Loading




tourmagazine.fr



Notez
Vendredi 13 Janvier 2006 - 13:37

Les pickpockets, pas seulement dans la rue…

par Michel Ghesquière


Dans les aéroports, les gares, … panneaux et annonces par micros mettent en garde les voyageurs contre les pickpockets. Idem dans les rassemblements publics, sur les marchés ou lors de grands évènements sportifs.



Les pickpockets, pas seulement dans la rue…
Agé d’une cinquantaine d’années, José Duchant exerce un métier bizarre: celui de pickpocket de théâtre. Devant des salles emplies de plusieurs centaines de spectateurs, il est capable de dépouiller devant tous le malheureux volontaire qui a accepté de monter sur la scène. « Même si celui-ci est particulièrement sur ses gardes, je suis capable de lui enlever son portefeuille, sa montre, ou les boucles d’oreilles s’il s’agit d’une dame. »

A côté de cette profession de spectacle, José Duchant donne également des séminaires de prévention au profit de cadres de police belges, français, suisse, allemand, marocain et des USA. A ce titre, il a même été nommé « officier d’honneur » de la police de Floride.

Les pickpockets, deux modus operandis: les bandes et les solitaires

Il existe deux types de voleurs à la tire: les bandes de rues et les « pickpockets mondains »,. José Duchant: « Les premiers opèrent surtout dans les espaces publics. Chaque groupe national a sa spécialité et sa manière de travailler, ainsi certains travaillent au rasoir, d'autres au cutter...

Les plus habiles sont les Sud-américains et surtout les Colombiens. Il arrive que ces groupes travaillent à cinq: le « guetteur » repère le client, le « testeur » étudie la manière d’opérer, le pickpocket opère puis donne son butin au « chargeur » qui le confie ensuite au « débineur »...

Les pickpockets mondains travaillent quant à eux surtout en solo. On les voit agir principalement lors de réceptions, congrès, dans les festivals,... » En d’autres mots, ces professionnels opèrent chacun en fonction des circonstances et ne se font que peu concurrence.

Une expérience du voyage et des touristes

« En 35 ans de carrière, je me suis produit dans plus de 45 pays. Rien qu’au niveau des TV, mon spectacle a été enregistré par 26 TV européennes, américaines et même asiatiques. C’est dire que comme utilisateur, je connais le monde du voyage ». Ce qui permet à Jose Duchant de porter un jugement sévère en ce qui concerne les touristes.

«Ce qui me frappe le plus, c’est l’inconscience des voyageurs. A croire, qu’ils font tout pour aider les pickpockets. Des exemples? En avion, aller aux toilettes laissant sa veste ou son sac sur le siège ou encore son « attaché-case » ouvert... En taxi, montrer son portefeuille, bien garni au chauffeur... A pied, circuler, et ceci surtout pour les dames, avec le sac grand ouvert...Et pour les hommes, la veste non boutonnée... »

Si José Duchant est capable de prendre les bretelles d’un spectateur sur une scène alors que celui-ci est sur ses gardes, que penser des pickpockets qui opèrent dans la rue avec des victimes dont la vigilance est amoindrie ?

« Comme action préventive, je préconise quelques règles absolues. Ne jamais avoir trop d’argent sur soi: les cartes de crédit sont faites pour s’en servir. Encore faut-il naturellement bien contrôler l’utilisation de celle-ci par les commerçants. Pour les femmes, ne pas trop exposer les bagues, colliers, ... surtout lorsque ceux-ci ont une certaine valeur ou sont clinquants.

Lorsqu’on se promène, éviter les attroupements, veiller à rester isolé lorsqu’on regarde un spectacle de rue. Autres règles de base à respecter sans aucune exception : fermer les vestes et manteaux; fermer les sacs, garder les bagages en permanence à portée de vue.

Lorsqu’on est assis, les prendre, si possible, sur les genoux ; ne jamais les poser par terre, lorsqu’on regarde, par exemple, un plan; éviter absolument de mettre son portefeuille dans les poches arrière d’un pantalon mais plutôt dans les poches de devant; fermer les vestes et manteaux, se méfier des personnes qui vous abordent de manière impromptue pour demander, par exemple, leur chemin dans votre ville ou qui vous offre de vous dépanner si vous êtes à l’étranger.

De toute manière faire en sorte de garder une certaine distance avec ceux-ci. Autre piège, se méfier comme de la peste des enfants dans certains pays. Opérant en bande, ils ont le talent de vous chiper votre portefeuille, par exemple, l’un en agitant un journal devant vous pour détourner votre attention, tandis qu’un autre se charge du vol proprement dit. »

Les pickpockets mondains opèrent partout

Toute autre manière de travailler, les mondains. Ceux-ci opèrent la plupart du temps en solo, sont très bien éduqués et ont l’art de passer inaperçu lors d’une réception.  José Duchant : « Ce sont de véritable caméléon qui se moule parfaitement dans l’environnement social ou professionnel dans lequel ils doivent travailler»

Ils agissent souvent sur l’instruction de commanditaires. Mettre la main sur tel objet précieux ou l’un ou l’autre prototype, se procurer la liste des employés d’une entreprise avec les fonctions de chacun, obtenir l’un ou l’autre document confidentiel…

Ici également, les tâches sont éclatées. Bien que travaillant la plupart du temps en solo ou à deux, ces spécialistes ont donc principalement pour mission d’ouvrir les portes. Rarement, ils rempliront une mission d’espionnage classique (infiltration de longue durée, écoute téléphonique, …). Exemple. Mettre la main sur la liste téléphonique d’une entreprise afin de permettre à un comparse de pénétrer plus facilement dans une société.

