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Lundi 7 Avril 2014 - 09:46

Biarritz : une côte remarquable, iodée et sportive

« L’esprit mer »


D’Ilbarritz à la pointe Saint-Martin, Biarritz dévoile une côte remarquable, linéaire et déchiquetée, iodée et « sportive », et scandée de jolies haltes marines, le musée de la Mer et la Cité de l’Océan et du Surf. Et l’absence de sentier littoral invitant à des incursions urbaines, l’itinéraire pédestre découvre deux quartiers riverains méconnus et populaires, Bibi Beaurivage et Saint-Charles. Loin de l’image huppée véhiculée par la station.



S’il y a un « endroit », pourtant, à Biarritz, insensible à l’esbroufe et au luxe, c’est bien l’Atlantique - DR : JF Rust
S’il y a un « endroit », pourtant, à Biarritz, insensible à l’esbroufe et au luxe, c’est bien l’Atlantique - DR : JF Rust
Biarritz, station friquée, dandy ?

Comme toujours, les clichés ont la vie dure et la part de vérité qu’ils contiennent empêche souvent d’observer correctement l’envers du décor. S’il y a un « endroit », pourtant, à Biarritz, insensible à l’esbroufe et au luxe, c’est bien l’Atlantique.

Pas l’océan de la plage Miramar ou du Casino, non, spots touristiques trop « élégants » à notre goût, surtout en haute saison.

On veut parler de la mer fantasque de la plage d’Ilbarritz, du spectacle vivifiant des surfeurs Côte des Basques, des rochers lustrés par la houle Villa Belza, des fragiles falaises de la pointe Saint-Martin.

Et de quartiers adjacents où vibre un Biarritz plus humain, comme Bibi Beaurivage et Saint-Charles. Alors, plutôt que de fréquenter boutiques et salons de thé, mettons cap au sud, jusqu’à Bidart, pour entamer une « remontée » côtière sac à dos qui devrait modifier un peu la façon de percevoir Biarritz.

Ce jour là, le temps est au coup de tabac. Tant mieux. Rien n’est plus juste qu’une mer en colère.

Au golf d’Ilbarritz, la météo n’empêche pas les joueurs de swinguer mais elle rend notre passage plus discret.

En rejoignant, l’air de rien, le trou n°4, on glisse sous le fantomatique château d’Ilbarritz (volets fermés, balcons rouillés) pour écouter la houle, en bas, marteler comme un boxeur ivre le sable de la plage d’Ilbarritz.

Une fois franchis un tunnel et un grillage golfiques (cela doit rester entre nous…), la furia de la mer vous saisit à l’entrée de la Milady, une autre plage de sable brun.

C’est peut-être la raison pour laquelle le vaisseau blanc de la nouvelle et audacieuse Cité de l’Océan et de la Mer (voir encadré), prudemment, s’est posé en retrait.

Balcon sur la mer

A marée basse, on contourne aisément les rochers, pour rejoindre la plage Marbella.

Mais quand la mer est pleine, le détour par la ville, obligatoire, est très instructif. Passé le club de surf local où les membres attendent l’accalmie en fumant des substances illicites…, voici Bibi Beaurivage, un quartier de Biarritz socialement très intéressant.

A l’image de Saint-Esprit, à Bayonne, c’est ici qu’ont « échoué » les vagues d’émigrés. Réfugiés espagnols des années 1930, petites gens du sud-ouest, portugais et maghrébins ont tissé un réseau populaire, toujours actif malgré un début de gentrification.

Autour de la place Pierre Pradier et de ses commerces, un écheveau de petites rues et d’impasses distribue des maisons mitoyennes à étage, sans artifice, presque « villageoises ».

Même le maire, Didier Borotra, s’est installé ici, dans une villa toutefois plus digne de son standing. Vaillamment, des résidents « historiques » tentent de préserver l’esprit du quartier (voir portrait).

Dans Bibi Beaurivage, il y a « Bibi » (sans doute le surnom d’un commerçant qui faisait « table ouverte » dans le coin) et Beaurivage, référence à sa situation en balcon sur la mer.

Pas de doute, les maisons « basquisantes » de la rue des Falaises Beaurivage ou de l’avenue de Notre-Dame, en surplomb, ne ratent rien du spectacle de la mer. Les boulistes non plus, d’ailleurs, qui taquinent le bouchon toute l’année dans le square Jean Baptiste Lassalle.

A leurs pieds, les « Cent Marches » (en fait, plus de 200) dévalent jusqu’à la Côte des Basques.

