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Lundi 21 Novembre 2011 - 16:14
Balade : Villages de charme en Pays d’AixAutour de la cité du Roi René, le territoire cultive son identité provençale. Trets et Vauvenargues conservent des vestiges que le tourisme et une nouvelle vitalité permettent de redécouvrir d’un œil neuf.Trets, atmosphère, atmosphère
Trets, vue du clocher de Notre Dame de Nazareth et du village depuis le chemin du Félibre - Auteur : Jclpaca
Ce gros bourg de tradition viticole n’a pas encore été repéré par les guides touristiques. C’est sa chance ! Enserré dans des boulevards circulaires, il exprime dans la rue et la pénombre de ses maisons hautes sa franche atmosphère populaire.
Il est de gros villages qui n’ont pas grand chose à vendre mais dont l’urbanisme retient curieusement l’attention. Trets est de ceux là. Excentré à l’est d’Aix-en-Provence, planté dans des terres rouges et fertiles face à la montagne Sainte-Victoire, il ne s’en dégage ni frime ni artifices. Le village est dans son jus, provençal, populaire, il « se fout » des visiteurs et n’a rien pour les retenir. De prime abord, d’ailleurs, il peut déplaire. La litanie des commerces du boulevard de la République est un morceau choisi de France profonde : café Chez Toine, café des Sports, tabac Le Marigny, brasserie du Cours…, ça sent le PMU à plein nez, les mégots sur le trottoir et le loto cache-misère. Mais il faut persévérer. Et pénétrer le petit périmètre urbain commandé par les portes fortifiées (XIVème s.) de Pourrières et d’Amont. Voilà soudain un lacis urbain d’un autre temps, une succession de ruelles tour à tour agréables et sombres, de maisons décrépies ou rénovées, ces dernières affichant sous leur glacis ocre-clair comme un début de reconquête. Lacis urbain d’un autre temps
Il y a des enfants qui jouent au ballon et dont les cris résonnent jusqu’à effrayer les pigeons, des chaussures posées sur le rebord des fenêtres, des vélos et des poussettes adossées à des façades, en attente d’une prochaine sortie.
Des étages s’écoule de la musique arabe et du rap, alors que des carrés de céramique ébréchés, sur telle ou telle maison, rappellent une vigueur commerçante évanouie, boulangerie fermée par ci, boucherie close par là. On prend goût à cette ambiance, à faire un brin de causette avec une mamie, à croiser un regard au détour d’une venelle, à se perdre dans les corridors secrets, comme la chicane du « Trou de madame Lion » (!), l’impasse Ledru-Rollin et son arbre solitaire, l’antique passage en voûte de la rue de la Grande Pujade… Les monuments se fondent dans ce maelstrom. Il y a bien un château, dit « des Remparts », mais il tourne le dos au cœur villageois. Alors on jette un œil à l’église Notre-Dame-de-Nazareth, qui trône avec son curieux clocher tronqué. Et l’on admet à grand-peine que l’ex demeure bourgeoise du 13, rue Paul Bert, ait pu un temps abriter une synagogue. Amoureux de Gordes et de villages léchés, passez votre chemin. Dénicheurs d’authentique, accourez à Trets. Vauvenargues, dans la « campagne » de Picasso
Le village de la montagne Sainte-Victoire où repose le maître est d’un calme olympien. Une bonne raison pour donner envie aux visiteurs du « dimanche » de redécouvrir ses charmes.
Il y a un temps pour la lumière, un autre pour l’intimité. Après l’année 2009 agitée pour cause d’expo Cézanne-Picasso, Vauvenargues a refermé les portes de son château et retrouvé un rythme tranquille. Les amateurs du peintre s’en plaindront et guetteront une réouverture de la demeure, au bon vouloir de sa belle-fille Catherine Hutin. Ce château à tourelles aux éternels volets rouges est bien le phare de Vauvenargues. Mais un phare distant, à l’écart, comme le refuge d’un marquis méfiant qui éviterait ses ouailles. Picasso acquit la demeure en 1958, par admiration pour Cézanne, dit-on, dont il voulait « s’approprier » le territoire. Le peintre espagnol séjourna ici, jusqu’à reposer dans le jardin du château. Mais aucune fleur ne peut être déposée sur sa tombe et le passant se heurte au portail clos. Frimas de l’automne et effluves de bois brûlé
Même Picasso absent, le village aurait de toute façon connu la « gloire ». N’est pas qui veut installé dans un site encaissé et sauvage, tapi au pied de la célèbre barrière calcaire de la Sainte-Victoire !
Tout en longueur - un atypisme en Provence -, Vauvenargues aligne au plus cinq à six rues et de belles façades aux volets bleus, tapissées de lierre. A l’automne, versant nord oblige, les frimas arrivent en éclaireurs et les effluves de bois brûlé ravivent le souvenir d’un passé pastoral qui semble encore immiscé dans la pierre. Toutes choses qui attirent sans répit les petites tribus habituées de motards, familles aixoises et randonneurs, descendus des versants gris-blancs de la Sainte-Victoire. Lundi 21 Novembre 2011 - 16:16
Jean-François Rust
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