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Lundi 3 Octobre 2011 - 16:00
Espagne : Barcelone à l’avant-garde méditerranéenneLa capitale catalane ne cesse de se réinventer. Les édifices audacieux d’hier sont devenus monuments, tandis qu’un urbanisme moderne continue à faire vibrer la ville. Au grand bonheur des touristes, séduits par sa convivialité sudiste.
S’endormir sur ses lauriers n’est pas du goût de Barcelone. Il faut dire que lorsqu’on incarne la fierté catalane, il impose de montrer au monde son visage le plus orgueilleux.
Port historique de Méditerranée, l’un des premiers aujourd’hui pour les marchandises et les croisières, Barcelone s’est offert une première vitrine dès le mitan du XIXème s., quand l’expansion industrielle a dirigé vers la ville des cohortes « d’expatriés » du reste de l’Espagne. Le quartier de l’Eixample qui ceint la ville historique, avec ses rues au cordeau et ses résidences Art Nouveau, est le parfait témoin des fortunes ostentatoires de l’époque. C’est l’heure bénie des Gaudí et consorts, architectes visionnaires et brillants. Ils installent dans le paysage des édifices impossibles, comme la célèbre Sagrada Familia, cathédrale inachevée et premier site visité de la ville. Ou la casa Batló et le Palais de la musique catalane, œuvres ludiques et colorées. Animations sur les Ramblas
Face au nouveau règne de la place de Catalunya et du paseo de Gràcia, épicentres de la cité, la vieille ville des marins et des pêcheurs n’avait qu’à bien se tenir ! Chéri par les romanciers, le mythique Barrio Chino, antre d’excès et d’avilissements, n’a pas résisté à l’évolution.
Finis les maisons de passe, les voyous et l’atmosphère populaire. Placettes et ruelles, jusqu’au quartier voisin du Barrio Gòtic, ont pris le chemin d’une sorte de modernité jusqu’à devenir les repaires du nouvel art de vivre barcelonais. Cafés, restaurants, attractions…, les touristes se pressent sur les célèbres Ramblas à l’animation effrénée. Quand ils se perdent dans le lacis urbain alentour, ils tombent sur la plaza Reial et ses arcades régulières, le grand théâtre del Liceu rescapé d’un terrible incendie, la plaza del Rei qui accueillit Christophe Colomb, la cathédrale de la Seu et son plan bizarre, les marchés Santa Catarina et de la Boqueria et leurs odeurs excessives. Et partout cette convivialité légendaire, mélange d’empathie méditerranéenne et de joyeuseté propre aux cités que rien n’effraie. Une façade maritime reconquise
Et la mer, direz-vous, quelle place tient-elle dans le cœur des barcelonais ? La place d’une jeune première, d’une fiancée que l’on n’aurait jamais trop regardée avant de s’apercevoir de son indicible beauté. Il aura fallu attendre les Jeux Olympiques de 1992 pour que la ville retrouve une âme marine.
Certes, le port existait mais ses activités industrielles avaient depuis longtemps été transférées au sud-ouest de la ville, loin des urbanités. En construisant la cité olympique dans le quartier littoral de Sant Martí, les autorités ont fait du front de mer l’échappatoire à la mode de Barcelone. Promenades aménagées, lieux branchés et festifs, centre de loisirs Maremagnum, port de plaisance, plages reconquises : la jeunesse – et les touristes – jouissent sans retenue de cette ouverture maritime. Les nouveaux urbains sont aussi partis à l’assaut d’autres quartiers. Sant Martí est devenu le terrain de prédilection des lofts et des bureaux. Un territoire « efficace » qui contraste avec l’atmosphère intimiste de Gràcia. Juste au nord de l’Eixample, ce quartier à l’identité de village bruisse le soir – et la nuit – des débordements d’une jeunesse avide de fêtes et d’échanges. A la pointe de l’architecture et du design
En rejoignant Gràcia, le visiteur a franchi une frontière symbolique : la Diagonal. Coupant comme son nom le laisse supposer la ville de part en part, c’est autour de cette avenue que s’organise le futur de Barcelone, car la cité n’est pas prête de s’assoupir !
Si au nord-ouest de la Diagonal les quartiers de Pedralbes, Sarrià et Sant Gervasi protègent depuis longtemps leurs résidences chics derrière de hauts murs, il en est tout autrement au nord-est, où la capitale catalane voit toujours plus grand avec son projet urbain baptisé 22@. Forum Barcelone 2004, tour de l’hôtel Princess, tour Agbar de l’architecte français Jean Nouvel (142 m de haut)…, le design et la création ont plus que jamais droit de cité. Devenue « tentacule », la ville mérite alors une vue d’ensemble. Rien de plus facile depuis la colline de Vallvidrera, gravie à l’aide de son antique funiculaire. A près de 400 m au dessus de la mer, Barcelone exprime à ce moment tout le talent d’une cité où la nostalgie n’a pas cours. Pour préparer son séjour : www.spain.info/fr Lundi 3 Octobre 2011 - 16:02
Jean-François Rust
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