|
Notez
Mardi 15 Novembre 2011 - 11:08
Hongrie : Des villes d’art au plat paysTout pays a ses régions « mystère ». En Hongrie, c’est à l’est qu’on les trouve. De Budapest à Eger, de Tokaj à Debrecen, rencontre avec des villes et des territoires méconnus où l’art Renaissance, Baroque et néo-classique côtoie l’immuable cours des choses des campagnes danubiennes.
Le Baroque en Hongrie, c’est comme le gouda en Hollande. Il est presque partout, témoin impitoyable de la domination des Habsbourg sur un pays façonné pendant plus de deux siècles au sceau de l’impérialisme autrichien.
Cette puissance a asservi les hongrois – ils s’émanciperont en 1849 -, mais elle a donné corps aux villes d’aujourd’hui. Sorti de Budapest, la « Perle du Danube », on roule à peine une poignée de kilomètres à l’est et voilà Gödolö et son château d’opérette. Construit au XVIIIè s. par un affidé de l’impératrice d’Autriche, il a vu passer sous ses frises l’impertinente Sissi. Le plus grand palais baroque du pays, sorte de mini Versailles, revient de loin. Occupé par les russes jusqu’à la chute du bloc soviétique, il retrouve un lustre perdu grâce à une restauration ambitieuse mais laborieuse – l’état de délabrement des bâtiments annexes en témoigne… Clochers à bulbes, livres anciens
Plein Est, la route conduit jusqu’à Eger, 60 000 habitants. Une jolie carte postale que cette petite cité provinciale, réputée pour ses eaux thermales et ses monuments baroques.
Pour les apprécier d’un coup d’œil, il suffit de grimper l’antique escalier de pierre qui s’élève en spirale au sommet du minaret turc, dernier vestige de l’occupation ottomane, au XVIIè s. Là haut, émergent de la ville au dessus des toits rouges, les clochers à bulbes restaurés ou usés par le temps,, les vestiges d’une forteresse médiévale (Vár) et l’imposante façade baroque du Minorita Templom (l’église protestante) dont la riche ornementation rose-beige rivalise avec la surcharge des fresques intérieures. Une solide bâtisse, au delà, attire le regard. C’est le Liceum, un autre édifice baroque, siège de l’université locale. Construit sur ordre d’un évêque à la fin du XVIIIè s, il abrite une étonnante tour d’observation astronomique et une bibliothèque exceptionnelle. A voir absolument : les plus de 100 000 livres rares faisant corps avec les rayonnages en bois massif. On ne quittera pas Eger sans rendre hommage à ses vins. A l’écart du centre-ville, un drôle d’endroit est à découvrir : la « vallée des Jolies Femmes ». Ne nous demandez pas l’origine du nom (le hongrois est une langue insondable) mais il s’agit d’une sorte de Lourdes populaire à la gloire de la divine bouteille, avec une trentaine de caves souterraines étroites et humides, encadrant une place sanctuaire, qui s’enfoncent dans la pénombre vers des comptoirs de dégustation. L’occasion d’apprécier un egri bikavér (vin rouge) ou un egri ieànyka (blanc). « L’Athènes du Bodrog »
Toujours vers l’est, l’itinéraire flirte avec l’immense plaine de la Tisza (affluent du Danube) et les versants boisés isolés du Bükk et du Zempleny.
Selon l’humeur, on pourra sillonner le bassin monotone à céréales en jouant à saute-rivière sur l’un des nombreux bacs où s’égarer dans les hauteurs, à la recherche d’un étterem (restaurant) de « montagne » ou d’une rare carriole à cheval de forestier. Près des frontières ukrainienne et slovaque, Sárospatak renoue avec les ors de l’architecture. Sa réputation s’est forgée du temps de sa domination intellectuelle. Au XVIè s., la ville était surnommée l’Athènes du Bodrog (nom de la rivière qui la traverse). Fief calviniste et de la famille Rákóczi, farouches opposants aux autrichiens, elle déploie de belles demeures bourgeoises autour d’un imposant château Renaissance. En prime, elle conserve une superbe bibliothèque, celle du collège réformé, où sont exposés quelques écrits inédits de Calvin. Mystères de la Puszta
Il est temps de rejoindre Debrecen, seconde ville du pays. La route directe traverse des bourgs sans âme, alors profitez-en pour effectuer un crochet vers la Puszta, l’une des plus grandes étendues arides d’Europe Centrale.
