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Vendredi 22 Juillet 2005 - 15:27

Kite Surf : un sport ''gonflé'' !

tout ce qu'il faut savoir pour décoller...


Le Kite Surf, ou surf tracté par un cerf-volant, pourrait donner rapidement un coup de vieux à la bonne vieille planche à voile. Plus spectaculaire, mais aussi plus dangereux, ce sport perçu comme une discipline extrême, exige un minimum d'apprentissage pour être pratiqué en toute sécurité. Pour soi-même... mais également pour les autres.
TourMaG.com a testé "en live", pour ses lecteurs, ce nouvel art de glisse.



ce cerf volant-là n'a pas grand chose en commun avec celui que vous faisiez voltiger habilement dans vos jeunes années...
ce cerf volant-là n'a pas grand chose en commun avec celui que vous faisiez voltiger habilement dans vos jeunes années...
Toutes les semaines "Ber", le mono, met le pied à l'étrier (au foot strap, devrait-on dire) de 3 ou 4 nouveaux "fêlés" de glisse, séduits par le fly surf , autre nom du sport. Pour nous, le stage a débuté un peu tard, les conditions météo n'étant pas vraiment au rendez-vous.

En effet, contrairement à la planche à voile qui, même par petit temps, permet de naviguer avec un flotteur de taille moyenne, le fly surf exige des conditions d'aérologie rigoureuses. Il faut un minimum de vent pour tirer le cerf volant et arracher le surfeur aux flots.

Compte tenu du retard pris, nous allons passer la surmultipliée. Objectif : rattraper le temps perdu. Le premier jour comptera "double". Allons-y gaiement : Tony, Isabelle, Charlie et votre serviteur, vont devoir apprendre tout d'abord à gréer la "voile".

En effet, ce cerf volant-là n'a pas grand chose en commun avec celui que vous faisiez voltiger habilement dans vos jeunes années... si ce n'est son moyen de propulsion.

Un travail de préparation minutieux

Nous découvrons peu à peu les "entrailles" de la bête. Dans son principe premier, le cerf-volant redécollable inventé en Bretagne par les frères Legaignoux, est assez semblable à celui d'une voile traditionnelle. Sauf qu'ici, pour raidir la toile, on utilisera... de l'air. En effet, nous allons insuffler de l'air à l'aide d'une pompe, à l'intérieur des coutures.

Une fois les boudins transversaux remplis, nous passons au bord d'attaque qui forme l'arc de la voile. Il s'agit d'une étape fondamentale, qui devra être effectuée avec beaucoup de soin. En effet, un bord d'attaque qui se viderait au large empêcherait la "voile" de reprendre l'air. Et, selon l'endroit où l'on se trouve, cela signifie un laps de temps plus où moins long de natation "synchronisée", pour reprendre l'expression favorite du Mono.

Une fois la voile prête et "assurée" (coincée) avec un ou deux bidons d'eau pour l'empêcher de partir, on va dérouler les "lignes" qui se terminent par une sorte de "trapèze". Pour débuter, nous avons des cerfs volants à 2 lignes. Les fly surfeurs expérimentés disposent en général de 4 lignes, ce qui ne simplifie pas la tâche pour le redécollage.

Avec ses ficelles fines et terriblement résistantes, qui peuvent couper comme une lame de rasoir, nous démarrons notre sensibilisation aux questions de sécurité. Le kite est un sport où l'improvisation se paye cher.

Un sport où l'improvisation se paye cher

Les notions de sécurité doivent être bien assimilées pour éviter les accidents. Casqué, chaussé et habillé d'une combinaison néoprène pour résister à la température prolongée dans l'eau (le cas échéant), le fly surfeur a un peu des allures de spationaute émergeant de sa capsule...

Ce matin-là, au club nautique de Saint-Louis-du-Rhône, les conditions atmosphériques sont idéales pour débuter. Tout en gardant un œil admiratif sur les sauts acrobatiques des "bons" qui multiplient les figures à quelques encablures, nous essayons d'assimiler et de mettre en pratique la masse d'informations dont Ber nous abreuve.

L'heure est arrivée. Avec mes lignes tendues à une vingtaine de mètres et une inquiétude non dissimulée, je regarde attentivement le moniteur qui tient la voile, prêt à lâcher. L'absence de vagues et le peu de fonds dans cette espèce de lagune délimitée par les parcs à huîtres, distants de 5 kilomètres, permettent de réduire les risques pour les débutants.

Nous allons commencer par le commencement : essayer de tenir le cerf volant et comprendre les trajectoires induites par la direction et la vitesse du vent mais aussi la position de la voile.

Résumons : grosso modo, la "fenêtre de vent" est comprise dans la latitude et l'arc de cercle théorique formé par la voile entre "9 heures" et "15h". Lorsqu'elle est à midi, on dit qu'elle est au "zénith".

