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Mardi 1 Octobre 2013 - 14:17

Pays Basque : de Bidart à Hendaye, la randonnée à grand spectacle !

Un itinéraire en une ou deux étapes


Bétonnée, la côte basque ? Allons donc ! Sur 25 km entre Bidart et la Bidassoa, le sentier littoral fait sa trace le long des plages et falaises et prouve cent fois sa virginité. Aérien, intime, sportif, culturel, urbain, populaire, etc., l’itinéraire épouse le golfe de Gascogne et donne les clefs d’un art de vivre à la mode Atlantique basque. Une escapade vivifiante.



Sur 25 km entre Bidart et la Bidassoa, le sentier littoral fait sa trace le long des plages et falaises et prouve cent fois sa virginité - DR : J-F. Rust
Sur 25 km entre Bidart et la Bidassoa, le sentier littoral fait sa trace le long des plages et falaises et prouve cent fois sa virginité - DR : J-F. Rust
On conseille d’habitude de le faire en deux étapes. Mais parce que l’auteur de ces lignes aime bien les challenges, l’itinéraire a été avalé en une journée.

Un défi accessible mais pénible pour des jambes peu entraînées… Le littoral basque a beau être moins accidenté que les calanques de Marseille, il faudra quand même 8 à 9h, avec les pauses, pour atteindre le bout du bout de la plage d’Hendaye.

Départ, donc, de Bidart, par un frais et clair matin d’automne.

A cette heure, le parking de la plage Erretegia est désert et seul un surfeur, à genoux sur sa planche, attend le réveil de la mer.

On ne tarde pas à mettre le pied dans le vif du sujet, en gravissant une première falaise au milieu des genêts.

Alors que Biarritz disparaît derrière soi, le sentier découvre le décor de la journée. A droite, l’Atlantique, d’huile, hormis de vagues écumes blanches essoufflées à l’aplomb des rochers.

Au devant, en ligne d’ombre, les montagnes basques : le mont Baigura (897 m), le pic Iparla (1 044 m), le fier Artzamendi (926 m), la Rhune (900 m), le sommet en plateau du « pic » des trois Couronnes (806 m) et le voisin d’Hegoalde, le Jaizkibel (543 m).

Ils grandiront à mesure que la journée s’écoule et que le trajet, orienté sud-ouest, les rattrapent.

Villas basques en vigie sur l’océan

Du haut de la fragile falaise, voici Bidart et la plage du Centre. On reconnait ce spot au nombre de surfeurs, affalés sur leurs planches comme des otaries repues.

Ils sont une vingtaine, à quelques encablures, à espérer un mouvement de houle. Tout le petit univers des long-boarders est là, camping-cars tournés vers la mer, tables de petits-déjeuners dépliées, combinaisons étalées. Un style de vie, libre et cool.

Le sentier se glisse à travers Bidart et atteint la chapelle Sainte-Madeleine, bel ouvrage dominant la mer, ancienne halte de pèlerins. Très sympa sauf qu’aucun panneau ne rappelle son histoire.

Il y en a pourtant, qui expliquent le pourquoi du comment de la houle et les raisons de sa vigueur (liée à la topographie sous-marine locale). Pas sûr que les surfeurs montent jusque là s’informer des causes géologiques qui permettent à leur dévorante passion d’exister.

On passe ensuite la plage d’Uhabia, pour grimper à nouveau au dessus des rochers et arriver à Guéthary. Quelque chose prend aux tripes, ici.

Le micro port en oblique sur lequel les bateaux sont tirés par des treuils, les barques renversées, l’atmosphère de refuge atlantique, un petit air d’humanité marine…

L’endroit pourrait être une calanque, un abri sur la Méditerranée. Mais c’est l’océan. Le sable brun, la lande et les prairies-pelouses des villas basques, en vigie au dessus des flots, le rappellent.

Plus loin, l’itinéraire se faufile dans les replis de Guéthary, par des rues tranquilles à villas, cachées des foules et prisées pour leur discrétion (beaucoup de people ont élu domicile dans le coin).

C’est notre endroit préféré. Le bord de mer est moins accessible, assez sauvage. Coup de cœur pour les deux plages de Mayarco et de Lafitenia, indemnes, vierges, bordées d’un talus de lande à fougères rousses.

Des enfants, planche de surf sous le bras, reviennent de la mer, pieds nus, cheveux mouillés, heureux. Encore une colline et nous voilà propulsé au dessus de la plage d’Erromardie qui, déjà, annonce Saint-Jean-de-Luz.

Errance balnéaire par un long ruban piétonnier, avant de réamorcer la pente jusqu’au jardin botanique Paul Jouvet.

