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Mercredi 5 Juillet 2006 - 12:44

Littoral : arrêtons le massacre !

2 tiers des zones humides disparues depuis le début du 20ème


L’Agence européenne de l’environnement tire la sonnette d’alarme : la dégradation des côtes européennes est telle qu’elle menace désormais le niveau de vie de ses habitants. Au moment des pâtés de sable et autres batifolages sur la plage, ayez une pensée émue pour l’environnement et évitez de polluer !



Près de 50 % de la côte méditerranéenne a été artificiellement aménagée et ça continue...
Près de 50 % de la côte méditerranéenne a été artificiellement aménagée et ça continue...
Alors que les grandes migrations estivales vers les côtes ont commencé, l'Agence Européenne de l'Environnement rappelle dans un rapport publié que « l'exceptionnel environnement littoral européen est victime de sa propre notoriété. »

La faute à qui ? A l’accélération continue et rapide de l'aménagement de l'espace littoral, essentiellement provoquée par les secteurs résidentiel, récréatif et touristique, qui menace de détruire l'équilibre fragile des écosystèmes littoraux.

Il faut savoir qu’environ deux tiers des zones humides européennes, littorales pour la plupart, ont disparu depuis le début du 20ème siècle. Le rapport affirme que le développement le long de la côte méditerranéenne a engendré un effet de " mur "; près de 50 % de la côte a été artificiellement aménagée et continue à l'être activement.

50 % de la côte a été artificiellement aménagée

"Nos littoraux sont les écosystèmes les plus riches en termes de quantité et de variété de plantes et d'animaux. Les littoraux jouent également un rôle de passerelle économique pour l'Europe, ils font partie de la structure de nombreuses sociétés et sont primordiaux pour notre qualité de vie ", déclare le professeur Jacqueline McGlade, directrice exécutive de l'AEE.

"Cependant, si l'on veut protéger nos zones côtières, il ne faut pas les considérer comme des aires de jeux ou des voies de transport renfermant un potentiel illimité de constructions, de résidences, de loisirs ou de plates-formes logistiques, mais plutôt comme des systèmes fragiles composés de paysages et d'agréments qui sont au cœur de beaucoup de communautés ", ajoute le professeur McGlade.

Selon le rapport, les densités de population sont plus élevées le long du littoral européen et continuent de croître plus rapidement que celles de l'intérieur des terres. Entre 1990 et 2000, les superficies artificielles (routes et zones d'habitats en premier lieu) dans les zones côtières ont augmenté dans la plupart des pays européens.

Les pays ayant connu le développement le plus rapide sont le Portugal (34 % d'augmentation en 10 ans), l'Irlande (27 %), l'Espagne (18 %), suivis par la France, l'Italie et la Grèce. Le littoral méditerranéen le plus affecté se situe à l'ouest.

La restructuration économique, essentiellement menée grâce à des subventions européennes, est un fil conducteur dans le développement des infrastructures, qui a, à son tour, provoqué entre autres choses une expansion incontrôlée de l'habitat résidentiel.

Le littoral méditerranéen le plus affecté se situe à l'ouest

Le rapport précise que les changements climatiques, l'afflux croissant d'une population de retraités, l'augmentation des loisirs et la diminution du prix des voyages sont autant de facteurs qui ont contribué à la crise que connaît actuellement le littoral européen.

" Pensez un instant aux infrastructures nécessaires pour une famille d'Europe du Nord qui se rend sur la côte espagnole: politiques et subventions en matière de transport et d'accommodations, accords en termes de passeport, et financements … pour n'en citer que quelques-unes. Pensez maintenant aux conséquences pour la destination finale.

En tant que touristes, nous contribuons peut-être aux revenus et emplois locaux, mais nous participons aussi à la pollution et à la dégradation des écosystèmes dans des zones peu protégées par les réglementations et qui ne sont pas adaptées pour supporter un tel niveau d'occupation. Tandis que les impacts existent à un niveau local, les pressions et solutions doivent se situer au niveau européen ", affirme le professeur McGlade.

Plus d'informations sur l'AEE : http://reports.eea.europa.eu/eea_report_2006_6/en

Données sur le littoral européen

La méduse Mnemiopsis leydyi a connu une croissance exponentielle
La méduse Mnemiopsis leydyi a connu une croissance exponentielle
- 80 % de la pollution des océans provient des activités humaines d'origine tellurique.
- Les densités de population sont plus élevées sur le littoral qu'à l'intérieur des terres. En Europe, les densités de population des régions littorales (NUTS3) sont en moyenne 10 % supérieures à celles de l'intérieur des terres. Cependant, dans certains pays, ce chiffre peut s'élever à 50 %. Dans de nombreuses régions, la population côtière correspond au moins à cinq fois la densité moyenne en Europe.
- Les surfaces artificielles se sont étendues de 190 km2 par an entre 1990 et 2000. Le passage de l'état naturel des sols à l'urbanisation et au développement d'infrastructures étant irréversible, ces évolutions constituent l'une des principales menaces envers les zones côtières. 61 % de l'occupation de l'espace par des surfaces artificielles sont consacrés à l'habitation, aux services et aux loisirs.
- Le nombre d'espèces envahissantes dans les mers européennes a augmenté sensiblement entre les années 60 et 80, en particulier en Méditerranée. Leur effet sur les différents écosystèmes littoraux devient difficile à maîtriser et représente un coût important. La méduse Mnemiopsis leydyi est un exemple répandu de ces espèces. Le nombre de ces méduses a connu une croissance exponentielle après leur arrivée dans l'eau de ballast des bateaux à la fin des années 80. Cela a porté une grave atteinte aux populations de poissons, d'huîtres et même de méduses indigènes de la Mer Noire. Cette espèce de méduse a même réussi à s'introduire en Mer Caspienne, constituant pourtant une mer intérieure, où elle a provoqué d'importantes modifications de l'ensemble de l'écosystème.
- La température de surface de la mer au niveau mondial a augmenté en moyenne de 0,6° C depuis la fin du 19ème siècle. Ce réchauffement des eaux de surface a provoqué la redistribution et la disparition de certaines espèces marines, ainsi que la multiplication d'efflorescences de phytoplancton anomales et toxiques.

Jeudi 6 Juillet 2006 - 08:00
Rédaction (J.D.L) - redaction@tourmagazine.fr

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