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Mardi 18 Janvier 2011 - 13:57

Les Pyrénées-Atlantiques : de la Basse-Navarre au Béarn


Histoire et nature à vivre. La partie orientale du département est un fantastique mélange de cités historiques, bastides médiévales, églises relais de Compostelle, et de nature préservée, gaves torrentueux, vallées étroites à la faune sauvage abondante. Ce qui en fait un paradis pour des vacances en famille où chacun est certain de trouver une réponse à ses tropismes, avant de partager la convivialité d’une cuisine vigoureuse illuminée du fameux jurançon tant prisé d’Henri IV.



Au cœur de l’ancienne province, Pau

Pau a conservé les traces de son passé royal - DR
Pau a conservé les traces de son passé royal - DR
À la fois replié sur lui-même et suffisamment ouvert sur le monde extérieur, le Béarn réussit à se tenir éloigné des guerres et invasions qui ont modelé la physionomie des pays voisins jusqu’à leur glissement progressif vers le royaume de France après l’accession au trône d’Henri IV.

Même l’édit de Nantes voulu par ce dernier ne s’appliquait pas à sa terre natale. C’est Louis XIII qui, en 1620, décide l'annexion du Béarn à la couronne, contre la promesse toutefois de respecter ses coutumes et ses lois. Comme pour ses voisins, ces privilèges tomberont sous le couperet de la Révolution.

Ville natale d’Henri IV, Pau a conservé les traces de son passé royal, en particulier autour du château, bâti par Gaston Phébus au 14e siècle, qui est la pièce maîtresse d’une visite de la ville.

Le boulevard des Pyrénées relie le parc Beaumont et son casino à la place Royale voulue par Napoléon 1er en longeant des jardins en terrasse et en offrant un panorama somptueux sur les Pyrénées, depuis le pic du Midi de Bigorre jusqu’au pic d’Anie.

On rejoint ensuite la ville haute à son gré par un ascenseur ou un funiculaire, pour flâner dans des ruelles anciennes bordées d’arcades, de demeures historiques, de restaurants et de magasins d’antiquités. Non loin du château, le musée Bernadotte retrace l’histoire de ce soldat palois devenu roi de Suède.

Dans le riche musée des Beaux-Arts, les artistes locaux voisinent avec El Greco et les grands peintres flamands, les impressionnistes avec les contemporains.

Pau doit une grande partie de son développement à la présence anglaise depuis le début du 19e siècle, quand un médecin écossais a célébré les bienfaits médicaux du climat local.

Se succèdent alors, sur les pourtours de la cité, les constructions de villas, de parcs à l’anglaise, et d’écuries pour les chevaux indispensables à la chasse à courre et au steeple-chase chéris des Britanniques.

Les amateurs de chevaux visiteront le haras de Gelos créé par Napoléon et exposant une belle collection d’attelages.

Pau est la ville natale du roi Henri IV - DR
Pau est la ville natale du roi Henri IV - DR
La Route des anciennes capitales est un circuit culturel de 85 km au départ de Pau. Il relie Lescar, la capitale du Béarn au 9e siècle et dont la cathédrale abrite les sépultures royales de la famille d’Albret, au château de Morlanne construit par Gaston Phébus au 14e s.

Après le château de Momas, maison noble de la vicomté dont on visite surtout le jardin, on revient par Morlaàs qui remplaça Lescar au titre de capitale béarnaise, avant d’être remplacée à son tour par Orthez.

Les sortilèges de Betharam (75 km A/R depuis Pau) attirent chaque 14 septembre des centaines de pèlerins sur le lieu d’une apparition miraculeuse de la Vierge à des jeunes bergers au 15e siècle, Vierge qui aurait aussi sauvé une jeune femme de la noyade dans le gave.

Chapelle, sanctuaire et chemin de croix sur la colline voisinent avec des grottes découvertes au début du 19e et transformées en œuvre d’art par l’artiste Ross. Parcours pédestre, en train et en barque, une grande partie accessible aux handicapés.

En famille, on peut s’arrêter en chemin au zoo d’Asson (www.zoo-asson.org), riche de plus de 500 espèces de mammifères et oiseaux, et au musée du Béret de Nay (www.museeduberet.com), pour les amateurs de curiosités, le béret étant une invention béarnaise et non pas basque.

Qu’on se le dise !

Chemins préhistoriques et spirituels

Les traces du temps - DR
Les traces du temps - DR
De Néanderthal aux bastides médiévales
Découvertes en 1895 et fouillées dans les années 20’, la grotte d’Isturitz fait partie des plus riches sites préhistoriques d’Europe.

