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Mardi 1 Septembre 2009 - 06:53
Bali, exotique et profondeL'île indonésienne est connue pour la douceur tropicale de ses plages et la qualité d’accueil des habitants. Au-delà, elle fascine par ses paysages et la préservation des rites hindouistes. Un voyage à Bali est toujours synonyme d’émotions et de sens.
Les images véhiculées par Bali sont celles d’un paradis tropical bordé d’hôtels luxueux où s’alanguissent japonais, australiens et européens en quête d’exotisme. Une part de la réalité confirme cette impression.
Depuis trois décennies au moins, Bali a fait du tourisme sa principale marque de fabrique. Bénie des Dieux, l’île est l’une des plus belles pièces de l’immense puzzle indonésien et les groupes touristiques internationaux ne s’y sont pas trompés. C’est au sud de l’île, non loin de Denpasar, la capitale, que se concentrent les sites de séjours les plus en vogue. À Kuta, à Jimbaran, dans la presqu’île de Bakut, à Sanur, où les hôtels s’enfilent comme des perles et sur la petite île de Nusa Penida, avec le spot paradisiaque de Mushroom Bay. Au menu de ces stations : des plages infinies de sable blond, des activités nautiques à profusion et des lieux de consommation mondialisée. Mais à quoi bon aller si loin pour rester sur la plage ? L’âme profonde de Bali se trouve dans les terres. Fait unique dans un archipel à 95% musulman, Bali est de religion hindou-balinaise, un culte qui mixe rites hindouistes et pratiques ancestrales. Bali, c’est l’île aux vingt mille temples, dédiés aux divinités les plus illustres, à Shiva et Vishnou mais aussi à Saraswati, la déesse du savoir, à Bata Sri, la déesse du riz, aux morts et aux anciens. S’enfoncer au cœur de l’île revient à être confronté à l’extraordinaire débauche de fêtes et de processions qui jalonnent une vie de villages très ritualisée. Ces événements spectaculaires prennent le tour d’hommages aux dieux, de cérémonies agricoles, de fêtes corporatistes, de rites de passage. Comme le limage de dents des adolescents, qui protège des mauvais esprits. Ou la fête organisée au 105ème jour de la vie, lorsque le bébé, porté jusque là par sa mère, est posé à terre pour la première fois. Sourire balinais
Parmi ces rituels, la crémation tient le haut du pavé de l’expression spirituelle. La mort n’est pas triste à Bali et la manifestation s’entoure d’une mise en scène haute en couleurs.
Il faut avoir vu ces processions de femmes en sarongs portant offrandes ou parasols, ces tours de crémation – les bade - en forme d’œuvres éphémères, ces sarcophages animaliers dans lesquels sont brûlés les défunts… Le tout au son des gamelan, ces orchestres de percussions typiques de l’univers musical balinais. Au fil de cette introspection intime et troublante, vient la rencontre avec les habitants et les paysages. Quels magnifiques spectacles que ces rizières en terrasses sculptées où s’activent les paysans, entre l’eau et le ciel ! Une perfection esthétique résumée dans la grâce de la danse féminine et de ces mains figées dans des poses mimétiques ; ou bien dans le sourire balinais, toujours accroché aux lèvres. Le cœur de l’île est décidément un éden. Il faut s’égarer dans les villages, là où la majorité des touristes ne vont pas. Faire en deux-roues l’itinéraire qui conduit de Klungung, ancienne capitale des rois de Bali avant la colonisation hollandaise, jusqu’à Ubud, « village culturel » de l’île. Et, bien sûr, s’approcher des trois volcans. Située sur une ligne de fractures de failles, l’Indonésie recense cinq cent cratères dont une centaine sont actifs. À Bali, les trois cônes se nomment Gunung Batikan, Gunung Batur (1 700 mètres) et Gunung Agung (3 142 m), point culminant de l’île. Sur les pentes de ce dernier se trouve le temple de Besakih, le plus prestigieux de Bali. Tandis que le volcan Batur est très prisé des touristes « aventuriers », en raison des possibilités d’ascension et de la découverte du lac, posé à ses pieds. Nord et Ouest, parties méconnues
Ces mêmes aventuriers pourront décider d’explorer la partie méconnue de l’île. On les retrouvera à l’extrême ouest, à Gilimanuk, séparé de Java par un détroit de seulement trois kilomètres.
