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Lundi 21 Décembre 2009 - 15:57

Dijon : côté cours, côté jardins


Berceau des Ducs de Valois, capitale de province du Royaume de France, Dijon a connu des époques fastes dont l’architecture parle avec brio. Les maisons et hôtels particuliers montrent les apparats de ces temps là, tandis que parcs et jardins donnent l’occasion de bouffées « vertes » relaxantes. Deux « fils rouges » de visite pour profiter, aussi, des étoiles gourmandes de la cité !



1/ Hôtels particuliers, bourgeois et parlementaires bien en cour…

La Place de la Libération / D.R
La Place de la Libération / D.R
Négociants du XVème siècle, noblesse de robe du XVIème au XVIIIème siècles : les uns ont tiré profit de la puissance du Duché, les autres des largesses royales accordées à la province. Tous ont édifié de somptueuses demeures et dans près de trente rues et places du Vieux Dijon, 70 hôtels particuliers sont classés. Des emblèmes de chic et de charme à voir absolument.
 
Trois quartiers, pour faire simple, se partagent l’honneur d’accueillir ces remarquables témoins du passé : ceux du Palais des Ducs, du Palais de Justice et de l’ancienne église Saint-Jean.
Dans le premier trouvent place les plus vieux édifices.

La rue de la Verrerie, à l’arrière du Palais des Ducs, est celle qui rappelle le mieux ce que fut le Dijon médiéval. Etroite, avec ses maisons XVème siècle à pans de bois sur encorbellement, elle donne une idée claire de l’activité commerciale de l’époque, alors grouillante d’échoppes et d’artisans.

À côté, la rue de la Chouette est doublement célèbre. D’abord par sa chouette, sculptée dans un contrefort de l’église Notre-Dame. Par réflexe ou conviction, des dijonnais viennent toujours caresser l’effigie, de la main gauche. Vœu exaucé, selon la croyance !

Célèbre, aussi, pour deux superbes édifices, la maison Millière (XVème siècle) et l’hôtel de Vogüe. Construit début XVIIème siècle pour le sieur Bouhier, conseiller au Parlement de Bourgogne, l’hôtel illustre à merveille le concept de cour intérieure, isolée du bruit et de la foule par un porche à arcades. Un authentique « salon de plein air », intimiste, fortement inspiré de la Renaissance italienne.

Place Francois Rude / D.R
Place Francois Rude / D.R
Partout, des hôtels "parlementaires"

Après un crochet par les halles (1871) et leur marché – les « vrais » dijonnais vont faire leurs courses le vendredi -, rendez-vous rue des Forges. Au n°34, voilà l’hôtel d’Henri Chambellan (XVème s.), joyau d’architecture gothique avec, dans la cour, escalier à vis et galerie en bois sculpté. Au n°38, arrêt Renaissance devant l’hôtel Maillard, dont la petite cour intérieure est ornée de quatre beaux Atlantes et d’un escalier à l’italienne (XVIème s.).

En traversant le Palais Ducal et sa cour d’honneur (ascension de la tour Philippe-le-Bon conseillée, pour la vue panoramique ), voici la place de la Libération, en forme d’hémicycle, symbole de la puissance dijonnaise au XVIIème s. En face, débute le quartier du Palais de Justice, l’ancien parlement de Bourgogne, que les ducs obtinrent de transférer de Beaune à Dijon lors du rattachement de la province au royaume, en 1480.

Tout autour, pléthore d’hôtels parlementaires ! Au n°21, rue Vauban, l’ancien hôtel Chissey-Varanges (XVIème s.), remanié fin XVIIème s. Magnifique cour en hémicycle et exceptionnel portail sculpté, côté cour, d’une scène en forme de rideau de théâtre. L’histoire dit que Mozart serait venu jouer dans cet hôtel, en 1677, invité par le Prince de Condé. Au n°23, rue Amiral Roussin, l’hôtel des Fyot de Mimeure, conseillers au parlement. Jolie façade Renaissance devant une petite cour jonchée de feuilles à l’automne.

Mozart, artiste de passage

Le quartier Saint-Jean, enfin, concentre une belle brochette d’hôtels particuliers. Pas moins de sept dans la rue Berbisey ! Au n°3, l’hôtel Le Compasseur (XVIème-XVIIème s.) est remarquable par sa tourelle d’angle, donnant sur la cour. Au n°6, belle cour pavée devant la façade dépouillée de l’hôtel de Blancey, secrétaire des Etats de Bourgogne. Au n°19, l’hôtel Berbisey, avec petite cour et galerie en bois. Au n°33, l’hôtel de Ruffey, Président de la Chambre des Comptes.

Partout à Dijon, d’autres ensembles avec cours sont à dénicher. Ils confirment l’exceptionnel destin patrimonial de la ville.

2/ Jardins dijonnais, sacrées histoires vertes…

Le jardin Darcy / D.R
Le jardin Darcy / D.R
Récents ou historiques, la capitale bourguignonne se distingue avec 700 hectares de parcs et de jardins publics. De formidables espaces de respiration pour les dijonnais et les touristes qui peuvent se ressourcer et se remémorer à bon compte l’histoire de la cité. Treck urbain à la poursuite des « diamants verts ».

