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Lundi 2 Mai 2011 - 12:00
Les châteaux du Lubéron : balade dans la Provence authentiqueLorsqu'il s'installe en 1953 dans le vieux château de Ménerbes, le peintre Nicolas de Staël ignore qu'il sera le précurseur d'un engouement sans pareil pour le Lubéron. Après le peintre, écrivains, hommes politiques, têtes couronnées et artistes de tout poil, ont fait de ce coin du Vaucluse leur pays d'adoption.
Le Lubéron demeure une terre authentique, solide, à la culture et aux traditions intactes. Les châteaux, gardiens hiératiques ou vénérables amas de pierres, témoignent de ce passé grandiose.
Suivez le guide ! Ansouis : forteresse inexpugnable
Le chateau d'Ansouis, ''redoutable et inexpugnable'' - DR
Construite en à-pic au sommet d'un piton rocheux, dans la vallée de l'Ayge, Ansouis est un poste d'observation avancé à l'entrée de la Haute-Provence. Redoutable et inexpugnable, le château présente la forme d'un vaste quadrilatère avec un donjon central flanqué de quatre tours, d'un corps de logis et d'un important système de fortifications.
Au Moyen-Age, il est la propriété de la puissante Maison des Forcalquier, dont les seigneurs "règnent" sans partage sur la Provence. Au XIXe, la bâtisse sombre dans l'oubli et devient la proie du lierre tentaculaire, jusqu'à l'arrivée, en 1936, de Foulques, septième Duc de Sabran Pontevès. Pendant trois décennies, celui-ci s'emploiera, avec sa famille, à faire de la forteresse austère de jadis, la superbe demeure que l'on peut admirer aujourd'hui. Oppède le Vieux : bijou minéral
Les ruines de la forteresse d'Oppède le Vieux - DR
De l'impressionnante forteresse médiévale (XIIIe siècle) sur la crête du piton rocheux, il ne reste que quelques ruines, couvertes par la végétation. Mais, si le château des Comtes de Toulouse manque à l'appel, l'église Notre-Dame d'Alidon (Xe siècle) elle, a traversé les siècles.
En 1546, sur l'ordre de Maynier d'Oppède, l'édifice fut restauré et érigé en collégiale puis délaissé à la fin du XIXe. L'atmosphère de "ville fantôme" qui se dégage de ces lieux et le paysage grandiose au bout de la montée escarpée, valent à eux seuls le déplacement. La qualité de l'architecture du site est remarquable : volumes des maisons, substructures voûtées et troglodytes, portails médiévaux, fenêtres à meneaux Renaissance, portes-fenêtres d'échoppes du XVIIIe... Ménerbes : place forte des huguenots
Le château de Ménerbes est une ancienne forteresse reconstruite après le XVIe. Elle a été le théâtre d'affrontements sans merci entre troupes catholiques et huguenots. Il fallut 5 longues années, ponctuées de rudes combats, à Henri d'Angoulême pour venir à bout de ce véritable "Fort Alamo" calviniste.
Petite bourgade paisible, Ménerbes dévoile un panorama d'une beauté à couper le souffle sur la campagne environnante. Du petit cimetière bucolique, on domine le château en contrebas. Rendu célèbre par Nicolas de Staël, qui y vécut ses dernières années, Ménerbes abritera 40 ans plus tard un certain Peter Mail, dont les écrits vaudront au "pays" une renommée universelle. Lacoste : l'âme du ''Divin Marquis''
A proximité immédiate de Ménerbes, Lacoste n'échappa pas à la contagion des Vaudois. L'austérité de son architecture et le dépouillement de l'ancien temple protestant en témoignent.
Mais la particularité de la forteresse (XIIe siècle), dont une partie a été reconstruite au XVIIe, c'est d'avoir appartenu à la famille de Sade à partir de 1716. Le "Divin Marquis" dont les écrits avaient provoqué le tollé que l'on sait dans la capitale, y fit retraite en 1771. Outre la quiétude des lieux, les ruelles étroites des anciens remparts, le magnifique beffroi surmonté d'un campanile et les chemins de chèvres ombragés qui longent les contreforts de la forteresse, méritent le détour. Le château, pillé à la Révolution, présente encore quelques murs intacts. Il appartient à un propriétaire privé et est en cours de restauration. Tour d'Aigues : exercice de style
Il fallut deux décennies à Jean-Louis Nicolas de Bouliers, à partir de 1550, pour édifier une superbe demeure Renaissance sur l'emplacement de l'ancien château médiéval. Profitant habilement de l'architecture des lieux, il bâtit une tour carrée, flanquée de trois ailes et de deux pavillons jouxtant une galerie.
Au bout, une porte triomphale, encadrée par des pilastres corinthiens, parachevait l'élégant ensemble. Pour évacuer la lourdeur de l'architecture de jadis, le maître de céans poussa le raffinement jusqu'à faire disparaître le donjon derrière deux ailes centrales. Mais ce que le Sieur Nicolas de Bouliers mit 20 ans à ériger, un gigantesque incendie le détruisit en quelques heures en 1792. Il ne reste de la splendeur passée que la porte triomphale et quelques encadrements de pierre aveugle. Les tours et le pavillon d'angle, dont on peut encore apercevoir la maigre ossature, donnent une idée assez précise de la magnificence passée du monument, dont une partie des caves a été aménagée en musée de la faïence. Pour plus de renseignements sur les châteaux et le LubéronLundi 2 Mai 2011 - 16:07
Jean da LUZ - redaction@tourmag.com
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