Logique, car un pickpocket n’est pas des spécialistes de toutes les branches de l’économie ou des techniques industrielles. Quant au comparse, le travail du premier va lui permettre de demander un rendez-vous avec une personne X pour l’une ou l’autre raison et sur place parvenir à obtenir les renseignements voulus.

Après l’inconscience des touristes, celle des entreprises…

José Duchant : « Si l’inconscience des touristes me sidère, que dire de celle des entreprises… Dans la plupart des entreprises, on entre comme dans un moulin. Même dans celles où il y a un service d’accueil à l’entrée. Dans la plupart des cas, celui-ci a à sa disposition la liste téléphonique des employés. Il est donc très aisé pour nous de nous en emparer et d’obtenir ainsi le nom de la cible, ses coordonnées internes, voire la liste de ses collaborateurs »

Une autre faiblesse stigmatisée par ce spécialiste : Lorsqu’on demande de rencontrer un responsable, il est impératif, si la réunion a lieu dans son bureau qu’il n’expose pas de documents sensibles sur le bureau ou la table de réunion. Autre automatisme que je préconise, accompagner physiquement les visiteurs de l’entrée des bureaux au lieu de rendez-vous et surtout de les reconduire. Il ne faut jamais laisser seul une personne que l’on ne connaît pas parfaitement ».

Et de préciser: « Je vous ai dit que la mission de certains est de permettre à des spécialistes d’entrer. Prenons le cas des foires professionnelles avec accès limité. La plupart du temps, celles-ci se font sur invitation et un badge est remis aux visiteurs. Fort bien, mais comme on oublie généralement de réclamer celui-ci à la sortie, cette précaution ne sert à rien.

Il suffit au pickpocket de repérer une personne n’ayant pas rendu son sésame en sortant pour s’emparer de celui-ci. Pour un pro, c’est un jeu d’enfant que de mettre la main sur ce document. Quant au visiteur non souhaité par les organisateurs, il pourra alors entrer avec le badge du tiers en expliquant qu’il a oublié un rendez-vous… ».

Quant à l’efficacité des services de sécurité des sociétés, José Duchant est sans pitié « Faites le test lorsque vous entrez dans une entreprise protégée par un service spécialisé : Combien de fois vous demande-t-on une pièce d’identité pertinente, combien de fois, ne devez-vous pas remplir vous-même les formulaires d’entrée ? Combien de fois les informations que vous fournissez ne sont pas contrôlées ? Pire combien de fois avez-vous quitté une société sans le signaler à la réception ni rendus le badge visiteur ? » Et de rappeler, que pour un pickpocket mondain son premier objectif est d’entrer dans les locaux. Le reste étant pour lui que de la routine…

Des outils de travail parfaitement au point

Il est une chose dont il faut être toujours conscient : les pickpockets professionnels disposent en dehors de l’agilité diabolique de leurs doigts de bien d’autres outils qui leur permettent d’exercer leur travail. Si les pickpockets de rues ne gardent jamais le produit de leurs larcins sur eux en les transmettant immédiatement à l’un de leurs comparses, les mondains travaillant en solo disposent d’équipements parfaitement conçus.

Exemple des vestes réversibles avec de multiples poches. « valises aspirateurs »…. Pour ces dernières, il s’agit de bagage avec un faux fond qui déposé sur un attaché-case, par exemple, absorbe littéralement celui-ci.

« Imparable dans une file qui lentement : la cible laissant sa valise à ses pieds et la poussant du pied. Il suffit d’un coup de « valise aspirateur » et de par un tour de passe-passe d’échanger le bagage par un autre similaire. »

Et en conclusion

Nul n’est à l’abri des agissements des pickpockets. En fait, la première précaution à prendre est de lutter contre la nonchalance. « Dans une entreprise maintenir un service de surveillance à l’accueil avec le même personnel 8 heures de suite, c’est de l’inconscience surtout lorsque cet employé reste seul toute la journée ou doit exercer d’autres taches comme du secrétariat. Regardez comment les militaires font : les gardes sont relevées toutes les deux heures ».

Enfin dernière flèche du parthe émise par José Duchant : « Vous connaissez le meilleur moyen de savoir si une personne quittant une banque transporte de grosses valeurs ? Il suffit de regarder ses mains et la manière dont elles protègent certaines poches ou comment une cliente porte son sac pour savoir ce qu’il faut faire…»

Vendredi 13 Janvier 2006 - 13:40
Michel Ghesquière

Actualité | SAV du Voyage | Testé pour vous | Mode d'emploi du voyage | Editorial | Concours Voyages | Publi-Rédactionnel | France | HONG KONG DESTINATION2 | NORVEGE DESTINATION | QATAR DESTINATION | REPUBLIQUE DOMINICAINE DESTINATION | PORT AVENTURA DESTINATION | Monde | Rechercher par destination






RSS | Facebook | Newsletter | Ajout aux favoris


tourmag.com brochuresenligne.com mytourmag.com dmcmag.com