|
Notez
Lundi 18 Janvier 2010 - 15:50
Lacs du Morvan, l’échappée bleueMassif montagneux le plus proche de Paris, le Morvan est un terrain de jeu formidable pour les citadins actifs. A pied, en VTC, à cheval…, plus de 2 400 km de circuits balisés attendent les adeptes de breaks sportifs ou plus tranquilles. Parmi toutes ces balades, le tour des lacs est un must : Saint-Agnan, Settons, Pannecière…, les histoires d’eau révèlent les anecdotes d’un pays rude.Saint-Agnan, un petit air d’Irlande
Avec ses vertes prairies qui finissent dans les eaux, Saint-Agnan ne manque pas d’Eire… Tranquille au possible même au plus fort de la saison, une balade à pied sur ses rives réveille les passions herboristes et les vieilles traditions…
Si de l’eau coule partout en Morvan, les lacs sont de la main de l’homme. Ainsi de Saint-Agnan, benjamin des plans d’eau morvandiaux, créé en 1969 pour alimenter les riverains en eau potable. Près de la base nautique, nous voilà les deux pieds dans la tourbière. Le sentier découverte du domaine des Grands Prés réapprend les subtilités de ce milieu acide. Bouleaux, saules, sphaignes, laîches s’y épanouissent. La reine des prés aussi. Présente dans tout le Morvan, elle est utilisée en infusion car elle contient de l’aspirine. Surtout, ses vertus contre la cellulite inciteraient les coquettes de la région à en abuser au printemps… Plus loin, le sentier s’approche des rives désertes : sable rose de granit, hérons et canards sauvages, barques de pêcheurs dans le silence et la brume…, bienvenue en Irlande ! Mais chut, il ne faut pas s’approcher de l’eau, la légende de Saint-Agnan veut qu’un farfadet y pousse ses victimes distraites… Bocage morvandiau Vient la remontée en forêt, colonisée par des pics-verts qui attaquent le tronc des ligneux et des pins. Une "coupe à blanc" rappelle l’activité sylvicole et une drôle de tradition, la fête des mais. Plein de tact, les morvandiaux avaient l’habitude de déposer la nuit un présent sur le perron de ces dames : une fleur blanche de merisier pour les femmes qu’on aimait, une branche de noisetier pour celles que l’on désirait battre et un gland de chêne pour les plus vilaines… Avant le retour à la base nautique, petite traversée du bocage morvandiau. Haies de houx ou de pierres granitiques, charolaises paisibles : il ne manque que les moutons laineux et une petite pluie fine pour se croire une fois de plus en Irlande. Les Settons, flottage entre deux eaux…
Les Settons / DR
Que sait-on des Settons ? Derrière la vitrine nautique du Morvan, se cache l’aventure du bois flotté. À vélo, le tour du lac dégage des points de vues superbes sur le poumon bleu du Morvan, grâce auquel Paris pu si bien se chauffer.
