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Vendredi 4 Juin 2010 - 11:37
Châteaux de la Loire : Amboise, au bon plaisir des roisSurplombant la Loire et les toits de la ville, le château d’Amboise fut demeure royale de Charles VIII à Henri II, puis sous Louis-Philippe. Berceau de la Renaissance en Val de Loire, ce palais, pourtant fort loin de sa dimension d’origine, forme toujours un ensemble remarquable…, baigné du souvenir de Léonard de Vinci, dont les restes présumés reposent dans une chapelle.
Vue sur le Château / DR - Chateau-amboise.com
Ceux qui découvrent la superbe façade gothique tardif flanquée de la tour cavalière du château d’Amboise, en s’exclamant devant la beauté du site, devraient faire preuve de plus de mesure.
Ils n’ont pour ainsi dire rien vu ! Le château royal fut en effet jusqu’à cinq fois plus grand que sa taille actuelle, comme en témoigne une maquette de 1577 présentée à l’intérieur de la bâtisse. Diantre ! Ceci laisse augurer du rôle majeur qu’Amboise eut sur son époque, avant qu’un obscur sénateur-consul de Napoléon Ier, donataire du château pour services rendus, ne décide de sa démolition partielle, en raison de son mauvais état. Comme à Blois, le château est posté en pleine ville, sur un promontoire. Depuis le cœur névralgique d’Amboise (la place Michel Debré), on y accède par une rampe, jadis empruntée par les gardes à pied. Elle s’ouvre sur les terrasses du château, une esplanade rêvée pour profiter du spectacle de la Loire et de la forêt de toits d’ardoise, qu’on pourrait presque toucher. Mais l’œil est vite attiré ailleurs. Deux ailes perpendiculaires
Par la chapelle Saint-Hubert, isolée sur la ligne de remparts, dernière demeure présumée de Léonard de Vinci (voir encadré) ; et surtout par la subtile harmonie dégagée par les deux ailes de logis du château, en pierre blanche de tuffeau, à l’équerre, l’une de style gothique tardif, l’autre à forte influence Renaissance.
De 1422 à 1559, Amboise fut sans discontinuer un château royal. Sous Charles VII, il héberge les francs-archers. Louis XI le choisit pour résidence de la Reine. Charles VIII y naît en 1470 et y règne dès 1483, avec son épouse Anne de Bretagne. Il est à l’origine de la transformation de la demeure médiévale en palais gothique. Décédé prématurément, suite à un coup de tête malencontreux dans un linteau de porte du château (à 28 ans…), Louis XII, son cousin, lui succède et poursuit les travaux de l’aile perpendiculaire engagés par son oncle. François Ier y est éduqué. Une fois Roi, il fera d’Amboise un château « au goût italien », en surélevant d’un étage, à la mode Renaissance, l’aile Louis XII. Henri II, enfin, fait construire une troisième aile, aujourd’hui démolie, tandis que sa femme, Catherine de Médicis, introduit l’art de vivre italien à Amboise. Visite chronologique
Plus tard, au début du XIXième s., remanié, démantelé, le château revient dans l’escarcelle des Orléans. Les salles de l’étage de l’aile Louis XII-François Ier reflètent le mieux la période Louis-Philippe, avec un mobilier et une décoration typiquement XIXième s.
Ailleurs, le visiteur traverse l’Histoire, royale, au fil des salles. L’avantage de découvrir le château selon la chronologie du temps est d’imprimer l’esprit, clairement, de l’évolution des styles. Voici la façade Charles VIII et ses lucarnes à pinacles, typiques du gothique tardif. En dessous, les crochets muraux supposent qu’une galerie de service, jamais construite, aurait du prendre place. La galerie avec vue sur la Loire, nommée promenoir des gardes, rappelle la vocation défensive du château. A l’étage, dans la salle du Conseil aux murs de briques, plus grande pièce du château, se tenait, en présence du Roi, l’équivalent de notre conseil des ministres… Deux tours cavalières
Changement de style dans l’autre aile, franchement Renaissance. En témoignent, déjà, les lucarnes extérieures à pilastres, révélatrices de l’époque.
Ainsi que les tables à l’italienne de la salle de l’échanson et le mobilier, décoré, ici ou là, de motifs à perspective en trompe l’oeil, typiques de l’art italien. Le visiteur n’en a pas fini avec les bonnes surprises, avec le jardin et les incroyables deux tours cavalières (voir encadré visite des coulisses). On en vient à regretter franchement de ne pas avoir connu Amboise dans ses atours les plus accorts, lorsque collégiale, jeu de paume et aile Henri II (également détruits), emplissaient tout l’espace. Ici gît… Léonard de Vinci
Pourquoi tant de visiteurs d’italiens se précipitent-ils dans la chapelle Saint-Hubert, mitraillant avec leur appareil photo ce remarquable édifice gothique flamboyant, achevé par le Roi Charles VIII ?
Pour voir le tombeau présumé de Léonard de Vinci, dont les restes auraient été enfouis ici ! C’est bien là que semble en effet reposer le génie de la Renaissance, dans cette chapelle dédiée au saint patron des chasseurs qui servit de sanctuaire privé aux souverains. On sait que Léonard de Vinci fut convié à Amboise par François Ier, en 1516. Il y vécut trois ans, au château de Clos-Lucé, à deux pas de la résidence royale. Décédé en 1519, il fut inhumé, selon sa volonté, au château d’Amboise, dans la collégiale Saint-Florentin, un édifice roman du XIIième s. situé jadis dans l’enceinte du château et démoli au XIXième s. par Ducos, le sénateur-consul. C’est à cette occasion que des ossements furent retrouvés, dont ceux présumés de Léonard de Vinci, transférés dans la chapelle Saint-Hubert. Pratique
Se renseigner
Office de Tourisme du Val d’Amboise Quai du Général de Gaulle 37402 Amboise Tel : 02 47 57 09 28 Site : www.amboise.valdeloire.com Château Royal d’Amboise 02 47 57 00 98 www.chateau-amboise.com Vendredi 4 Juin 2010 - 11:38
Jean-François Rust
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