Dans ces provinces de l’ouest camerounais, les chefferies sont une tradition de plus de sept siècles, toujours vivace et parfaitement reconnue par l’administration centrale. Avant la colonisation, c’étaient des micro-royaumes souverains.
Ce sont aujourd’hui des entités mi-politiques mi-religieuses, fédérées par un sentiment d’appartenance à un groupe dirigé par un chef.
Ces groupes de tailles inégales – de 5000 à plus de 150 000 habitants – accueillent des familles sans lien de parenté entre elles et ont évolué au fil des conquêtes et des siècles.
N’est pas roi qui veut
Et pour cela, il lui faut démontrer de multiples qualités. Si le pouvoir est généralement transmis de père en fils, ce n’est pas une obligation et tous les fils du chef (plusieurs centaines en fonction du nombre de femmes) peuvent accéder au trône.
En fait, il est choisi le plus souvent par le Conseil des Neuf, qui assiste le chef dans toutes ses décisions, et ne connaît sa nomination que lors des funérailles de son père.
Il doit ensuite faire la preuve de sa fertilité en s’isolant soixante-douze jours (anciennement neuf mois, probablement avant de connaître l’échographie) pour rendre enceinte l’une de ses femmes, de préférence d’un garçon pour la succession…
Un rôle d’intermédiaire indispensable et délicat
Il est l’intermédiaire des ancêtres qui détiennent tous les pouvoirs, mais peut être destitué à tout moment par le Conseil des Neuf.
Il détient surtout la puissance du "Ké" qui lui permet de se transformer en animal, deuxième élément du monde des vivants, avec lequel le Bamileke négocie souvent pour en faire un totem, une doublure protectrice.
Un habitat qui raconte une histoire
Quartiers résidentiels des femmes, bois sacré réservé au chef et aux notables, domaines des sociétés secrètes qui régissent les divers secteurs de la vie en communauté, le tout bien sûr interdit aux étrangers, sont reliés par des passages ouverts ou fermés mais toujours en harmonie symbolique avec la nature qui nourrit l’homme africain, ésotériquement et physiquement.
Un voyage à entreprendre les yeux et l’esprit grands ouverts
Pour les nostalgiques d’une Afrique authentique et magique, pour ceux qui peuvent se passer d’hôtels cinq étoiles au confort international, le Cameroun propose un séjour étonnant. "L’Afrique en miniature" dit le ministère du Tourisme.
Sans doute, avec son mystère et son décalage par rapport à notre monde en folie, avec son mode de vie "royal" et pourtant si réellement démocratique, avec ses plages aussi sublimes que désertes autour de Kribi et Limbe, avec ses parcs protégés semés de cascades et peuplés de singes drills colorés, l’ouest camerounais est une destination « émergente » à découvrir d’urgence.
Quelques adresses :
- Le centre de protection des drills à Limbe : www.limbewildlife.org
- Ebogo, site d’écotourisme fluvial à 1h de Yaoundé : www.ebogo-cameroun.com
- A Kribi, Hôtel Ilomba, petit paradis en bord de plage, avec accueil suisse : hotelilomba@gmail.com
- Les meilleurs tarifs aériens sur vols réguliers : Brussels Airlines, www.brusselsairlines.com
Balade

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