Par Laury-Anne CHOLEZ, publié le 30 Juillet 2010.

Les petits hôtels menacés par les nouvelles réglementations


Le gouvernement a décidé d'imposer de nouvelles réglementations de de sécurité incendie et d’accessibilité dans l'hôtellerie. Une manière d'améliorer la vie des touristes. Mais pas forcément celles des hôteliers. Incapables de faire les travaux nécessaires, les propriétaires de petits hôtels redoutent la fermeture.



Les petits hôtels menacés par les nouvelles réglementations
Un monde touristique sans petit hôtel indépendant, avec seulement les grands groupes hôteliers. Une image qui ferait bondir plus d'un voyageur.

Mais cette situation risquerait bien d'arriver.

C'est en tout cas ce que redoutent les hôteliers après l'annonce du projet du ministère du Tourisme. Il imposerait de nouvelles réglementations de sécurité incendie et d’accessibilité dans l'hôtellerie. Des règles qui nécessiteraient des travaux trop coûteux pour les petits hôtels.

Mais, mardi 27 juillet 2010, Hervé Novelli, le secrétaire d'Etat au Tourisme a annoncé qu’il souhaitait repousser l'entrée en vigueur de ces nouvelles mesures.

"Nous sommes très satisfaits de la position du ministre, mais nous attendons sa publication au Journal Officiel", tempère Michèle Lepoutre, présidente de la commission juridique et fiscale du Synhorcat et hôtelière en activité.

Plutôt que des délais, les hôteliers souhaiteraient plus de pragmatisme dans la mise en place de ces normes, qu’ils n’estiment pas toujours adaptées à la réalité.

"Nous sommes évidement pour la sécurité et l’accueil des handicapés. Mais appliquer strictement ces règles serait impossible pour certains établissements" plaide Christophe Paluel-Marmont, président des hôtels Esprit de France.

Il souhaite des dérogations au cas par cas. "Ce n’est pas juste d’imposer les même obligations aux bâtiments neufs qu’aux immeubles anciens" s’exclame-t-il.

En effet, installer un ascenseur adapté dans la cage d’escalier d’un immeuble haussmannien n’est pas toujours évident.

S’adapter à la réalité du terrain

Lorsque Geneviève Bähler a rénové son établissement parisien, elle a aménagé 4 chambres handicapés ainsi qu’un ascenseur spécifique.

Seul problème, sa rue est en pente et il faut grimper deux marches pour atteindre son lobby. Et la voirie ne lui permet pas de faire une installation extérieure. "Résultat, je n’ai jamais loué ces chambres à des handicapés" déplore-t-elle.

Pourtant, elle reçoit bien quelques personnes en fauteuil, mais ces dernières ne demandent jamais de chambre spécifique et s’adaptent très facilement. "De plus, il n’y a pas tant de demandes pour ce type d'hébergements à Paris".

Du coté des associations, Annette Masson, la présidente de tourisme et handicap ne voit pas d’un très bon œil le report de ces obligations.

"Dans certains pays on ne se pose même pas la question. Les choses se mettent en place naturellement. Mais en France, on a besoin de lois coercitives et de contrôles, sinon rien ne se fait" se désole-t-elle.

Elle admet pourtant que les aménagements pour les handicapés moteurs peuvent être compliqués surtout pour les petits établissements.

"Mais il n’y a pas que des personnes en fauteuil. Il y a le handicap auditif, visuel ou mental, auquel il faut également apporter une réponse".

Difficile de contenter les associations et les hôteliers. On comprend pourquoi le ministre prend son temps pour trancher la question...





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1.Posté par morata le 31/07/2010 00:55

Les chaines hôtelières.. parlons-en, il y a long à dire.
Au début, les années 80, tous ces hôtels de chaînes ont envahi la périphérie des grandes villes avec l'intelligence de s'installer du côté de la route appartenant au petit village qui allait tout faire pour faciliter l'implantation (exonérations, terrains à bas prix) de ces usines à dormir sans âme. Certes, les prix étaient bas, mais peut-on dire que formule 1 est un hôtel, un vrai hôtel ? résolument NON. Comparé aux prix pratiqués chez les hôteliers de métier en zones rurales, ces dortoirs économiques étaient chers, et le sont toujours, les prix ayant augmenté plus vite que l'inflation. Hélas, les bons hôtels de campagne, là ou le commercial VRP était reconnu, ferment progressivement hors des zones vraiment touristiques. La raison s'explique également du fait que moult hôteliers qui avaient 30 ans dans les années 70,80, prennent leur retraite sans succession ni.. repreneur potentiel. Les hôtels deviennent maisons de retraite, extensions de colonies de vacances. Le commercial qui termine sa tournée en zone rurale doit effectuer 20, 30 kms pour coucher à la ville. Je ne veux pas dresser un tableau noir car il reste une chaine bien connue: Les Logis de France, qui préserve cette belle hôtellerie du terroir, de nos campagnes, là où il fait bon vivre après une journée de travail.
Et côté prix, les tarifs ne sont pas prohibitifs, le service, l'accueil, et la qualité des produits en plus.
Dans cette hôtellerie, le client en encore reconnu !

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