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Mercredi 1 Décembre 2010 - 11:25

Haute-Savoie : entre culture et patrimoine


Passage obligé dès la préhistoire pour traverser l’arc alpin, les principales vallées de Haute-Savoie ont été habitées très tôt. Les nombreux souvenirs d’une riche histoire, bien mis en valeur par des associations passionnées, font aujourd’hui le bonheur des amateurs de patrimoine.



Un peu d’histoire

Megève est la première station de ski du département créée en 1921, sur un modèle autrichien - DR
Megève est la première station de ski du département créée en 1921, sur un modèle autrichien - DR
Les premiers agriculteurs sédentaires ont adopté les hautes vallées et les rives du Léman dès le 3e millénaire av. J.-C.

Au 6e s. av. J.-C., les Celtes Allobroges occupent la région jusqu’à l’arrivée des Romains qui consolident le premier réseau transalpin.

S’ensuit une alternance de siècles de paix et d’invasions barbares, de conquêtes et de partitions. Au 11e s., un nouveau partage offre le nord des Alpes à Humbert 1er, c’est la naissance de la maison de Savoie.

Bien gouvernée par des seigneurs ambitieux, elle étend son pouvoir et ses domaines jusqu’à son apogée au 15e siècle.

Mais sa situation stratégique excite les appétits des rois voisins qui tentent de la conquérir chacun leur tour, l’affaiblissant progressivement. Elle sera pendant longtemps membre des États sardes qui tente de la moderniser.

Pendant la Révolution, l’assemblée des Allobroges obtient le rattachement de la Savoie à la France, mais les exactions antireligieuses soulèvent vite les Savoyards contre le Directoire.

Au 19e, l’industrie naissante apporte un peu d’aisance économique à la région, notamment autour d’Annecy. Mais les défaites de Napoléon, sanctionnées par le traité de Paris, restituent la Savoie au royaume italien.

C’est Napoléon III qui négocie le retour de la Savoie à la France, avec l’accord de sa population.
Entretemps, le Mont-Blanc a été gravi par Saussure et Balmat en 1986, lançant la mode de l’alpinisme.

En 1921, la première station de sports d’hiver est créée à Megève, sur un modèle autrichien, par la baronne de Rothschild.

Rapidement imitée, c’est le début d’un développement sans précédent qui modifie durablement la physionomie même du département.

Le patrimoine religieux

Chapelles, oratoires, pèlerinages, le plus souvent situés sur les hauteurs pour être bien visibles, ici celle du village de Chinaillon - DR
Chapelles, oratoires, pèlerinages, le plus souvent situés sur les hauteurs pour être bien visibles, ici celle du village de Chinaillon - DR
Au fil des siècles, les édifices religieux ont jalonné les voies de communication tracées dans le massif alpin.

Chapelles, oratoires, pèlerinages, le plus souvent situés sur les hauteurs pour être bien visibles, protègent les voyageurs et rassurent les habitants d’une région au climat difficile.

Leur architecture est adaptée à ces difficultés, murs épais, silhouettes trapues, toits à larges auvents et petits fenestrons.

Mais l’intérieur toujours richement décoré reflète la profondeur de la foi des habitants. Foi que ni la Réforme protestante ni la Révolution n’arriveront à déraciner.

Du 11e au 15e siècle, chapelles romanes et basiliques gothiques s’élèvent sur l’emplacement des cryptes et oratoires.

Au 17e, sous l’influence italienne, les architectes adoptent l’art baroque qu’ils adaptent à l’exubérance naïve des peintres locaux, entre colonnades de stucs et retables sculptés.

A l’extérieur, on peint des fresques sur les façades et on adopte le clocher à bulbe d’Europe centrale.

Le retour des Sardes au 19e siècle introduit l’architecture néoclassique dans les bâtiments institutionnels, et laisse des traces dans la rénovation des églises.

L’architecture traditionnelle

L’environnement impose la forme : des chalets de bois aux larges toits protecteurs - DR
L’environnement impose la forme : des chalets de bois aux larges toits protecteurs - DR
Comme dans leurs lieux de culte, les Savoyards apprécient pour leurs maisons la solidité des structures, la sculpture sur bois et les décorations peintes expressives.

