Difficiles d’accès - sauf par le train -, tournées vers Marseille et fréquentées sans excès, elles incarnent mieux que d’autres l’âme populaire de la cité, son lien de sang avec la mer, humble et hâbleur, léger et convivial.
L’itinéraire pédestre prend trois à heures, selon le rythme et les arrêts. Il démarre à La Redonne, calanque amphithéâtre traversée d’un viaduc ferroviaire.
Hors saison, on y arrive facilement en voiture mais si l’on vient de Marseille, mieux vaut prendre le TER, ligne Miramas par la côte, arrêt Ensuès.
La gare surplombe la calanque, son port d’alcôve, ses barques abritées. Un autre monde… coupé du monde. Surtout le soir, quand les résidents reprennent leurs aises dans l’espace abandonné par les visiteurs.
Les Figuières, calanque surprise
Le sentier les longe, soupèse leur privilège, avant de plonger pleine mer, falaises des Anthénors. On suit au pied cette paroi "normande " - sauf par vent d’est ou mer agitée, le passage est alors impossible -, en petits sauts de rochers, entre deux vaguelettes.
Voilà Les Figuières, calanque surprise. Un port de poche, une mini plage de galets et déjà la vue sur Marseille, toute blanche. Quand il fait bon, les familles sont là, la glacière bleue du pique-nique posée comme un trophée.
Le sentier version zig-zags et escalier (balisé jaune) remonte sec, direction Méjean. Résidences plus cossues, pins protecteurs : les "riches" ont toujours pris de la hauteur.
Un petit bout de route et surgit alors Grand Méjean. Vous y aimerez le temps non contraint, les cabanons joliment arrangés, "refuges" à loisirs ici, résidences secondaires là, les treilles qui courent sur les canisses des terrasses.
Mais aussi les petits garages à bateaux, le terrain de boules en surplomb du port, le port, justement, ses barques flottantes et le grand bleu horizon.
Et parfois un petit vieux en short et maillot de corps blanc, dos tanné, un petit-fils à la main…
Niolon, l’anse parfaite
La roche se fait dure et vire pourpre. Des pans entiers plongent en mer, prétextes à des siestes de crabes entre deux apnées sous-marines.
Au sortir d’un petit raidillon, Marseille jaillit d’une ouate de chaleur, allongée, interminable. Le sentier prend des hauteurs, suspendu en paroi nue d’où émergent des figuiers de Barbarie solitaires.
Il en est ainsi jusqu’à la plage de l’Erévine, crique de poche pour marcheurs initiés. Vient ensuite le rocher du Moulon et ses oiseux nicheurs, ultime verrue avant Niolon et son anse parfaite.
Avant de reprendre le train (gare de Niolon), il convient d’arpenter ce port-calanque, le plus harmonieux et poétique qui soit. Le symbole de cette Côte Bleue moins sportive mais plus humaine, et qui semble intemporelle.
Balade

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Marseille : deux nouvelles balades au cœur du parc naturel des Calanques


