Dans cette région, le parc naturel d’Hortobágy, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, concentre tous les mystères de cette vaste steppe : troupeaux de moutons perdus dans l’immensité rase, hangars agricoles longs et bas aux murs blancs et aux toits couverts de chaume, vaches-buffles grises et beiges aux cornes démesurées, chemins caillouteux s’égarant à l’infini…, le « désert » hongrois est un écrin pour voyageurs en mal de poésie. Debrecen inspirera plutôt les férus d’histoire. C’est dans cette ville de 200 000 habitants, proche de la frontière roumaine et foyer de protestantisme, que l’indépendance du pays fut proclamée en 1849. L’acte de naissance a été signé dans Nagytemplom, la grande église calviniste dont la façade néoclassique et les deux clochers jaune crème trônent à l’extrémité de Piac utca, l’artère névralgique de la cité. Une avenue jalonnée de terrasses de cafés et d’édifices Art Nouveau où les habitants aiment à se montrer et qui s’ouvre vers des quartiers plus secrets, perclus de curiosités : les synagogues abandonnées, constante malheureuse dans ce pays où les Juifs furent décimés ; la collection incroyable de livres anciens de la bibliothèque (encore une !) du collège réformé ; l’atmosphère de village urbain qui plane entre les rues Nyil utca et Rakóczi utca, avec les maisons cossues ressuscitées sous la gangue brune des crépis communistes. L’est de cet ex-pays de l’Est, longtemps isolé, livre peu à peu tous ses secrets ! Pour préparer votre séjour : www.hongrietourisme.com (site en français) Tokaj, petit village, grands vins
Louis XIV fut l’un des grands promoteurs du Tokaj et sa réputation depuis n’a jamais failli. Le vin de Tokaj est un blanc liquoreux d’une finesse et d’une complexité exceptionnelles, parmi les plus chers au monde.
Pour faire simple, sa rareté tient en trois points : un terroir favorable à l’éclosion du botrytis, un champignon qui précipite les sucres dans les grappes ; une vendange grain à grain entièrement manuelle ; une concentration en sucre dans le vin modulée à la demande par l’apport de hottes supplémentaires de raisins « botrytisés » (les puttonyos) dans les tonneaux de moût. L’étiquette d’une bouteille de Tokaj prend dès lors toute son importance. De 2 à 6, le chiffre indique le nombre de hottes rajoutées. Plus il y en a, plus la concentration en sucre est forte, plus c’est cher ! Le nec plus ultra est l’aszú, un « pur sucre » au prix… salé (jusqu’à 1 500 € la bouteille !). Le vignoble de Tokaj s’étend tout au long de la vallée du Bodrog, jusqu’à la frontière slovaque. 500 hectares de vignes en terre slovaque ont d’ailleurs obtenu en 2004, après une âpre bataille, le droit d’apposer l’appellation « vin de Tokaj » sur leurs étiquettes. Mardi 15 Novembre 2011 - 11:08
Jean-François Rust
Poster un commentaire
Dans la même rubrique :
Afrique du Sud | Algérie | Allemagne | Amérique Centrale : Guatemala, Mexique | Amérique du Sud : Argentine, Chili, Pérou | Andorre | Angleterre | Australie, Nouvelle Zélande | Autriche | Belgique, Luxembourg, Pays Bas | Brésil | Cameroun, Congo, Cap Vert, Sénégal | Canada | Caraïbes | Chine,Taïwan | Chypre, Malte | Colombie | Croatie, Serbie, Monténégro | Dubaï, Abu Dhabi, Oman, Arabie Saoudite | Ecosse | Egypte | Espagne | Etats-Unis | Grèce | Ile Maurice | Inde, Sri Lanka | Indonésie, Bali | Irak, Iran | Irlande | Islande | Israël | Italie | Japon | Jordanie | Kenya,Tanzanie, Rwanda | Liban, Libye, Syrie | Madagascar | Maldives, Seychelles | Maroc | Pays Baltes | Pays du Sahel | Pologne | Polynésie | Portugal | République Dominicaine | République Tchèque, Hongrie, Ukraine, Roumanie, Russie, Slovaquie | Scandinavie : Danemark, Finlande, Norvège, Suède | Suisse | Thaïlande, Vietnam, Birmanie, Laos, Cambodge, Malaisie, Singapour | Tunisie | Turquie |
SUIVEZ NOUS
Choisissez votre destination
Commentaire
|
||||
|
|
|||||
Balade


Ukraine : une nouvelle liaison entre Paris et Kharkov













