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Par , publié le 17 Novembre 2006.
Madagascar : le sanctuaire de l'Océan Indienla plus importante faune et flore endémiques au monde''Ici, la nature semble s’être retirée dans un sanctuaire particulier (…) ; les formes les plus insolites, les plus merveilleuses s’y rencontrent à chaque pas'', avait écrit Philibert Commerson, explorateur et naturaliste français en 1771, à propos de Madagascar. Détachée du continent africain il y a 120 millions d’années, cette île recense la plus importante faune et flore endémiques au monde.
« Mora-mora ». Cette religion de la vie malgache – « doucement ! » -, aura du mal à imprégner l’étranger – le vazaha. Le voyageur occidental devra pourtant s’y contraindre.
Car si l’excitation naît de la découverte, celle de Madagascar, pour cause d’infrastructures archaïques, nécessite du temps et de nombreux voyages, avant d’en mesurer l’exceptionnelle richesse et diversité. Son territoire est à la mesure d’un mini continent. Quatrième plus grande île du monde, elle a la taille de la France et du Benelux réunis. 1 580 km séparent ses pointes nord et sud, 580 km ses côtes est et ouest. Sa géographie est aussi complexe que l’histoire des dix huit groupes ethniques qui la peuplent. Sous ces latitudes, reliefs et climats s’imbriquent pour livrer des paysages flamboyants, aux intonations tour à tour africaines ou asiatiques. La côte est, étroite bande de 50 kilomètres, est celle de la pluie, des rafales cycloniques et de la forêt luxuriante. Hormis l’île Sainte-Marie, au nord, étape estivale de migration des baleines à bosse, on n’y vient pas pour ses côtes, infestées de requins, mais pour ses réserves naturelles, enclos protecteurs de près de 6 000 espèces végétales, à plus de 80 % endémiques. Parmi elles, la vanille, beaucoup de bois précieux, comme le palissandre, et l’incroyable ravinala, « arbre des voyageurs », qui déploie ses palmes en majestueux éventail. Baobabs et zébus
La partie centrale constitue les « Hautes Terres ». Moins arrosées, elles occupent près des trois quarts de l’île et sont un mélange subtil entre montagnes, plaines et collines.
Loin des clichés tropicaux, la température flirte parfois avec les quinze degrés durant la saison sèche ! La savane des hauts plateaux, les sommets granitiques et la maison traditionnelle de pisé en sont les repères habituels. De même que la latérite rouge, reflet de la géologie de Madagascar – surnommée aussi l’île Rouge – et hélas, du dramatique travail de sape de l’érosion. Entre les collines, des rizières où s’activent hommes et femmes à la peau cuivrée, ajoutent un élément d’architecture humaine plus doux dans un décor éblouissant. Si les Hautes Terres plongent à l’est en falaises, elles s’étirent avec plus de candeur à l’ouest. Vient alors la savane sèche, « africaine », royaume du baobab et du zébu. En plusieurs points de la côte, la mangrove déploie des trésors d’ingéniosité végétale, avec ses racines aériennes tournées vers le canal de Mozambique, situé à 400 km des terres africaines. Au sud, plus aride encore, sous le tropique du Capricorne, la savane se transforme en bush épineux : euphorbes et tamariniers composent un paysage surréaliste, où s’activent nomades, sorciers et quelques animaux exotiques… L’aye aye, icône des lémuriens Car la faune est l’autre attraction de Madagascar. Bien que dépourvue de grands animaux, l’île est un sanctuaire pour de nombreuses espèces, dont une a fait sa légende : les lémuriens. 90 % de ces primates vivant dans le monde sont présents à Madagascar ! Entre les diurnes et les nocturnes, les grands et les petits, il y a place pour toutes les rencontres. Celle du lémur catta, avec sa queue rayée noir et blanc ; celle du macaco, sorte de clown aux touffes rigolotes encadrant ses oreilles ; celle du vari, grand lémurien à l’agilité déconcertante. Ou celle de l’aye-aye, icône de l’espèce avec ses yeux globuleux et son doigt gigantesque… Madagascar abrite aussi plus de 60 espèces de caméléons, des tortues, des papillons, des serpents, des crocodiles et même des rats sauteurs géants…
On ne visitera donc pas Madagascar pour son architecture, quoique le palais de la Reine, à Tananarive – ancienne résidence des souverains malgaches - et l’atmosphère décatie des ports de Diego Suarez ou de Tuléar puissent titiller l’âme des nostalgiques de la coloniale.