Ou à Singaraja, au nord, l’ancienne capitale coloniale des hollandais, entourée de plages de sable noir. Et pour se faire franchement peur, certains décideront d’opter pour une extension en croisière jusqu’à l’île de Komodo. Sur cette poussière d’île à l’est de Bali survivent comme par miracle une poignée d’animaux issus de la préhistoire, les varans de Komodo. Sensations garanties face à ces monstres courts sur pattes et dangereux, dont certains pèsent jusqu’à une tonne… Autres attractions
Ubud
Le village d’Ubud, au milieu de l’île, est considéré comme le centre culturel de Bali. Il est réputé pour son musée de la peinture balinaise et pour accueillir de nombreuses manifestations, notamment de danse et de musique. Avec ses hôtels haut de gamme, c’est aussi un lieu de séjour très prisé des touristes, qui aiment son atmosphère artistique. Tanah Lot Proche des lieux de villégiature, le temple marin de Tanah Lot, construit sur un rocher percé en bord de plage, sur la côte ouest de Bali, a été édifié par un prêtre d’un royaume de l’est de Java, anéanti au XVIè s. Accessible à marée basse, le temple a la réputation d’être « gardé » par des serpents venimeux, ce qui rend sa visite délicate. Tampaksiring Cet autre temple construit autour de la source de Tirta Empul, au centre de l’île, est l’un des plus anciens lieux de prière de Bali. Depuis plus de mille ans, les balinais viennent se purifier dans les eaux sacrées de la rivière, au milieu d’une vallée luxuriante. Ce site eut un temps la faveur des anciens dignitaires indonésiens. Le premier président du pays, Sukarno, y avait fait construire un palais. Volcan Agung Le volcan Agung est un superbe volcan éruptif considéré comme sacré par les balinais. Si beaucoup d’autochtones et de touristes se rendent sur son versant pour accéder au temple de Basakih, l’un des plus fervents de l’île, peu entreprennent l’ascension jusqu’au sommet, à travers une forêt tropicale puis sur les pentes dénudées du dôme. Il s’agit d’un trek magnifique mais à réserver aux plus sportifs, au terme de sept heures de marche éprouvante. Pratique Bali est l’une des 17 500 îles indonésiennes, située entre Java et Lombok. D’une superficie de 5 561 km², elle est peuplée de trois millions d’habitants. Conditions d’accès : passeport en cours de validité jusqu’à 6 mois après le retour et visa touristique obligatoire, à demander auprès de l’ambassade d’Indonésie à Paris. Aucun vaccin obligatoire mais celui contre la typhoïde est recommandé. Traitement anti paludéen indispensable. Bali peut se visiter toute l’année. Les mois les plus chauds sont février et mars (plus de 30° C) et la saison sèche court de mai à décembre. Mai, juin et septembre sont les mois les plus agréables. La monnaie est la roupie indonésienne. Sur l’île, la pratique de l’anglais est un atout pour communiquer. Hormis les hôtels haut de gamme, il est possible de louer des bungalows et de dormir dans les losmen, petits logements familiaux modestes. Fêtes - L’odalan, fête traditionnelle dans les villages qui a lieu tous les sept mois. Les balinais honorent la fondation de leur temple. - Galungan, également tous les sept mois, pendant trois jours. On fête les dieux et les ancêtres. Cuisine Riz et viande sont parmi les ingrédients de base de la nourriture indonésienne. On les retrouve dans le plat national indonésien, le nasi goreng. À Bali, également beaucoup de poissons. Côté boissons, bière, jus de fruits et vin de riz. Mardi 12 Avril 2011 - 14:14
Jean-François Rust
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