La plage, elle, impeccablement ratissée, n’attire qu’un ou deux chiens baladeurs. Un village bien tranquille, en somme, plaqué au pied du Mont Veyrier (1 291 m).
Peu de touristes le savent mais l’activité fut sacrément plus importante, de 1930 à 1960. Un téléphérique permettait de monter au sommet du mont.
Après-guerre, il accueillit jusqu’à 70 000 passagers par an, des touristes un brin huppés attirés autant par le panorama que par l’hôtel de luxe, posé là-haut en belvédère. Face au coût énorme de mise aux normes de sécurité, le téléphérique périclita et fut abandonné en 1984.
Jadis aussi, les paysans embarquaient de Veyrier pour aller vendre leurs produits à Annecy.
Aujourd’hui, ce sont les clients qui font le trajet inverse. Tout du moins ceux qui ont les moyens de régler la note présentée par l’icône gastronomique locale, Marc Veyrat, dont le restaurant blanc et parme trône au bord du lac. Même si ce n’est plus lui qui officie en cuisine.
Talloires, siège d’un think tank international
Sur les hauteurs, le premier des deux villages abrite le château de Menthon. Cette formidable forteresse dont la rumeur prétend que Walt Disney s’en serait inspiré pour son château de la Belle au Bois Dormant, accueille la même dynastie familiale depuis le 11ème s.
Talloires n’est pas à plaindre non plus : la commune héberge une belle brochette d’hôtels-restaurants de classe (Auberge du Père Bise, L’Abbaye…) et un joli port en anse, protégé par la réserve naturelle du Roc de Chère, verrou rocheux avancé sur le lac.
Ce que l’on sait moins, c’est que l’ancien monastère de Talloires est devenu le siège d’un think tank international. Géré par la Tufts University de Boston, l’endroit accueille chaque année des sessions et des séminaires de haut vol dont le but est "l’avancement de la paix et de la coopération internationale". Rien de moins.
Un fief du parapente
La commune est l’un des sites les plus connus au monde pour la pratique du parapente. Plusieurs raisons à cela. D’abord, c’est la France qui a inventé ce sport. Les pionniers se sont lancés en 1978 non loin de là, à Mieussy, en Haute-Savoie.
Ensuite, le site du lac d’Annecy est entouré de points hauts depuis lesquels il est facile de s’élancer, avec une très bonne aérologie, protégé des vents forts. Enfin, le lac est un formidable amortisseur de chutes ! C’est la raison pour laquelle les fabricants de voiles envoient ici leurs "pilotes testeurs".
Le site est devenu un centre réputé pour les stages SIU (Simulation d’Incidents de Vols).
Au plus fort de la saison, jusqu’à 600 amateurs décollent chaque jour du col de la Forclaz, le point d’envol le plus célèbre. Référence au niveau de l’enseignement du parapente, Talloires abrite des écoles de formation dont l’activité génère d’importantes retombées économiques. Pour avoir pratiqué, l’auteur de ces lignes ne cache pas l’ivresse éprouvée à survoler paisiblement les montagnes…
Mais tout le monde n’est pas un disciple d’Eole. A ceux qui préfèrent jouir du panorama les pieds ancrés au sol, on recommande un site splendide : l’Ermitage Saint-Germain. Juste au dessus de Talloires, à deux pas de la chapelle où Saint-François-de-Sales aurait projeté de finir sa vie en solitaire, le point de vue est prodigieux.
Au fond, Annecy et ses lumières ; au pied, Talloires et le roc de Chère ; en face, Duingt et son château-promontoire ; au milieu, les eaux tranquilles du lac. Vous avez dit jardin d’Eden ?
Duingt, le village « bauju »
Pour s’être trouvé un soir d’automne à marcher au calme sur les berges, en longeant les maisons-chalets et les bateaux à quai au son de notes de musique qu’une brise légère transportait depuis les jardins du Palace de Menthon, en face sur l’autre rive, on a définitivement adopté ce site.
Et Duingt, qui connaît vraiment l’histoire de Duingt ? Hormis le coup d’œil au château médiéval (privé), en position de vigie sur le lac, peu consentent à jeter un regard dans ses entrailles.
Imbriquées autour du roc Taillefer, les maisons, avec leurs larges avant-toits, leurs séchoirs à noix et leurs escaliers extérieurs de pierre ou de bois, sont les témoignages surprenants de l’ultime poussée au nord de l’architecture des Bauges.
Qui aurait pensé que le bord du lac d’Annecy abritât aussi les fiers témoignages des paysans Baujus?
La réserve du bout du lac
Un peu plus d’1,5 km d’un agréable itinéraire piétonnier fait traverser successivement la forêt, les prairies humides et la roselière, jusqu’à la rive.
Traversée par deux rivières, l’Eau Morte et l’Ire, cette réserve est le repaire des castors, foulques, poulpes d’eau et autres grèbes huppées.
Balade

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Haute Savoie : Annecy, pas seulement une ville-musée


