Qu’il est bon comme touriste de pouvoir se reposer un peu ! Par chance, Dijon compense le « surmenage » du à la profusion de patrimoine en proposant une dizaine de jardins à suppléments d’âme.

Adossé au Palais Ducal, celui des Ducs est le plus ancien et le plus romantique. Doté d’arbres centenaires, il fut créé pour Marguerite des Flandres, épouse de Philippe Le Hardi, 1er duc de la maison de Valois.

Pourtant, c’est Isabelle du Portugal, femme de Philippe-Le-Bon (3ème duc), qui en fit, dit-on, son havre préféré. En tout cas, il offre une respiration bienvenue au cœur du tissu urbain.

Autre jardin de ville « coup de cœur », le square Carrelet de Loisy. Au XVème s., il était inclus dans l’enceinte de l’abbaye médiévale de Saint-Etienne, dont l’église abrite aujourd’hui des bureaux. A l’automne, il dégage un vrai charme, avec son bassin, ses grands arbres et ses feuilles jaunies au sol.

Romantique automne

Bien connu des dijonnais comme lieu de rendez-vous – ils s’y retrouvent à « l’ours de Pompon » -, le jardin d’Arcy, au bout de la rue de la Liberté, célèbre le rapport de la ville avec l’eau. Ici, l’ingénieur Darcy érigea au XIXè s. un réservoir de captation d’une source voisine.

"Dijon périra par le Suzon", disait-on autrefois, en référence sans doute aux inondations qu’aurait pu provoquer cet affluent de la Saône qui, comme l’Ouche, coule aujourd’hui sous la ville. Jardin d’Arcy, un superbe monument de style néo-Renaissance célèbre l’eau « nouvelle » par un bassin et des jeux de cascades, tandis qu’essences européennes et exotiques font de ce carré vert une halte d’ombre et de repos.

Faisons encore un saut dans le Vieux Dijon, du côté de la rue Sainte-Anne. Là se trouve le musée d’Art Sacré, anciennement église Sainte-Anne (XVIIème s.), reconnaissable à son dôme vert. À l’arrière, à la place d’anciens potagers, a été aménagé un agréable jardin public. L’espace est un peu secret, à l’abri des regards, tout juste troublé par les cris libérateurs des enfants de l’école voisine à l’heure de la récréation.

Dijon : côté cours, côté jardins
À la française ou "farfelus", des parcs pour tous les goûts

À pied, il est facile de rejoindre les jardins de l’Arquebuse, près de la gare. Sur près de six hectares, l’espace abrite un parc arboré et un jardin botanique de renom, aux 3 500 espèces. Ce jardin expédie des semences à près de 600 autres jardins et instituts botaniques dans le monde !

En bus, rejoignons le Parc de la Colombière, poumon vert de la ville. Prisé des joggeurs et des mamans, ce parc des bords de l’Ouche est tiré au cordeau. Pas sûr que les passants se souviennent que c’est le fils de Louis II de Bourbon, gouverneur de Bourgogne, qui le fit réaliser, au 17e, par un élève de Le Nôtre. Ce qui explique son traitement à la française et son air dégagé.

Enfin, les plus accros iront découvrir le Parc des Carrières Bacquin, au nord-ouest de la ville. Aménagé dans un ancien site de carrières, tout en pentes et en reliefs, boisé, c’est à l’automne un vrai bonheur.

Il n’y a que Maille….

Aller à Dijon sans goûter à la célèbre moutarde relève du crime de lèse-majesté. Pour tous les dijonnais, l’adresse incontournable est la boutique Maille, rue de la Liberté. Comme dans les meilleures brasseries, la moutarde fraîche est vendue… à la tireuse.

Au vin blanc ordinaire (la plus forte), au Chablis ou au chardonnay, il s’en écoule 30 tonnes par an, dans les deux boutiques Maille de Dijon et de Paris. Et même si l’on n’apprécie pas le condiment, un petit tour s’impose dans le magasin dijonnais, ouvert en 1845 sous la marque Grey-Poupon et aux allures d’antique apothicairerie.

Péché gourmand

6,230 kg. C’est l’exact poids du pavé de pain d’épices, tel qu’il est fabriqué depuis des générations par la vénérable enseigne Mulot et Petitjean, place Bossuet. Il faut voir dans l’arrière-boutique Monique ou Sandie découper les blocs marron en tranches de plaisir…

Composition et tour de main ? Secret défense ! Tout juste consent-on à nous confirmer la présence de farine de froment, de jaunes d’œuf et de miel, le tout parfumé à l’anis. Pour Sandie, pas de doute, le pain d’épices est meilleur avec du beurre, "ça fait ressortir le goût du miel".

Qu’en pense le corps médical ?


Mardi 12 Avril 2011 - 11:58
Jean-François Rust


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