 Juin 2011 - 08:22
Jean-François Rust
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