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Jeudi 17 Septembre 2009 - 13:47

Grippe A : un touriste français paie seul son rapatriement


Dominique Billoux a contracté en Grèce une forme aggravée de la grippe A. Hospitalisé dans des conditions difficiles, lâché par sa société d'assistance, il est rentré grâce à ses proches.



Une semaine après être arrivé en Grèce, il tombe brusquement malade / DR
Une semaine après être arrivé en Grèce, il tombe brusquement malade / DR
Il y a quelques jours, il était encore en Grèce, hospitalisé dans une clinique à Patras. Aujourd'hui, Dominique Billoux se remet doucement.

Cet homme originaire de Castres a contracté la grippe A pendant ses vacances début août.

Une semaine après être arrivé, il tombe brusquement malade. Forte fièvre, quinte de toux, douleurs, évanouissement : il est hospitalisé en clinique sur les conseils de son assureur, Europ assistance.

Il s'est assuré en payant le voyage avec sa carte de crédit.

Mais sur place, les médecins sont hésitants : angine, pneumonie, grippe A ? La barrière de la langue n'a pas facilité la situation.

"Impossible de communiquer, de savoir ce qui arrivait à mon mari", raconte Lysiane, sa femme à Ouest-France. "Je n'avais personne sur place. Nos amis étaient rentrés en France quelques jours plus tôt. La compagnie qui organisait le séjour ne pouvait rien faire. Et Europ assistance bataillait de son côté pour obtenir les informations concernant mon mari."

La situation se complique. D'autant que la santé de Dominique Billoux s'aggrave. Le diagnostic tombe : les médecins parlent d'une forme aggravée de la grippe A H1N1.

Et à partir de ce moment, Dominique Billoux n'est plus assuré. "Nous avons cessé la prise en charge lorsque le diagnostic de la grippe H1N1 est tombé car son contrat d'assurance ne prend pas en charge les risques épidémiques", explique Nicole Pochat, directrice Marketing d'Europ Assistance.

En plus, jugé trop faible, il ne peut pas être rapatrié. Entre la vie et la mort, il est transféré à l'hôpital de Patras en soins intensifs, où il est plongé dans un coma artificiel. Ses poumons sont touchés. Les médecins grecs le pensent perdu.

Plus de 20 000 euros pour le rapatriement

À Castres, ses amis et sa famille alertent les autorités françaises en Grèce. "Il fallait agir. Les bilans de santé n'étaient pas bons du tout. On craignait le pire. Et les médecins tardaient à agir", se souvient son meilleur ami, infirmier de profession.

Début septembre, il sort finalement du coma. Mais sa famille craint le pire et décide de tout faire pour le rapatrier.

L'assureur Europ Assistance a définitivement clôturé le dossier le 1er septembre. "Nous ne pouvions plus rien depuis que le diagnostic de la grippe A était tombé, cependant, nos équipes de médecins ont continué de suivre son état de santé", précise la responsable.

Seule solution pour la famille : financer elle-même le rapatriement. Plus de 20 000 euros à trouver. Ses proches sensibilisent leurs entourages pour récolter la somme.

Ils arrivent à mobiliser une équipe de médecin-infirmière bénévoles, du matériel et une logistique. Un avion spécial est loué pour aller le chercher à Patras. Le Castrais rentre en France le 11 septembre.

Prendre une assurance spéciale

Aujourd'hui, Dominique Billoux devrait recouvrer ses moyens pulmonaires et physiques. La rééducation sera longue.

"Mais il est là. Vivant, commente sa femme. Il faut maintenant que les gens sachent qu'en cas de grippe A à l'étranger, les assurances ne peuvent rien pour vous. Je suis scandalisée. Elles nous ont laissé tomber."

Pour remédier à cette situation, les voyagistes et les compagnies d'assurance conseillent aux touristes de compléter leur assurance traditionnelle avec une autre spéciale grippe A.

Chez certains, il faudra débourser de 5 à 35 euros et chez d'autres, il ne vous en coûtera rien. "Le risque est aujourd'hui avéré, nous conseillons fortement aux voyageurs de se prémunir", ajoute Nicole Pochat d'Europ Assistance.

Et pour ceux qui ont acheté leur séjour le printemps dernier, avant l'apparition de la grippe A, pas de panique. Vous pouvez souscrire une assurance spéciale de manière rétroactive avant votre départ. Renseignement auprès de votre agence de voyage.

Sans une assurance spéciale, aucun touriste n'est couvert contre la grippe A

Il faut bien comprendre, la plupart des contrats d'assurance traditionnels, ceux de votre carte de crédit, ceux que les voyagistes vous proposent, ne prennent pas en compte certains facteurs comme les guerres, les catastrophes naturelles.

Et les épidémies. Quelles qu'elles soient : grippe A ou toute autre définie par l'Organisation mondiale de la Santé.

Or le 11 juin dernier, l'OMS "a conclu que les critères définissant une pandémie étaient remplis". Alors, les assureurs font jouer cette mesure pour appliquer la clause d'exclusion. C'est notamment le cas dans cette affaire.


Jeudi 17 Septembre 2009 - 15:25
La rédaction

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