L’île fut en effet occupée par la France dès 1642 et l’on y parle encore couramment la langue de Molière. En voyage organisé, de préférence entre mai et début novembre – la saison idéale -, le visiteur explorera à bord de puissants 4 x 4 ou de poussifs taxis brousses, l’une des parties de cette île Arche de Noé, parsemée de plus de 50 réserves naturelles. Il pourra aussi se laisser aller au farniente balnéaire, sur l’île de Nosy Bé, « perle » du tourisme malgache, au nord ouest, ou du côté de Tuléar, destination côtière à la mode, avec ses belles plages protégées par une barrière de corail. Où qu’il se rende, le visiteur ne pourra cependant échapper à l’incroyable dimension mystique du peuple malgache. Les rites et les interdits – les fameux fady – sont partout présents et dans les Hautes Terres, la pratique du famadihana, - le « retournement des morts » - est encore vivace. Elle traduit un lien étroit avec les ancêtres et la codification complexe d’une société à tous égards spectaculaire. Pour visionner le Diaporama : CLIQUEZ ICI
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Antsirabe Au sud de Tananarive, la ville d’Antsirabe jouit d’une réputation agréable en raison de la douceur de son climat – 1 400 mètres d’altitude – et de son passé de station thermale. Surnommée autrefois la « Vichy malgache », elle livre l’atmosphère désuète d’une architecture coloniale vieillissante (thermes, gare, jardins, maisons à colonnades…) et attire les touristes pour sa tradition d’artisanat de pierres précieuses. Les milliers de pousse-pousse ajoutent la touche d’exotisme indispensable. Parc National de la Montagne d’Ambre Tout au nord du pays, ce parc national est l’un des exemples typiques des nombreuses réserves naturelles créées par les malgaches pour préserver l’exceptionnelle faune et flore de l’île. La montagne d’Ambre est une forêt humide – 4 mètres de précipitations par an - couvrant un massif volcanique. S’y trouvent plus de 1 000 espèces de plantes, des lacs de cratère, des cascades et sept espèces de lémuriens, que l’on croise volontiers avec un peu d’attention. Avantage : on peut effectuer la visite du parc dans la journée (avec un véhicule avec chauffeur), au départ de Diego Suarez. A voir absolument Fort Dauphin Pas facile de rejoindre cette ville à l’extrême sud est de l’île ! Depuis la capitale, l’avion reste la meilleure solution. C’est pourtant ici qu’en 1642, les français débarquèrent pour la première fois à Madagascar, construisant l’année d’après le fort Flacourt, dont il ne reste que des ruines. Si la ville n’a pas le rythme trépidant de ses consoeurs du nord, elle vaut surtout comme base de départ vers des sites de toute beauté : la baie de Lokaro, la parc national d’Andohahela (lémuriens, oiseaux, caméléons…), la réserve de Berenty ou le pic saint-Louis. Le Parc National des Tsingy Classé au Patrimoine mondial de l’Unesco, le Parc National des Tsingy de Bemahara, dans l’ouest du pays, est la merveille géologique de Madagascar. L’érosion a ici formé un relief karstique époustouflant, constitué de milliers de pics acérés calcaires, formant un inextricable labyrinthe de roches. Univers mystérieux, il abrite reptiles, lémuriens et oiseaux et on ne s’y aventure qu’en compagnie d’un guide, équipé comme un alpiniste pour franchir des arêtes atteignant parfois 60 mètres de haut.
Infos pratiques :
Office National du Tourisme de Madagascar : www.madagascar-tourisme.com Compagnie aériennes : Air Austral, Air France, Air Madagascar, Air Mauritius et Corsair Gastronomie A Madagascar, le riz – le vary – est omniprésent. Si on le consomme tel quel, il rentre aussi dans la composition des deux plats nationaux, le ravitoto et le romazava. Le ravitoto est une sorte de ragoût de porc, cuit avec des feuilles de manioc. Le romavaza est un succulent pot-au-feu à base de viande de zébu, au goût un peu acidulé. Poissons et crustacés abondent sur les côtes, tandis que la diversité des climats livre une palette infinie de légumes et de fruits, parmi lesquels on trouve ananas, bananes ou mangues mais aussi abricots, pommes et poires ! Enfin, ne pas oublier les cuisines d’importation, française, indienne ou chinoise. Dans les restaurants chinois, on déguste une spécialité paraît-il excellente : les chauve-souris. Autres sites internet www.madagascar-guide.com Infos touristiques et économiques : www.madanews.net Sujets économiques, politiques, culturels… www.madonline.com Le site officiel des parcs et réserves de Madagascar : www.parc-madagascar.com
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