La toile bleue s'élève dans les airs et m'entraîne sur plusieurs mètres

Autrement dit, parfaitement à la verticale avec une traction qui s'exerce complètement vers le haut. Dès qu'on la penche dans un sens ou dans l'autre, la traction devient horizontale et, d'autant plus forte, que la voile est proche de ses deux extrêmes : 9h ou 15h.

C'est d'ailleurs en jouant comme d'un balancier avec ce différentiel que les fly surfeurs parviennent à exécuter des figures et des sauts spectaculaires. La toile bleue s'élève brusquement dans les airs et m'entraîne sur plusieurs mètres. Incapable de la tenir, j'utilise la procédure d'urgence et relâche le trapèze.

Un leach (lanière) relie le poignet du surfeur au manche. Dès qu'elle n'est plus tenue, la voile s'affale brutalement dans l'eau. Il arrive aussi que les lignes s'emmêlent joyeusement et rendent le contrôle directionnel fort délicat. Après quelques tentatives infructueuses, me voilà fort dubitatif sur ma capacité à maîtriser dans un temps imparti les caprices d'Eole...

"Cet après midi, avertit Ber, nous allons faire du body drag et nous laisser traîner jusqu'aux parcs à huîtres. Je viendrai ensuite vous y récupérer en bateau". Je souris intérieurement : compte tenu des résultats de la matinée, je vois mal par quel miracle nous parviendrions à parcourir 5 km tirés par un morceau de tissu qui passe le plus clair de son temps scotché à l'eau !

Si la voile a pris l'eau, il faut attendre patiemment que celle-ci s'évacue

Comment s'y prend-on pour le faire repartir ? C'est simple... en théorie. Le cerf volant doit accomplir une révolution sur lui-même avant de redécoller. Pour lui faciliter la tâche, le kite surfeur doit donner du mou aux lignes en nageant rapidement vers la voile. Plus facile à dire qu'à faire, bien sûr. Et si la voile a pris l'eau, il faut attendre patiemment (parfois jusqu'à 15 minutes) que celle-ci s'évacue.

Non, Ber ne plaisantait pas. Nous allons véritablement tenter de rallier le parc à huîtres avec la méthode de locomotion décrite. Loin d'être rassuré, je commence cependant à mieux sentir les mouvements du cerf volant. Peu à peu, je parviens à mieux apprivoiser le jeu de bascule qui permet des accélérations brutales ou, au contraire, de revenir au point mort du zénith.

Une pause indispensable qui permet de soulager la pression du poids du corps sur les bras. En effet, pour des raisons de sécurité, nous ne sommes pas autorisés à nous servir du harnais.

A la fin de l'après-midi, fourbus, courbatus mais heureux, nous pensons avoir franchi un pas décisif. Ber a une mine réjouie et nous promet une super météo pour le lendemain. Euphorique, je me dis qu'après tout, un flotteur de plus ou de moins aux pieds, voilà qui ne devrait pas poser de gros problèmes...

"La voile à peine tombée dans l'eau... repart !"

Las, je devais déchanter le lendemain. Un gros Mistral, balaye ce mercredi la vallée du Rhône et fait claquer joyeusement voiles et gréments. Pas autrement impressionné, Ber nous sort tout l'attirail et rajoute au "trousseau" les flotteurs.

Il nous explique la théorie pour monter sur la planche : voile au zénith, on tire doucement la planche à soi, on chausse le foot strap arrière, puis celui avant, et on penche légèrement la voile à 13h pour partir. "Fastoche", non ?

Harnachés, casqués et gonflés à bloc, une planche tenue à la cheville par une lanière, nous voilà prêts pour le largage. Mais une fois dans l'eau, le bel optimisme de la veille s'évanouit. La gestion de l'ensemble s'avère moins évidente que prévu. Le vent est tellement fort que le cerf volant, à peine tombé dans l'eau... repart, sans me laisser le temps d'ajuster l'ensemble. J'essaye d'utiliser le harnais sans grand succès.

Après plusieurs tentatives infructueuses, le bout est bien en place dans le crochet. Fausse joie : le cerf volant démarre brutalement et m'entraîne tel un sac... sous les flots. Je crois mes derniers instants arrivés mais, quelques tasses plus tard, soufflant et crachotant, j'en suis quitte pour la peur.

Certes, je ne risquais pas grand chose puisque, aussitôt relâché, le leach a pour effet de faire tomber la voile et de supprimer la traction. Mais c'est quand même bon de revenir à la surface...

"C'est en effet, l'un des plus grands dangers du kite surf, m'explique le mono qui en a bu d'autres... Celui d'être projeté sur un obstacle sans pouvoir se libérer. Dans l'eau le risque est moindre, mais il existe. A terre, il faut une extrême prudence.

En effet, l'énorme traction ne permet pas au pratiquant de se libérer. Le kite est un sport plus émotionnel que physique, rappelle Ber. Il faut donc maîtriser la peur en maîtrisant le matériel..."