Sa voisine, Oxocelhaya, est ouverte au public en 1953 seulement, après que les deux sites aient été reliés par un tunnel. Cet habitat fut d’abord Néanderthalien, puis accueillit Cromagnon et l’espace culturel attaché au site est une mine d’informations sur le sujet.

Non loin, La Bastide-Clairence fait faire un bon dans le temps et plonge le visiteur dans l’atmosphère feutrée d’un cité artisanale moyenâgeuse, belle étape sur la route de Saint-Jacques dont témoigne son église basque Notre-Dame-de-l’Assomption.

Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle
La Route de Saint-Jacques traversant le département actuel rejoignait le passage de Saint-Jean-Pied-de-Port, en faisant étape à Salies-de-Béarn, Sauveterre-de-Béarn, Saint-Palais, ancienne capitale du royaume de Basse-Navarre, et Ostabat-Asme entre autres.

De nombreuses chapelles jalonnent l’itinéraire et le passionné d’art roman teinté d’architecture spécifique basque se régale à se perdre dans les petits villages oubliés du bord de la route.

Un musée résume leur histoire, dans l’office de tourisme de Saint-Palais, le Musée de Basse-Navarre et des Chemins de Saint-Jacques, agrémenté d’une exposition sur l’art lapidaire basque.

Saint-Jean-Pied-de-Port et les vins d’Irouléguy

Dernière étape avant l’Espagne pour les « jacquets », Saint-Jean-Pied-de-Port dresse sa citadelle Vauban au pied du col de Roncevaux. Place-forte souvent disputée entre les royaumes de Navarre et d’Espagne, la ville a conservé ses remparts, ses demeures du 16e siècle et les vieilles maisons de grès rose au bord de la Nive.

Une balade de 25 km vers l’est permet de découvrir également Saint-Jean-le-Vieux qui précéda la ville du temps des Romains, et les chapelles romanes d’Alciette et de Bascassan aux fresques naïves émouvantes.

Vers l’ouest, on rejoint Saint-Etienne-de-Baïgorry en traversant le vignoble d’Irouléguy, dont les vins typiquement basques ont obtenu une AOC. La très belle vallée des Aldudes voit passer chaque année les palombes qui figure souvent au menu traditionnel des chasseurs. Elle débouche sur le pays Quint qui possède la particularité d’être espagnol mais donné en bail perpétuel à des familles de la vallée française.

Le Béarn des Gaves, Orthez, Salies-de-Béarn et Sauveterre-de-Béarn

Le vieux pont d'Orthez - DR
Le vieux pont d'Orthez - DR
En lisière du département landais, Orthez conserve précieusement la mémoire de Gaston Phébus qui y mena grand train du temps qu’elle était capitale.

Le Bourg-Vieux promène le visiteur dans le temps, avec ses demeures à façades sculptées, son pont fortifié et la forteresse du château Moncade dont ne subsiste que la tour. Le musée Jeanne-d’Albret, où s’est installé l’office de tourisme, retrace joliment l’histoire du protestantisme béarnais.

Salies-de-Béarn doit au sel son nom et sa réputation. La source à l’origine de son histoire, que l’on puisait dans la fontaine du Bayaà toujours au cœur de la vieille ville, a servi dans un premier temps à conserver les jambons, et aujourd’hui à traiter les affections rhumatologiques dans un établissement néo-mauresque assez spectaculaire.

La visite du musée du Sel et des traditions béarnaises enrichit utilement les promenades dans cette charmante station.

Le gave d’Oloron est la vedette de Sauveterre-de-Béarn et on le contemple depuis le vieux Pont fortifié dominé par la tour Monréal du 12e siècle. La cité est propice aux balades grâce à son harmonieux équilibre entre vieilles demeures et jardins ombragés. A quelques kilomètres, le château de Laàs abrite ses collections dans un superbe jardin aux arbres centenaires où il fait aussi bon flâner et où l’on peut pique-niquer.

L’office de promotion de la région propose des circuits thématiques à adopter selon les goûts :
Panorama sur les Pyrénées, la vallée du Gave d'Oloron, sites naturels et patrimoine historique.
Sur les traces des armées autour de Sauveterre-de-Béarn, l'architecture défensive médiévale à travers monuments civils et religieux.

A la suite des princes du Béarn, grands bâtisseurs, valeureux chevaliers ou amateurs d'arts, où quand l'Histoire rejoint la légende.