Finie la petite balade familiale ! Avec ce tour de 23 km, place à la randonnée un brin sportive. Non pas que les dénivelés autour des Settons soient forts. Tout juste oscille-t-on entre 530 et 640 mètres. Mais de collines en collines, les côtes succèdent aux côtes et les mollets encaissent. Depuis le hameau de Palmaroux, à Montsauche, direction les premières hauteurs. Disons le d’entrée, le lac des Settons, comme les autres, est l’œuvre de l’homme. Le barrage sur la Cure fut construit de 1854 à 1861 dans le seul but… d’acheminer le bois du Morvan à Paris. On s’explique. À l’époque, les rivières étaient des voies de communication stratégiques. En construisant un barrage, on pouvait ainsi créer des crues artificielles dont le flot entraînerait le bois jusqu’à Paris ! Chaque année, deux crues artificielles étaient provoquées. La première, le "petit flot" servait à gorger les rivières et à permettre le flottage du bois du Morvan jusqu’aux gares de triage, Vermenton sur la Cure, Clamecy sur l’Yonne. La seconde, le « grand flot », libérait suffisamment d’eau pour entraîner les trains de bois des gares de triage jusqu’à Paris. Cette activité générait son lot de « petites mains ». Ainsi, les « poules d’eau », en général des enfants, étaient postés au bord des rivières avec des crocs (des sortes de lances armées d’un pic) pour dégager les troncs coincés sur les berges. Lac placide et petites îles Plus rien de tout ça aujourd’hui et, on l’avoue, à pédaler sur les chemins roux de l’automne, on pense plus à l’effort qu’à l’Histoire ! Mais quels panoramas sur le lac, tout de même, depuis les hameaux perchés des Rouelles ou des Magnes. L’occasion de mesurer aussi l’âpreté de ce pays de bocages, isolé autant que ses fermes et ses habitants, et dont le bois constitue toujours la principale richesse. Vers la fin du parcours, cap sur les berges et le sentier littoral, face au lac placide et ses petites îles. Le barrage pointe enfin son nez. Ouvrage classé et empierré, avec maison de garde, c’est une des rares portions plates du parcours. Une cavalcade plus loin et l’on se retrouve à Palmaroux, au bord de la Cure. Ici, il y a encore des « poules d’eau ». Mais ce ne sont plus que des volatiles à plumes… Pannecière, à cheval, autour de… Paris
Le lac de Pannecière/ nievre-tourisme.com
Vous avez bien lu. Galoper autour de Pannecière, plus grand lac du Morvan, revient à faire le tour de la capitale. Le réservoir, achevé dans les années 1950 pour réguler le débit de la Seine, appartient en effet aux Grands Bassins de Seine, émanation de la Ville de Paris. Un arrondissement qui sent bon l’écurie.
Au paradis des cavaliers. Ainsi pourrait-on sous-titrer le lac de Pannecière, tant son pourtour regorge de chemins forestiers où le meilleur ami de l’homme se meut comme un poisson dans l’eau. À moins de trois heures de la capitale, et moins de deux de Lyon, les sabots volent dans la boue automnale tandis que des sous-bois montent de délicates odeurs de champignons. Un régal d’escapade nature. Comme pour mieux en prendre la mesure, l’itinéraire prend d’abord ses distances avec les rives du lac. Depuis Mhère, une jolie ascension en forêt conduit jusqu’à la chapelle du Banquet. L’édifice altier est posé face à l’infinie succession de collines morvandelles. De talus bien verts en bosquets charnus, le Morvan déroule sans peine ses paysages automnaux. Images récurrentes de la balade : les paysans morvandiaux, bonnets verts à oreillettes enfoncés sur la tête, l’air un peu farouche, s’activent au toilettage des haies. En jargon local, c’est le « broyage » et des colonnes de fumée, ici et là, indiquent les brasiers nettoyeurs. Pas de quoi distraire les vaches charolaises et les moutons, occupés à brouter l’herbe grasse. Ni les montures, soudain animées d’un désir de galop. Une « première » pour votre serviteur, pas peu fier de jouer les cow-boys ventre à terre sur les pistes du Morvan… 25 km de circonférence Le lac approche, voyons un peu sa génèse. Comme le lac du Der, il fait partie des réservoirs de régulation de la Seine. Commencé dans les années 1930, il ne fut achevé qu’après-guerre, engloutissant au passage un village. Avec 520 hectares et 25 km de circonférence, c’est le plus grand lac du Morvan. Parfois même le plus chaud, jusqu’à 25° C en été. Chaud, ce n’est pourtant pas le qualificatif qui sied à cette froide journée d’automne. Chevaux et cavaliers sont bien heureux alors de retrouver la chaleur du logis… Pour plus d'informations : www.nievre-tourisme.com Mardi 12 Avril 2011 - 11:15
Jean-François Rust
Voir les 2 commentaires
Dans la même rubrique :
|
SUIVEZ NOUS
Choisissez votre destination
Hébergements
Commentaire
|
||||
|
|
|||||
Balade















Nièvre : hommage à l’élection de Mitterrand au Musée du Septennat