Nous voilà prévenus : derrière une fausse apparence de facilité liée à l'utilisation du cerf volant, cette discipline requiert organisation, condition physique, maîtrise de ses nerfs et... de la pratique par-dessus tout. Nous avons maintenant les bases pour continuer, mais il nous faudra probablement encore quelques bonnes heures d'enseignement et de pratique pour espérer monter sur la planche.

Les triples sauts carpés c'est pas pour tout de suite... mais cela va venir !

Les origines du kitesurf ou flysurf

à l'origine, une simple voile...
à l'origine, une simple voile...
L'histoire du kitesurf c'est avant tout l'histoire de deux frères en Bretagne : Bruno et Dominique Legaignoux. Dès l'âge de 10 ans, ils commençaient à naviguer sur les côtes bretonnes. Ils deviennent très vite champion de France en dériveurs en 1979.

Au bout de 10 ans de compétition, ils trouvent les règlements trop stricts et arrêtent. Après un ans de croisière sur un bateau à voile, ils se retrouvent au Sénégal où ils passent des heures à discuter de voiles à haut rendement et d'engins de vitesse.

Leur objectif devient alors de créer une planche tirée par une voile cerf-volant.
En 1985, les frères Legaignoux commencent à réfléchir à une aile à usage marin.
Ils se rendent compte que les ailes sont mieux que les cerfs-volant et les structures gonflables mieux que les trains. Ils décident alors de rentrer en Bretagne pour pouvoir fabriquer plus de cerf-volant et abandonnent ainsi leur tour du monde.

Ils effectuent leurs premiers essais de glisse avec des planches. Les trains sont difficiles à lancer et la puissance des ailes est très grande. Petit à petit, ils utilisent des skis moins longs jusqu'à des big foot, cela leur donne plus de liberté.

Dans les années 1985 - 1986, leurs ailes deviennent très performantes, elles ont un grand allongement et sont à 100% double surface. En 1988- 1989, après une centaine de prototypes, les ailes deviennent stables, plus légères et plus facile à décoller et à contrôler.

En 1996, c'est l' apparition officielle du kitesurf, 15 ans après les débuts des recherches, les frères Legaignoux présentent les premières wipikas. Manu Bertin et Laird Hamilton sont les premiers à les utiliser. Le kite surf est né.

Pratique

Des sensations fortes mais parfois aussi des surprises à l'arrivée
Des sensations fortes mais parfois aussi des surprises à l'arrivée
Kite surf : les précautions à prendre

Accessible à tous, le kite exige de bien savoir nager et d'être en parfaite condition physique. Un stage est ab-so-lu-ment indispensable ! Pour les questions de sécurité mais aussi parce qu'il s'agit d'une discipline qui se pratique en groupe.

En effet, une assistance minimale est requise pour le démarrage, y compris pour les pratiquants chevronnés. Il importe de maîtriser parfaitement les procédures pour pouvoir profiter à plein des joies et des émotions fortes procurées par le kite.

Le Dr Philippe Lentz, médecin du sport, kiné, ostéopathe et pratiquant de kite-surf, explique sur le site www.doctissimo.fr, les précautions à prendre pour la pratique du kite surf.

"A destination des amateurs de vitesse et de loopings, les bons nageurs, les pratiquants de surf et de cerf-volant, ce sport assez complet fait travailler les fixateurs d'omoplates, ouvrant la cage thoracique, les grands dorsaux, les pectoraux, les abdominaux ainsi que les jambes.
Pour en profiter au maximum, mieux vaut se préparer en faisant de la course à pied pour le cœur, des pompes et des tractions, suspendu à la barre pour le groupe musculaire bras/torse.
Au niveau des "bobos", le praticien met en garde contre les ecchymoses, ou des côtes cassées quand on se prend la planche dans les reins, le sectionnement de voie artérielle dans la jambe à cause d'un aileron sabre (d'environ 20 cm équipant les anciennes planches), la double entorse de la cheville pour celui qui pratique avec un wakeboard (planche où les pieds sont maintenus), des tendinites des bras et des jambes.

Attention également aux nageurs. On ne maîtrise pas toujours la force du vent. Or, les fils de 40 m de long résistant à une traction de 300 kg, peuvent occasionner de vilaines coupures de membres. Pour plus de sécurité, mieux vaut avoir un vent qui éloigne des vagues."

L’équipement

Un surf, petit, léger et muni d'ailerons de 3-4 cm, des chaussons Néoprène, une combinaison et un cerf-volant de traction. Sécurisante, l'aile marine à caissons étanches Omega donne, à tout moment, grâce à un système de "choquer-border" unique, la possibilité de doser la vitesse de traction.
Pour s'équiper il faut compter entre 650 euros le pack 6 m2 et 1000 euros environ en 9 m2.

Pour en savoir plus
Fédération Française de Vol Libre tél : 04 97 03 82 82 : www.ffvl.fr

Mercredi 27 Juillet 2005 - 01:58
Jean DA LUZ - redaction@tourmag.com

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