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Lundi 26 Septembre 2011 - 08:37
Château de La Barben : quand les souterrains racontent le Moyen-ÂgeChaque année aux beaux jours, le château de la Barben ouvre ses sous-sols pour une étonnante itinérance médiévale. Depuis les couloirs sombres, des siècles de cruautés vous contemplent…
Le guide accueille le public avec la voix de stentor d’un preux chevalier qui vous transporterait sans coup férir vers l’obscur Moyen-Âge…
Messire Thibault de Saint Hilaire, alias Marc Dagand, carré et preste, aurait pu vivre au 13ème s.. A défaut de remonter le temps, il se travestit, comme pour mieux l’approprier. C’est donc en sa compagnie que l’on remonte le sombre couloir souterrain de La Barben, celui-là même qu’empruntaient jadis les écuyers à cheval de retour au château. Cachot et oubliette
En se jour froid de printemps, l’humidité fait luire la pierre et ruisseler le sol. Ambiance… Sire Thibault saisit son archer et mime les perfidies inventées par les aïeux pour déchirer plastrons, côtes de mailles et heaumes des combattants, partis affronter la mort. A supposer qu’ils échappent aux assauts, d’autres tourments les attendaient.
Dans les caves voutées du château, par exemple où, dormant sur la paille, les soldats n’étaient pas à l’abri de quelques boulets. Même les paysans devaient craindre le pire : leurs jacqueries étaient « payées » de mois de cachots sans lumière ni toilettes, entassés à cinquante dans un réduit obscur. Encore avaient-ils la « chance » d’échapper à l’oubliette. Là croupissaient les opposants « politiques », mis au fer « et qui ne tenaient pas plus de six mois », fait trembler sire Thibault. On frissonne en parcourant l’étroite prison, tandis que les enfants s’esclaffent pour mieux conjurer leur trouille… Piques, lances…
Ce n’est pas fini. Après un intermède plus chaleureux devant le four à pain et le pressoir à olives – on ne faisait pas que tuer et embastiller, on ripaillait aussi beaucoup, au Moyen Âge ! -, voilà que l’on pénètre dans la « salle d’armes ». Un autre cave voûtée remplie d’armes d’attaque et de protections médiévales.
Les plus jeunes poussent des oh ! et des ah !, impressionnés devant les lances, piques, herses et autres fantaisies tranchantes. « Il n’y avait pas de Convention de Genève à l’époque et tout cela pouvait faire grand mal », tonne Thibault, des accents du Jean Reno des Visiteurs dans la voix… Vite, la lumière, que l’on retrouve un peu de civilité ! Pour en savoir plus : www.chateaudelabarben.fr Du 2 Avril au 13 Novembre : Ouvert tous les jours. Visites : toutes les heures de 11h à 18h (sauf 13h) Lundi 26 Septembre 2011 - 08:37
Jean-François Rust
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