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Lundi 6 Novembre 2006 - 16:01
La Sologne : une symphonie de roux et de vertsInnombrables étangs, vastes forêts habitées par une faune très variée... la Sologne, au sud d'Orléans, a été l'inspiratrice de quelques écrivains, natifs et amoureux de la région. Aujourd'hui, elle se fait l'hôte du dernie film de Jean-Daniel Venhaeghe qui met sur grand écran le chef d'œuvre d'Alain Fournier : le Grand Meaulnes. L'automne est la période idéale pour la découvrir : une incroyable palette de couleurs maquille la nature...
Au sud d'Orléans, la Sologne constitue une région préservée ponctuée de charmants villages. A découvrir à l’automne lorsque la nature décline une incroyable palette de couleurs.
Décor du Grand Meaulnes Une légère brume matinale enveloppe l’étang dans lequel un pêcheur, chaussé de cuissardes, tente d’attraper brochets et carpes. A côté, dans le sous-bois feutré, un cerf fait danser sa ramure parmi les hautes fougères. Plus loin, des canards sauvages tournoient au-dessus d’un champ de bruyère mauve. Ce décor qui reflète l’atmosphère du “Grand Meaulnes”, c’est la Sologne sur laquelle plane toujours l’ombre de l’Alain Fournier. A Nançay, le village de son père, une galerie d’art abrite un petit musée imaginaire du Grand Meaulnes. C’est le point de départ d’un circuit qui conduit plus au sud à la Chapelle d’Angillon, où l’on visite la maison natale de l’écrivain, et à Epineuil-le-Fleuriel, le "Sainte Agathe" du roman, où l’école de ses parents instituteurs a été transformée en musée. Même si certains manoirs alentour ont pris le nom de Meaulnes, ils n’ont rien à voir avec le “domaine mystérieux” de l’ouvrage. Aujourd’hui, on ne peut s’engager au hasard, comme Augustin, dans une allée de sapins “lourde d’ombrages” : les clôtures y sont trop nombreuses. Mais pour sentir battre le cœur de la Sologne, il faut s’aventurer dans les forêts domaniales empreintes de senteurs d’humus. Rendez-vous avec la faune Cette région se livre à ceux qui prennent le temps de se glisser, sans bruit sur les chemins balisés. Ici, une biche craintive et son faon passent rapidement à quelques mètres de vous. Là, tapi dans un parterre mordoré, un coq faisan s’envole à votre approche. Au bord d’un plan d’eau, un héron cendré choisit ses poissons, indifférent à deux poules d’eau en pleine couvaison. Plus loin, guidé par le duo d’un loriot et d’une fauvette, le promeneur peut surprendre une famille de chevreuils qui broute dans une clairière. Des instants magiques et furtifs! A l’automne, un autre moment privilégié vous attend au crépuscule : le brame du cerf. A l’époque de la reproduction des cervidés, les hardes de biches frémissent aux longs cris rauques des mâles. Des sorties organisées jusqu’à la fin octobre permettent d’aller écouter ce “meuglement”, qui résonne dans la forêt revêtue de sa flamboyante parure. Le brame varie en intensité, exprimant tour à tour défi, intimidation, victoire, approche de la biche. Parfois, on perçoit des bruits de branches cassées, de ramures entrechoquées, témoignant qu’un mâle vient de pénétrer sur le territoire d’un autre : une démonstration de force où le plus vigoureux restera seul avec ses belles. Pour observer les animaux plus aisément, on peut aussi aller au Domaine de Ciran à Ménestreau-en-Villette, un conservatoire de faune où des affûts sont aménagés le long d’un parcours de découverte. Un lieu qu’aurait certainement apprécié Maurice Genevoix, l’autre écrivain amoureux de la Sologne. Dans “le bestiaire enchanté”, il a dépeint son austère beauté par l’intermédiaire de Raboliot, un braconnier solognot. La vie rurale Au milieu de cette symphonie de roux et de verts, pointent des bourgades pittoresques : Brinon, connu pour son itinéraire Raboliot qui sinue le long du canal de la Sauldre, Souvigny-en-Sologne à l’église dotée d’un “caquetoir”, galerie porche où les commères cancanaient à la sortie de la messe, Nouan-le-Fuzelier aux jolies maisons à colombages, ou encore Romorentin-Lanthenay à l’intéressant musée solognot. Outre la vie du monde rural, on y apprend l’histoire de cette contrée jadis pauvre et peu peuplée, mise en valeur par Napoléon III. Ayant acquis le domaine forestier de Lamotte-Beuvron, le prince fit planter pins sylvestres et bouleaux, creuser des canaux, construire des routes, supprimer des marais. Son installation à Chambord incita la bourgeoisie industrielle à élever de nombreux châteaux. A présent, certains sont ouverts à la visite comme celui du Moulin à Lassay; d’autres accueillent des hôtes comme celui de la Ferté-St-Aubin, où la cuisson des madeleines du goûter emplit la cuisine d’un délicieux parfum. Mais la vedette gourmande solognote est la fameuse tarte aux pommes caramélisée, inventée par les sœurs Tatin aux fourneaux de l’hôtel de leur père à Lamotte-Beuvron. Un dessert incontournable qui a dépassé les limites régionales.
Quelques sites
- sur la Sologne : Site de présentation : www.sologne-france.com Site généraliste : www.bellesologne.com Domaine de Ciran à Ménestreau-en-Villette : www.domaineduciran.com - sur Alain Fournier : www.legrandmeaulnes.com - sur Maurice Genevoix : www.coeur-de-france.com/genevoix Mardi 10 Mai 2011 - 13:01
Mireille Gignoux
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