Port Vieux, mouchoir de poche sableux

Bienvenue alors dans un autre monde, celui des vans rafistolés et des surfeurs lookés, postures cool et lunettes Oakley vissées sur des visages halés. Cliché ?

Sans doute (personne n’y échappe) mais un spectacle fascinant quand ces athlètes se décident à défier la mer, dans un face à face où la patience fait place à une énergie subite au moment où la vague, la bonne, enfin, se dresse sous la planche.

Tant qu’il y aura de la houle…

Au tournant du boulevard Prince de Galles, les rouleaux se font violents et battent au sang les rochers Cachaous. Cela fait plus de cent ans que la solitaire et bourgeoise Villa Belza entend l’océan faire des « boufs ! » de suppliciés, en se fracassant dans le « Trou du Diable ».

Ces coups de semonce annoncent l’entrée dans Biarritz. On veut dire dans le Biarritz des touristes. Il n’y a pas de honte à se mêler à la foule puisque même ici, le rivage recèle des sites puissants.

Comme le Port Vieux. A l’image de la plage des Catalans, à Marseille, il est le prolongement balnéaire naturel de la ville vers la mer.

Un mouchoir de poche sableux, abri naturel réservé au farniente ou à l’audace, comme celle dont fait preuve ce nageur « fou » qui ce jour de vagues traitresses s’en va à coups de crawl déliés rejoindre le rocher du Boucalot…

Le Rocher de la Vierge, qui succède au Port Vieux, n’est plus à présenter. Il faut s’y poster et ne rien faire, juste se soûler aux vents violents à la proue de cette vigie qui pointe son doigt vers l’Amérique.

Jeunes surfeurs et familles endimanchées

Pour reprendre ses esprits, cap sur le musée de la Mer. Un agrandissement réussi sur le thème du « Gulf Stream », en 2011, a redonné du piquant à ce fleuron Art Déco, désormais paré d’aquariums contemporains aux côtés des expositions marines et du traditionnel repas des phoques.

En sortant du musée, il est de bon ton d’embrasser le panorama sur la mer et la ville depuis le jardin de la pointe Atalaye, puis de dévaler la rampe vers le port des Pêcheurs. Drôle de radoub, ce port, sorte d’enclave de flibustiers au milieu de l’opulence biarrote.

Le jeu rigolo consiste à marcher sur les digues, en se jouant des embruns (dangereux par mer forte). Et l’autre à se glisser entre ces drôles de cabanons de pêcheurs, les crampottes (voir encadré).

Au dessus du port, Biarritz fait assaut de civilités, et puisque une infidélité marchande n’a jamais fait de mal à personne, on vous conseille de rejoindre les Halles pour discuter le bout de gras avec les poissonniers du marché.

Ou boire un café à l’Amuse Gueule, un comptoir plein de vie à même le foirail.

De retour au Casino et à l’hôtel du Palais, il reste à remonter Grande Plage et Miramar, jusqu’au phare, face à un océan toujours blanc d’écume. Sur la promenade, le choc des cultures peut faire sourire.

Se frôlant dans leur monde, de jeunes surfeurs pieds nus en combinaison néoprène croisent des familles endimanchées qui semblent sorties d’une messe à l’église Sainte-Eugénie. Signe des temps, il arrive parfois que ces mêmes combinaisons flottent aux fenêtres de l’hôtel du Palais…

Fin de côte basque

Derrière le palace trône la célèbre église orthodoxe russe.

Et derrière l’église, le quartier Saint-Charles. Quasi inconnu des touristes, il vibre pourtant d’une agréable atmosphère, avec ses petits commerces de bouche de la rue de la Bergerie et sa discrète animation aux faux airs de village.

Une fois longée la plage Miramar, que les clients d’Accor Thalassa fixent hébétés sur des transats derrière une baie vitrée, il faut monter les marches du sentier des Vagues.

A nouveau, la côte prend ses airs tourmentés mais c’est l’ultime rappel. Du haut du phare blanc (44 m), les falaises de la pointe Saint-Martin signalent la fin de Biarritz et même du littoral basque.

Au-delà, c’est le bandeau rectiligne des plages, les dunes et la forêt des Landes.

Un autre univers côtier.

Comité départemental du tourisme Béarn Pays basque
05 59 30 01 30

www.tourisme64.com

Biarritz Tourisme
05 59 22 41 71

www.biarritz.fr

Lundi 7 Avril 2014 - 09:47
Jean-François Rust

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