Balade entre les Gaves d'Oloron et celui de Pau, entre vignes et kiwis.

Les vallées pyrénéennes

Oloron-Sainte-Marie située au confluent des gaves d’Aspe et d’Ossau - DR
Oloron-Sainte-Marie située au confluent des gaves d’Aspe et d’Ossau - DR
Oloron-Sainte-Marie
Merveilleusement située au confluent des gaves d’Aspe et d’Ossau, la petite cité vicomtale fut une étape importante sur les chemins de Saint-Jacques. Le promeneur hésite entre trois quartiers, véritable livre de son histoire à ciel ouvert, reliés par un itinéraire piétonnier balisé.

Le quartier Sainte-Croix, niché entre les deux torrents, est groupé autour de son église à coupole, et a conservé de belles maisons Renaissance et une tour de la Grède du 14e siècle.

Le quartier Notre-Dame est une extension créée par les marchands florissants au 17e siècle. Il est coiffé du parc Pommé aux arbres centenaires. Et le quartier Sainte-Marie, plus rural au départ, s’est développé autour de la cathédrale Sainte-Marie (12e s.), bâtie sur des vestiges romains, et dont il ne faut pas manquer le portail sculpté.

Au départ d’Oloron-Sainte-Marie, plusieurs itinéraires selon les goûts.

Le goût du Jurançon, une boucle de 75 km au nord de la ville, avec une escale possible à l’arboretum exotique de Payssas avant de visiter la Maison des Vins et du Terroir du Jurançon à Lacommande.

La Route des vins traverse tous les vignobles jusqu’à Monein et Luc-de-Béarn, et on revient à Oloron par Navarrenx, ancienne bastide fortifiée sur les voies de Saint-Jacques, particulièrement bien conservée.

La vallée d’Aspe, fière de sa spécificité et de son isolement, a préservé contre vents et marées sa faune, avec ses désormais célèbres ours bruns, et sa flore, son habitat traditionnel et son mode de vie pastoral, pour le plus grand bonheur des randonneurs.

Un écomusée éclaté sur quatre communes témoigne de la culture locale et peut servir de ponctuation à une boucle au départ d’Oloron, ou à un itinéraire pour rejoindre l’Espagne par le col du Somport.

On y découvre « les chemins de Saint-Jacques » à Borce, « la vie des fermiers basco-béarnais » à Accous, « le quotidien d’un village de la vallée » à Lourdios-Ichère et « l’histoire du pèlerinage à Notre-Dame-de-la-Pierre » à Sarrance.

La vallée d’Ossau, pour rejoindre le parc national des Pyrénées ou l’Espagne par le col du Pourtalet, est un paradis pour les randonneurs et amoureux de la nature.

Les petits villages montagnards se succèdent entre lacs et cascades, entre cimes escarpées et torrents impétueux. Pour en savoir plus sur l’histoire et la vie dans la vallée, s’arrêter à la maison d’Ossau, à Arudy. Parcourir les ruelles de Bielle, assoupies au pied du château 18e s. de Laborde.

Et emmener les enfants sur la falaise aux vautours d’Aste-Béon. Ici a été réintroduite une population de vautours fauves et un musée leur est consacré.

Chaque année depuis 1996, les bergers et éleveurs de la vallée remettent à l’honneur la tradition de la transhumance, et la vallée retentit pendant les deux jours du voyage des centaines de sonnailles agitées par des bêtes heureuses de retrouver les alpages d’estive pour les longs mois d’été.

C’est aussi l’occasion de nombreuses festivités rythmées de chants et de repas de garbure et de fromage de brebis.

Le parc national des Pyrénées
, créé en 1967, s’étend tout au long de la frontière et est partagé avec les Hautes-Pyrénées. Sa mission est de préserver l’économie pastorale et de protéger la faune locale, dont de nombreux isards et marmottes, des gypaètes et des vautours, des lagopèdes et des saumons sauvages.

Au centre, le pic du Midi d’Ossau, à l’ouest le lac d’Ayous à l’incroyable bleu, à l’est le lac d’Artouste qu’on peut approcher en petit train panoramique. Une maison du parc se trouve à Laruns et permet de connaître l’état des cols et sentiers et cols avant d’entreprendre une randonnée.

Au départ de Laruns, une route pentue mène à la station thermale d’Eaux-Bonnes, et à la station de ski de Gourette, avant le col de l’Aubisque bien connu des cyclistes.

Mardi 18 Janvier 2011 - 13:57
Aline Pontallier

Le Guide Pyrénées-Atlantiques





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