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Lundi 18 Mai 2009 - 08:12
L’Auxois, un air de Moyen-Âge sur fond de gourmandisesAvec Semur-en-Auxois pour capitale, cette région de Bourgogne affiche une belle « santé médiévale », grâce à ses tours, ses remparts, ses châteaux et ses monastères. De Semur à Flavigny-sur-Ozerain et Châteauneuf-en-Auxois, rencontre avec un pays de places fortes riche de traditions de bouche.
On arrive à Semur sans imaginer son charme. En pleine campagne, excentré par rapport à Dijon et Beaune, ce faux "parent pauvre" du tourisme bourguignon mérite la notoriété de ses célèbres voisines. Semur, c’est d’abord un site "extra", un bastion de tuiles et de tours médiévales planté sur un éperon de granit rose, dans une boucle presque fermée de la rivière Armançon.
Sur les pentes de ce fief défensif, dominé par la flèche de la collégiale Notre-Dame, une cascade de toits et de jardinets en terrasses dévale jusqu’au cours d’eau, dont les berges furent jadis occupées par des ateliers d’artisans. N’y a-t-il pas sur les quais une rue Chaude, du nom des projections de métal en fusion – les "chaudes" - que les forgerons envoyaient voltiger en frappant le fer brûlant ? Les langues grivoises prétendent que la « chaleur » de la rue venait aussi du caractère accorte des jeunes servantes, employées dans les hostelleries du bord de rivière… Esprit coquin, à Semur ? Le doute – ou l’espoir ! – est permis. En témoigne les "joyaux d’Hercule", une sculpture sans équivoque fichée dans un recoin de la porte Sauvigny, qui marque l’entrée de la vieille ville. Porte-bonheur – comme la chouette, à Dijon -, on dit que les jeunes viennent encore toucher le séant féminin et les attributs masculins, en formant vœu avant leurs examens. Semur, yo-yo entre ville haute et basse
Si la légende attribue à Hercule la fondation de la ville, c’est plus sûrement au VIIIè s qu’est signalé, pour la première fois, la présence d’un château.
Au fil des siècles, la citadelle érigée en duché n’aura de cesse de se défendre, protégée par des remparts et l’adjonction de quatre tours, dressées hier comme aujourd’hui à l’endroit le plus resserré de la boucle de rivière. Pour visiter Semur et son patrimoine, rien de tel que de faire le yo-yo entre l’Armançon et la collégiale. Dans la ville haute, il faut apprécier la belle harmonie de la place Notre-Dame et ses maisons anciennes à colombages, s’aventurer quartier du château pour découvrir les beaux hôtels particuliers XVIIIè s, dont l’un, devenu hôpital, est empli de la mémoire de la marquise du Chatelet, épouse d’un gouverneur de Semur et surtout maîtresse de Voltaire, dont on dit qu’il serait venu l’y rejoindre en cachette… La collégiale est à arpenter, aussi, pour son étroite nef gothique, son triforium et son petit cloître, jouxté, curieusement, par l’accueil… de la mairie, installée dans une ancienne maison de chanoine ! Surtout, il faut aller au 14, rue Buffon, voir la pâtisserie qui produit depuis 1904 d’exquises petites truffes au chocolat, Les Semurettes, marque déposée et gourmandise favorite des habitants. Sans oublier le détour à la bibliothèque, dépositaire de plus de 12 000 ouvrages anciens. Flavigny-sur-Ozerain, des monastères au goût d’anis...
Ville basse, on prolongera avec plaisir la balade moyenâgeuse en franchissant les portes de la Fontaignotte et des Cycogniers (XIVè s.), en s’échappant par une volée d’escaliers vers les potagers suspendus et le ruisseau la Saussiotte, en admirant depuis le pont Pinard la belle harmonie des tours Prison et Margot… et en décidant, mis en appétit, de poursuivre l’investigation médiévale hors la ville.
Flavigny-sur-Ozerain, une dizaine de kilomètres à l’est, fleure bon la place forte et… le recueillement. Ce village gentiment perché a conservé dans son entrelacs de ruelles quantité de maisons moyenâgeuses et Renaissance. Il abrite aussi, origine de sa grandeur passée, un sacré patrimoine religieux. Pas moins de quatre monastères et séminaires ! Deux sont actifs, le monastère de bénédictins et le séminaire traditionaliste Saint-Curé d’Ars. Etonnant village, où l’on croise à l’occasion moines et prêtres en promenade, dans un ballet de bures et de soutanes digne du XIXè s. À Flavigny, pas de règle de visite, on se laisse guider par l’inspiration. Elle peut mener rue de la Fonderie. Un porche y donne accès à une superbe terrasse potagère, vestige agraire de l’ancien couvent des Ursulines (17è s.). Le bâtiment est toujours debout, on le traverse par un insolite passage en escalier pour ressortir sur une placette, derrière l’église. L’inspiration guidera aussi vers l’ancienne abbaye bénédictine. Les bâtiments claustraux sont occupés par la sensationnelle – on pèse nos mots - fabrique de bonbons anisés « Les Anis de Flavigny », à visiter absolument. Châteauneuf-en-Auxois, la vigie du Sud
Si tous les gourmets feront le pèlerinage d’Epoisses pour aller goûter au célèbre fromage chez Berthaut, d’autres iront découvrir Châteauneuf-en-Auxois.
Au sud de la région, ce village médiéval joue aussi les vigies, tourné vers le canal de Bourgogne. Bourg de poche, il se calfeutre autour de son château fort, qui commandait naguère l’itinéraire entre Autun et Dijon. Des maisons de marchands blasonnées à tourelles et linteaux sculptés (XIVè à XVIIè s.), des petits restaurants de terroir, des boutiques d’antiquités, une atmosphère de quiétude incomparable à l’automne : l’Auxois tel qu’en lui-même, pétri d’Histoire et épicurien. Pour en savoir plus : www.ville-semur-en-auxois.fr et sur www.pays-auxois-morvan.fr Mardi 12 Avril 2011 - 11:48
Jean-François Rust
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