L’environnement impose la forme : des chalets de bois aux larges toits protecteurs faits des pierres de la région, lauzes de schiste ou de calcaire, ou de tuiles de bois.

Le climat et le mode de vie agricole recommande les murs épais et les petites ouvertures pour rester à l’abri du froid en hiver, l’étable pour les troupeaux au rez-de-chaussée et la grange en étage pour protéger le fourrage.

Les larges balcons à balustrade servent au séchage des buches pour le chauffage.

L’arrivée du tourisme a modifié la physionomie de certains villages et de leurs alpages, en créant de toutes pièces des structures modernes entièrement consacrées à l’accueil, comme à Flaine ou Avoriaz. Ces réalisations sont confiées à des architectes audacieux et restent des modèles du genre.

Mais le style village prend bientôt le relais et on a le choix aujourd’hui de l’ambiance et du décor.

Les arts populaires

Haute-Savoie : entre culture et patrimoine
Les longues veillées d’hiver imposées par la neige ont favorisé la créativité des villageois. Le travail du bois en particulier est devenu une véritable spécialité savoyarde.

Coffres, chaises, lits, berceau, armoires, rien n’échappait à la gouge du montagnard, qui y creusait rosaces, croix, cœurs et petits personnages des légendes locales.

Pendant ce temps, les femmes brodaient châles, ceintures et rubans pour accompagner les robes de drap noir des jours de fête.

Selon la région, une coiffe rigide et dorée ou en dentelle blanche brodée complète, avec la croix ouvragée, le costume traditionnel. Sur la table, des poteries vernissées et des paniers tressés, également fabriqués en famille.

Tous ces objets témoins de la vie savoyarde jusqu’au siècle dernier sont encore visibles dans les écomusées, lors des fêtes de villages et dans certaines hautes vallées.

Bien vivants par contre sont les arts culinaires. Il faut déguster les liqueurs aux herbes, le miel des alpages, et surtout les multiples fromages, tommes, reblochons ou Abondance utilisés dans la majorité des recettes locales, tartiflette, fondue et autres préparations à base de fromage cuit.

Des balades thématiques

Thonon-les-Bains à découvrir - DR
Thonon-les-Bains à découvrir - DR
Circuit Villes et Pays d’art et d’histoire : en Haute-Savoie, Annecy, Samoëns et la vallée d’Abondance ont reçu le label décerné par le ministère de la Culture.

Il prouve leur attachement à la valorisation de leur architecture et de leur patrimoine.

L’occasion de faire une belle boucle qui associe la capitale culturelle du département, la beauté naturelle de la vallée des tailleurs de pierre et les chalets d’alpage préservés de la vallée d’Abondance.

L’art contemporain en Haute-Savoie : 13 structures se sont fédérées autour d’une charte pour mettre l’art contemporain en valeur.

Une idée originale pour faire le tour du département en associant la beauté de ses paysages naturels à la créativité de ses artistes.

L’itinéraire mène de la chapelle de la Visitation à Thonon-les-Bains au Centre culturel de Flaine, en passant par le musée-château d’Annecy, la fondation Salomon à Thônes et la chartreuse de Mélan à Taninges.
www.culture74.fr

Circuit des vignobles : pour tout savoir sur les vins de Savoie, trois itinéraires ont été balisés, dont l’un relie le lac Léman à la vallée d’Arve.

On y déguste le vin mousseux d’Ayze, le vin de Crépy dans le bas Chabalis, le cru de Marignan à Sciez, pour finir dans les caves du château de Ripaille, le bien nommé.

Une autre manière d’apprécier le patrimoine en toute gaieté.
www.savoie-mont-blanc/decouverte

Le sentier du baroque : un itinéraire de 20 km qui relie dix sites remarquables de la période baroque en Haute-Savoie, de Combloux aux Contamines-Montjoie en passant par Saint-Nicolas-de-Véroce et Saint-Gervais.

Les visites sont guidées et l’ensemble représente une belle journée découverte.
www.lescontamines.com

Mercredi 1 Décembre 2010 - 11:39
Aline Pontailler

Le Guide Haute-Savoie





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