Guéthary, micro port en oblique

Voici la croix, puis les falaises d’Archilua. A gauche, la flore littorale du jardin, réhabilitée. A droite, les rochers.

La nature, gourmande, a empilé les strates et offre un mille feuilles de plans inclinés. Les fragiles compositions géologiques s’étendent jusqu’à la mer et forment des ondulations gris-beige, mimant les vagues.

Le site s’appelle la Pile d’Assiettes, on ne peut pas mieux dire. Mais Saint-Jean-de-Luz est là, il y a de l’iode dans l’air et soudain plus de monde, au moment où l’on aperçoit la pointe Sainte-Barbe et sa chapelle immaculée, plantée au sommet des pelouses.

La vue s’ouvre sur la baie, les digues, les façades blanches de Ciboure, le fort de Socoa, l’immense plage et l’amphithéâtre parfait de l’anse de Saint-Jean.

Un peu « décalé » au milieu des touristes, avec nos chaussures de « rando », on se laisse guider par l’arc de la baie jusqu’à la galerie couverte La Pergola, les « planches » de Saint-Jean-de-Luz, avec ses restaurants-terrasses à touche-touche et ses touristes espagnols en vadrouille.

Halles de Saint-Jean-de-Luz, humus du terroir basque

En randonnée, l’option pique-nique est de loin la meilleure. Sauf qu’après presque quatre heures de marche, dans ce fief de la cuisine basque, l’envie de respirer les odeurs du marché et des fourneaux l’emporte.

Au diable les sandwiches ! Dans cet actif port de pêche qui envoya dès le 11ème s. ses marins harponner la baleine puis traquer la morue à Terre Neuve, le poisson est roi et les restaurants l’honorent.

Filons aux Halles, respirer l’humus du terroir basque. Puis « Chez Pedro », rue Etcheto, pour goûter, assis aux grandes tables nappées, la cuisine familiale et sans triche de cette remarquable « maison ».

Pas simple de repartir après un tel festin. Pourtant, il faut rendre hommage à la place Louis XIV et à son kiosque à musique, à l’église Saint-Jean-Baptiste où se maria ce même roi, à la maison de l’Infante, à la rue marchande Gambetta, aux maisons à passerelles sur la digue, au phare tout blanc, aux bateaux de pêche…, avant de quitter la ville pour franchir la Nivelle et filer à Socoa en longeant les façades « pur basque » de Ciboure.


« Corniche basque », lande sauvage

La plage de Socoa, trop « ouverte », bruyante, ne nous a pas émus. On lui préfère le cimetière (!) qui, vu de la terrasse du fort, dessine comme un aileron de squale sur le versant d’en face.

Le fort, formidable poste d’observation construit sous Louis XIII pour protéger la côte des invasions espagnoles, puis renforcé par Vauban, est inoccupé. Un projet de réhabilitation est en cours pour le rendre accessible au public.

Cap ensuite sur l’étape deux du parcours, celle qui mène jusqu’à Hendaye. Ne serait-ce la route et les voitures qui longent le sentier sur cette « Corniche basque », on pourrait dire que c’est le plus beau tronçon.

Mais le bitume et le trafic gâchent l’impression. Passé le vieux phare de Socoa, l’itinéraire se fait aérien et domine soudain un paysage de falaises en diagonale, striées de noir comme des lignes de houille, dures, façon béton. Finie l’urbanisation, place au vert et au grand air !

Goélands, grands cormorans et milans royaux volent dans les parages. Sur 5 km, c’est landes et pleine nature.

Reste à rejoindre le domaine d’Abbadia en se jouant des ondulations de la côte, à travers un paysage plus boisé, enfin éloigné de la route.

Superbe progression dans cette campagne basque en bord de mer, un espace de 65 ha de prairies et de bosquets protégé par le Conservatoire du littoral et dominé par le château d’Abbadia (voir encadré). En mer, les rochers des Jumeaux, aux avant-postes, jouent les gardiens de la lande et du patrimoine.

Les plus courageux n’auront plus qu’à longer les 2,6 km de la plage d’Hendaye pour toucher la Bidassoa et poursuivre, s’ils le souhaitent, la balade jusqu’au Jaizkibel et Saint-Sébastien…

Infos pratiques

- www.rando64.fr : Site officiel de la randonnée en Pays basque et Béarn du Comité Départemental du Tourisme.

- Office de tourisme de Saint-Jean-de-Luz - 05 59 26 03 16 -
www.saint-jean-de-luz.com

Mardi 1 Octobre 2013 - 14:32
Jean-François RUST

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