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Mercredi 4 Mai 2011 - 14:57

Guadeloupe : la Désirade, terre première de l’Atlantique


Cinq, c’est le nombre des doigts de la main, des sens, des branches de l’étoile plus modestement celui des îles de l’archipel de Guadeloupe. Si la Grande Terre et la Basse-Terre sont les plus connues, Les Saintes, La Désirade et Marie-Galante méritent qu’on s’y attarde. Après les Saintes, voici la Désirade.



La Désirade, la plus petite île habitée de l’archipel / DR OT La Désirade
La Désirade, la plus petite île habitée de l’archipel / DR OT La Désirade
Sentinelle avancée de la pointe des châteaux de la Grande Terre, la Désirade est la plus petite île habitée de l’archipel.

C’est aussi la plus proche du vieux continent, c’est elle qui apparaît en premier à Christophe Colomb lors de sa seconde traversée.

Pour cette raison sans doute il la baptise « Désirada ».

A cause de son manque d’eau, l’île n’attire pas les colons. On se contente d’y expédier les lépreux et les proscrits. C’est après que les marins bretons et normands s’installent comme pêcheurs.

Aujourd’hui encore la pêche est l’activité principale. A elle seule l’île fournit 60% du poisson de l’archipel guadeloupéen.

11 kilomètres de route

Le Souffleur / DR OT La Désirade
Le Souffleur / DR OT La Désirade
Une seule route asphaltée de 11 kilomètres relie les sections ou quartiers de la commune : Beauséjour (ex Grande Anse) le bourg principal où accostent les bateaux, Le Souffleur, et la Baie de Mahaut, à la fois nommée « bout du monde » et « terre première de l’Atlantique ».

Un autre voie praticable seulement en VTT, 4x4, monte jusqu’à la crête et traverse l’île par le plateau. Authentique et pudique, l’île dévoile ses charmes à qui sait les mériter. A qui sait aller à la rencontre de ses habitants, ils ne sont que 1700, chaleureux et prêts à converser.

Entre Fifi et Fanfan

DR OT La Désirade
DR OT La Désirade
La visite se fait latéralement d’est en ouest de la pointe des Colibris à la baie de Mahaut. Premier quartier : Beauséjour, c’est le bourg principal bordé par la Grande Anse.

Il apparaît depuis la mer encadré par la plage à Fifi et la plage à Fanfan. C’est là que débarque le voyageur face à la capitainerie et l’office de tourisme où l’accueil est des plus chaleureux.

Amoureuse de son île, Lucie Soulard, la présidente donne le premier conseil : « Beauséjour se dévoile à pied sans contrainte, rues peu encombrées à plat ou en pentes douces donnent le ton de l’île : tranquille et propre »

Fleuries et truculentes, les cases affichent une joie de vivre communicative. La place du maire mendiant raconte l’histoire : monument aux morts, aux marins disparus en mer (ce que permet de voir l’origine des patronymes des habitants) et comme dans toutes les Antilles françaises la statue de Victor Schoelcher, père de la loi abolissant l’esclavage.

Mignonne, la petite église vaut une halte pour son autel taillé dans un poirier-pays et sa Vierge à l’enfant du 18e siècle.

A l’est de Beauséjour, c’est le quartier du Désert pendant 1,5 km. Les dernières habitations sont bâties à flanc de « montagne », tandis que l’autre côté de la route est bordé d’agaves, de mapoux et de mancenilliers.

La voie redescend vers le « Souffleur » (voir photo ci-dessus). Là se trouve la plus grande plage de l’île abritée sous des cocotiers, amandiers, ajoupas. Un bon nombre d’embarcations aux couleurs pétillantes sont posés sur le sable. Ce sont généralement les canots typiques de la Désirade.

C’est là aussi que se trouve le quartier des pêcheurs (photo ci-contre) et le petit chantier naval de l’île. N’hésitez pas à engager la conversation avec les charpentiers de marine ou les ramendeurs de filets, généralement de vieux pêcheurs sur le retour. Ils vous raconteront leurs campagnes quand ils partaient pour un mois au large de la Guyane.

Après la plage, le littoral devient rocheux, la route s’étire entre mer et terre jusqu’à la ravine Cybèle où coule une source qui alimentait l’île jusque dans les années 90.

Bien vite on arrive au dernier quartier : la Baie Mahault. Une zone assez désolée où subsistent les ruines de la léproserie et le cimetière des religieux infirmiers.

Plus loin le phare et la station météo. Et derrière la montagne (voir ci-dessous) Le bout du monde, c’est peut être là !

A suivre : Marie-Galante

A lire aussi : Guadeloupe : les Saintes, un village de poupées sur la courbe d’une rade

Que la Montagne est belle

Guadeloupe : la Désirade, terre première de l’Atlantique
Pour bien voir la Désirade il faut passer sur l’autre versant, celui qu’ici on appelle « La Montagne ». Il faut avoir le courage de gravir le dénivelé (276m) à pied, en VTT ou en 4X4.

Le contraste est extraordinaire. De ce côté les falaises tombent dans la mer d’une hauteur de 200m, les anses rocheuses sont vides occupées seulement d’oiseaux de mer. La forêt aride du plateau est divisée en deux par une piste en tuf blanc.

Des sentiers mènent aux Bityés des paysans. C’est là qu’ils font pousser fruits et plantes : palette de couleurs rouges et vert olive des feuilles de houx- pays, résiniers, bois de cannelle, orchidées jaunes et mauves épousent le parfum du bois des Indes et du Tibonm.

C’est là aussi qu’ils élèvent leurs vaches et cabris autour de petits cabanons multicolores.

Repères

Guadeloupe : la Désirade, terre première de l’Atlantique
Office de tourisme
- Sur place : face au débarcadère, tel 590 85 00 86
- A Pointe-à-Pitre : 5 square de la Banque, Tel (590)83 89 22
- www.lesilesdeguadeloupe.com

Y aller
Transfert : En bateau au départ de Pointe à Pitre, Trois Rivières, Saint- François, Basse Terre, Marie Galante.

Liaisons aériennes
Air Caraïbe, 10 à 12 vols par semaine au départ d’Orly Sud / Tel 0820 835 835 / www.aircaraibes.com

Randonnée
Maurice Wininger , Guide animateur, accompagne , en 4x4, des balades commentées d’une demi journée (ou plus) / Tel 06 90 62 33 76 / www.desi-rando.com

Coup de cœur
Beaucoup de chambres d’hôtes et locations sur l’île (voir OT) et deux hôtels. A quelques pas du débarcadère le Oualiri Beach Hôtel : établissement à dimension humaine d’une dizaine de chambres « les pieds dans l’eau ». On peut tout prévoir avec l’hôtel comme base de départ : pêche, canoë-Kayak, excursion, rando... Côté cuisine la patronne vous demande ce que vous souhaitez. Il y a la pèche du jour mais on peut aussi se laisser tenter par la langouste (créole ou grillée) ou le cabri sauvage (spécialité locale). Le patron accueille et raccompagne ses clients au débarcadère. Renseignements et réservations : oualiribeachhotel@wanadoo.fr / www.im-caraibes.com/oualiri/

Mercredi 4 Mai 2011 - 14:57
Jean-Paul COMBE


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