|
Notez
Mercredi 7 Décembre 2011 - 09:09
Jabron, la vallée du silenceIsolée aux confins du Vaucluse et des Hautes-Alpes, cette petite vallée au caractère champêtre semble vouée à l’oubli et à l’ennui. Mais derrière les murs sévères des jas paysans, une intense vie associative et culturelle coexiste avec les derniers soubresauts de l’activité rurale.
On le devine dès les premiers hectomètres. Quittant la Durance et sa plaine fertile, la petite départementale 946 s’enfonce plein ouest dans un territoire soudain aphone.
Au programme, trente kilomètres de vallée isolée entre montagne de Lure, au sud, et crêtes préalpines, au nord. Dire qu’on aimerait y vivre serait mentir. La rudesse des pierres sombres des jas tapis sur les piémonts rappelle trop les labeurs paysans d’un temps pas si lointain. L’explorer est une autre affaire. Et on se plait vite avant que l’hiver ne vienne à arpenter ces hameaux perdus sous un ciel cristallin. Fatras agricole Les chemins de l’ancien temps passaient sur les hauteurs, évitant le thalweg humide et les eaux divagantes. C’est donc à l’écart que se trouvent les maisons, où ce qu’il en reste… Voici le Vieux Noyers et ses ruines émouvantes, abandonnées sur les pentes en pleine désolation. A ces hangars ouverts ou s’entasse le fatras agricole, fait écho l’école fermée du hameau Le Couvent et quelque enseigne rouillée à Saint-Vincent-sur-Jabron. Et tout est à l’avenant, dans une succession de lieux-dits (Les Granges, Les Patins, Lange…) où les fermes encore actives (il en reste) font face à des lieux clos qui ne s’animent que l’été. Dans le genre, on adore Curel et sa rue unique repavée, bordée de portes cloutées. On sourit à ce petit vieux, casquette vissée sur la tête, qui trimballe sa cagette de légumes en l’appuyant sur le bleu de travail qui ne doit guère le quitter.
Émules d’hippies des années 1970
Ces images nostalgiques sont trompeuses. Car on aurait tort de croire que la vallée se meurt. Pour s’en convaincre, il faut stopper et pousser les portes. Ecoutons Carole Timoteo, créatrice de livres et d’objets en céramique, à Saint-Vincent-sur-Jabron. « Ici, c’est une vallée riche. On trouve à la fois des natifs, des résidents issus des communautés hippies des années 1970, des néos-ruraux comme nous, installés depuis peu ». A lire « Vivre au Jabron », la feuille de chou locale éditée par ces habitants, on est surpris de découvrir la richesse de l’animation culturelle. Veillées d’écriture, soirées tapas, activités chanson, stages de cuisine japonaise…, on trouve aussi une psychosensorialiste et même une ferme auberge-spectacle (Danse l’Ombre, à Curel). La Nef des Fous et Valérie Lagrange, aperçue semble t-il ici dans les années Woodstock, ont fait des émules. Entre fromages de chèvres, foires bios et thérapies douces, ces ex-urbains plus policés sont en train de donner sa nouvelle âme au Jabron. Mercredi 7 Décembre 2011 - 09:09
Jean-François Rust
Dans la même rubrique :
|
SUIVEZ NOUS
Choisissez votre destination
Commentaire
|
||||
|
|
|||||
Balade


Luberon : 2 nuits offertes pour 7 réservées au Clos Savornin













