Euh... le défi s'annonce corsé. Un week-end, trois jours, deux nuits pour se confronter à nos propres limites face à la nature, loin du tumulte de nos quotidiens.
La rédaction de TourMagazine.fr a relevé le défi. Ou plutôt une de ses journalistes, la plus citadine, la moins sportive mais la plus téméraire. Elle a été envoyée pour tester ce stage de survie en forêt proposé tous les week-end dans le Périgord noir par Denis Tribaudeau, spécialiste en la matière.
Le rendez-vous est fixé un vendredi soir à quelques kilomètres de Sarlat. Après des heures de train, de voiture ou d'avion, les stagiaires venus de toute la France se rencontrent autour d'un dernier dîner. Le dernier avant... la faim.
"En partant, il est interdit de prendre de la nourriture, il faut jouer le jeu et se mettre en condition de survie. Nous mangerons ce que nous trouverons. Ne vous inquiétez pas, vous allez manger", nous glisse sans rire le formateur.
Comprendre la nature pour survivre
"On ne se bat pas contre un ennemi. On est là pour comprendre comment fonctionne la forêt et apprendre ses bases pour mieux s'en servir pour survivre", nous assure Denis Tribaudeau.
Alors, au fil des kilomètres, tous les moyens sont bons pour apprendre. Ici, sous nos pieds, des carottes sauvages. "Goûtez !". Là, une plante à l'aspect appétissant mais à oublier. "Attention, celle-ci n'est pas comestible".
Et un peu plus loin, des traces de chevreuil et de sanglier. "Les traces paraissent récentes, ils ont dû passer il y a peu de temps, si nous faisons peu de bruit, on aura peut-être la chance de les apercevoir".
Premier arrêt autour d'un étang. L'occasion de rappeler le principe de base de la survie. "C'est la règle de la première minute, de la première heure et du premier jour", lance le spécialiste.
"La première minute, il faut penser à soi-même, à sa survie en se mettant en sécurité, avant même de penser à sauver les autres. Ensuite la première heure, il faut vider ses poches et faire un inventaire de tout ce que l'on a sur soi pour savoir ce qu'on pourra faire avec. Enfin, le premier jour, il faut organiser sa survie, construire un abri, faire du feu...."
Pour nous, ce sera l'inventaire, dans un premier temps. Et comme prévu, pas une miette de nourriture dans les poches. Aucune barre de céréales oubliée. Toutes ont été avalées goulûment avant le départ.
Alors, avant de trouver un campement et de construire son abri, c'est le temps de faire des provisions de nourriture. Mais que manger ? "Des grillons !". Les visages se crispent. Certains stagiaires rigolent. C'est donc parti pour une chasse improbable à la petite bête.
Au menu : grillons et châtaignes germées
Un peu plus loin, de l'autre côté du versant, à l'orée d'une clairière, le campement est posé. Chacun s'active pour construire son abri pour la nuit.
Pas facile de dénicher les branches mortes utiles pour les toits et les feuilles pour se protéger du sol. Alors, tout le monde s'entraide, se donne les bons endroits où chercher les fougères qui colmateront les trous.
Après les provisions de nourriture, la construction de l'abri, voici venu le temps du feu. Denis Tribaudeau nous montrent comment en faire un, de cinq manières différentes : à l'ancienne, en frottant des morceaux de bois, plus facilement avec une pierre à feu, de manière plus sympa avec une canette ou un préservatif.
Toutes les techniques sont bonnes à prendre, l'essentiel est d'allumer le feu. Le premier élément de survie, il permet de manger, de se réchauffer et de s'éclairer.
Le soir, avant la tombée de la nuit, la faim se fait sentir. Et ce ne sont pas les quelques châtaignes germées et le grillon avaler à midi qui nous ont rassasiés.
Tout le monde se met à chercher de la nourriture, certains repartent à la cueillette des châtaignes, d'autres posent des collets pour tenter de piéger un lapin ou ramassent des légumes sauvages.
Finalement, au menu, ce sera une grenouille pour... huit, des oignons sauvages, des orties et encore des châtaignes.
Retrouver son âme d'enfant
Alors on exécute et on discute. Les paroles se libèrent et chacun parle de sa motivation. Certains sont venus pour retrouver leur âme d'enfant. D'autres pour apprendre. "J'aimerais alléger mon sac à dos et éviter désormais de transporter ma tente", explique un stagiaire, randonneur aguerri, venu de Strasbourg.
Il est l'heure de s'endormir. Emmitouflés dans son duvet, avec blouson, gants et bonnet, sous son abri, le sommeil tarde à venir. Une branche qui craque, un froissement de feuille... est-ce tous ces bruits inconnus de la forêt qui déstabilisent ?
Peu importe... au bout de quelques minutes, le sommeil arrive. Et ce n'est que le froid et le chant d'un coucou qui nous réveilleront à 7 heures du matin. Le réveil est dur, les traits des visage tirés et l'estomac qui crient famine. Ouf, les collets ont fonctionné. Le petit-déjeuner sera composé de lapin !
En dégustant sa cuisse de lapin, on se dit finalement que lorsqu'on rigole assis dans son fauteuil en regardant les candidats de Koh Lanta larvés sur une plage le ventre vide, on n'a rien compris.
Mais désormais, on pourra se vanter de savoir ce que la survie veut dire. Nous on l'a testé, on a survécu. Et en plus on a bien rigolé.
Les informations pratiques
Contact : Denis Tribaudeau au 05 56 47 21 08.
Forêt du Rozel (10km de Sarlat)
Tarif : 155 euros / personne
Balade

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