Loading




tourmagazine.fr



Notez
Lundi 17 Janvier 2011 - 08:44

Emeutes - Tunisie : des touristes ont décidé de rester


A Djerba, en Tunisie, les touristes qui ont eu le choix, ont décidé de rester, le week-end du 15-16 janvier 2011.



Emeutes - Tunisie : des touristes ont décidé de rester
En Tunisie, les touristes partis avec des tours-opérateurs sont rapatriés les uns après les autres, samedi 15 janvier 2011, avec une certaine précipitation, ceux de Thomas Cook et de TUI en tête et parfois contre leur gré.

Devant les images réelles d'émeutes et l'incertitude politique du moment, les voyagistes et agents de voyages n'avaient guère d'autre alternative. Cependant, à Djerba, d'où j'écris ces lignes, la plupart des touristes qui ont eu le choix ont décidé de rester.

Les violentes manifestations hostiles à Ben Ali font aujourd'hui partie du passé. Le souvenir de leurs victimes restera à jamais dans l’histoire de la Tunisie.

Beaucoup des bâtiments incendiés et détériorés étaient directement liés aux intérêts des familles Ben Ali et Trabelsi.

Les médias tunisiens affirmaient dans la soirée du samedi 15 janvier que les casseurs en marge des manifestations avaient été arrêtés.

Il reste encore la crainte que la garde rapprochée de Ben Ali qu’on appelle ici la "milice" ne perpétue saccages et exactions afin d’alimenter un sentiment d’insécurité et de chaos.

Selon l’homme de la rue, ce sont ces miliciens qui tiraient à balles réelles sur les manifestants.

Dimanche 16 janvier, en fin d'après-midi les forces militaires régulières ralliées au gouvernement transitoire assiègent le palais présidentiel de Carthage où les miliciens se seraient regroupés.

Un certain nombre d'entre eux auraient d'ores et déjà été arrêtés dans la région de Tataouine alors qu'ils fuyaient vers la Libye.

Les Tunisiens découvrent la liberté de parole

A Tunis et dans les grandes villes, habitants et commerçants s’organisent en comités de quartier pour prévenir tout danger tandis que l’armée assure la garde des bâtiments publics, des gares, des ports et des aéroports.

Au fil des heures la situation évolue. Comme le veut la Constitution tunisienne, le président de l’Assemblée Nationale assure l’intérim de la Présidence de la République. Un Gouvernement provisoire est en préparation.

Sur place, quelque chose de nouveau est d’ores et déjà perceptible : la liberté de parole. Les Tunisiens parlent ouvertement politique entre eux et avec les touristes. Beaucoup se disent fiers et heureux en dépit du prix à payer.

Selon les réseaux sociaux tunisiens, à aucun moment les touristes n’ont été importunés dans les nombreuses zones touristiques et dans les hôtels.

Les Tunisiens se sont soulevés pour la liberté et l’emploi. L’emploi, pour beaucoup, c’est le tourisme !

A Djerba, la douceur de vivre garde le pouvoir

Alors que dans les stations touristiques de la région de Tunis et du Cap Bon les touristes étaient sécurisés dans leurs hôtels, à Djerba la douceur de vivre gardait le pouvoir.

Cette île du sud tunisien semble être un monde parallèle au vu des images des violences de la capitale.

Accessible soit par avion par une route à 2 voies de 8 kilomètres qui traverse la mer, elle est facilement sécurisée. La zone touristique est d'un calme olympien. Les touristes jouent au golf, font des balades en quad ou en calèche.

A titre d'exemple : le Radisson a gardé ses clients individuels français après avoir eu le samedi 15 janvier le feu vert de l'Ambassade de France qui a exigé d'avoir leur liste. Ils demeurent donc sur place après avoir signé une décharge.

De leur côté les Tunisiens ont vu partir en masse les touristes avec un désarroi certain.

"Il y a trois jours, 30 % de la jeunesse tunisienne était au chômage. Dans trois jours ce sera 100 % pour tous ceux qui travaillent dans le tourisme", se désolait un plagiste détenteur d’un master en informatique de gestion.

Néanmoins, la majorité des touristes français, de retour de Tunisie dimanche 16 janvier 2011, à l'aéroport de Roissy, ont vécu des vacances plus ou moins perturbées.

Selon le Syndicat national des agences de voyage (SNAV) la "quasi-totalité" des touristes français bloqués en Tunisie seront rentrés lundi 17 janvier 2011. Allemands et Britanniques ont pour la plupart d'entre eux été rapatriés dimanche.

Lundi 17 Janvier 2011 - 17:09
Michèle SANI

News | Transport | Croisière






RSS | Facebook | Newsletter | Ajout aux favoris


tourmag.com brochuresenligne.com mytourmag.com dmcmag.com