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Par Jean-François Rust, publié le 20 Mai 2008.
Gironde : joyeuse « mascarade » d’estuaireLorsque le mascaret arrive en Gironde, il transforme en quelques minutes la placide Dordogne en mini spot hawaïen. Des centaines de lurons enfourchent alors surfs et canoës pour affronter ce tsunami de poche.
Le mascaret est un phénomène naturel unique. Confrontations quotidiennes entre la marée montante et descendante, il se produit toute l’année près de l’embouchure de la Dordogne et de la Garonne mais n’est spectaculaire qu’aux fortes marées d’équinoxe, au printemps et à l’automne.
A Saint-Pardon, hameau posé rivé gauche de la Dordogne, entre Libourne et Bordeaux, l’événement ne passe pas inaperçu. Depuis quelques années, il fait l’objet d’une médiatisation qui surprend les anciens riverains. Ceux-là mêmes qui s’amusaient gamins à sauter la vague sur de vulgaires planches de bois voient arriver de toutes parts jeunes surfeurs lookés et familles en canoës, avides de sensations fortes. Il en vient d’Aquitaine, de France et de Navarre, d’Allemagne, d’Angleterre, de Suède… Clientèles de plage biarrote et des gorges de l’Ardèche réunies, le temps d’un gros ressac ! Saint-Pardon est l’endroit où la vague est la plus forte, à cause du lit resserré. On peut choisir y être spectateur ou, plus original, acteur. Dans le premier cas, il faut arriver tôt. Le jour dit, des milliers de curieux s’agglutinent sur les berges boueuses, excités par le fort coefficient de marée promis par le bulletin officiel. Objectif : entendre gronder la vague et s’amuser au passage des « glisseurs », entraînés parfois jusqu’aux portes de Libourne. Se laisser porter par le courant Le choix sportif, lui, se fait en tout amateurisme et dans un sympathique délire. Tous les acteurs, quasiment, viennent avec leur propre matériel, surfs, canoës, kayaks, body board... Des jeunes bronzés et body buildés, des familles avec enfants, quelques seniors intrépides. Il n’y a pas de point de location, l’organisation est limitée au minimum. « Il y a 300 à 380 personnes dans l’eau aujourd’hui », estime Christian Rollet, le Président de l’Association du Mascaret et de la Bonne Entente du Quartier, alors que les participants se précipitent à l’eau dans un joyeux désordre. Plusieurs minutes avant la vague, il faut en effet se laisser emporter par le courant pour attraper l’onde en aval, au débouché d’un coude de la rivière. La voilà l’onde, annoncée par un grondement sourd semblable au bruit d’une moto. Murmures dans la foule, jumelles en action. Sur la crête de la vague, au loin, une ligne plus sombre annonce les équilibristes, dont les mains se joignent dans un ballet gracieux. Ils s’approchent et passent enfin, fiers et droits sur leurs planches, devant les spectateurs. Derrière, d’autres « rament » dans les remous noirs, doublés par la première vague. Au bord de l’eau, il faut vite reculer : le marnage atteint parfois 4 à 5 mètres ! Encore un peu et tous reviennent, trempés, heureux, vidés. Finalement, pas si tranquille, le mascaret ! Reste à se sécher et à aller « refaire la vague » au café du Port, dans un brouhaha communicatif. Nouveau commentaire :
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