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Lundi 30 Avril 2007 - 15:14

200 passagers portent plaintes contre 46 pompiers grévistes


Le 13 avril dernier, l’aéroport de Bruxelles a été fermé à cause d’une grève entamée par le personnel de sécurité et les pompiers de Brussels National. Au total, pas moins de 26.000 passagers ont été bloqués. Sans oublier le préjudice aux compagnies aériennes : rien que pour Brussels Airlines le dommage dépasserait le million d’euros…



A l’origine de cette grève dite sauvage, un conflit datant de plusieurs semaines entre la direction et les services de sécurité et des pompiers de l’aéroport. Le personnel de ce service réclamant des chèques-repas, le paiement des primes, une politique réelle de formation pour les ambulanciers et surtout une révision totale des méthodes de gestion appliquées par la direction qui, selon les syndicats, collectionneraient les abus de pouvoir.

Comme à l’aéroport national Belge, le service des pompiers est intégré à la société, les pompiers des communes avoisinantes ne peuvent pas intervenir sur le tarmac. Aussi suivant la réglementation internationale qui impose aux aéroports, pour fonctionner, la présence opérationnelle permanente des pompiers.

Conséquence la petite cinquantaine de grévistes a littéralement bloqué l’aéroport de la capitale européenne durant une journée entière.

26.000 passagers pris au piège

Au total, 26.000 passagers n’ont pas pu embarquer ou débarquer ce jour-là à Bruxelles. Parmi ceux-ci, un avocat, Peter Cafmeyer, qui devait se rendre à Kinshasa. Furieux du retard imposé, celui-ci décide de fédérer plusieurs voyageurs lésés.

Après quelques jours, il parvient à fédérer quelque 200 passagers qui déposent plaintes et réclament à chacun des 46 grévistes 2.000 euros. Comme l’avocat l’explique à notre confrère Le Soir : « Nous estimons que le préjudice total avoisine les 100.000 euros pour ces 200 personnes. Il y a des gens qui revenaient de Barcelone et qui ont mis cinq jours pour renter chez eux. Il ont dû débourser des centaines d’euros en frais d’hôtels. »
Et ce n’est qu’un début

Or l’avocat, via son site www.advocava.be (uniquement en néerlandais), continue à proposer aux autres passagers frustrés de rejoindre le mouvement : « Plus nous serons nombreux, plus le montant du préjudice sera grand. »

En d’autres mots si le nombre de plaignants à croître et si la justice donne raison à l’action entamée, la facture finale risque d’être très, très lourde pour chacun des grévistes. Un simple calcul, si tous les passagers-otages rejoignent le mouvement cela donnerait : 2.000 € X 26.000 passagers = 52.000.000 euros que chacun des grévistes devraient débourser!

La position des syndicats

Immédiatement et bien que la grève soit sauvage, les syndicats ont annoncé qu’ils allaient soutenir les grévistes syndiqués. Pour Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB (syndicat socialiste), ce n’est ni plus ni moins le droit constitutionnel de grève qui serait remis en question avec cette action judiciaire.

« La FGTB a reconnu le bien-fondé de cette grève. Nous allons prendre totalement en charge la défense des grévistes membres de notre mouvement en cause. Le droit de grève est inscrit dans la Constitution Belge : nous devons en assumer les conséquences. »

Tout le monde a raison et tort

Dans cette affaire, si bloquer un aéroport pour une affaire de chèques-repas peut sembler absurde, il ne faut pas oublier que le principal responsable est ailleurs. Que penser de la qualité de la gestion humaine d’une entreprise qui mégotte sur l’octroi de quelques chèques repas à une quarantaine de ses employés, ne leur paie qu’avec difficulté les primes dues selon le personnel.

Il est également choquant que les services de sécurité et de secours de l’aéroport national belge dépendent non pas des pouvoirs publics mais d’une entreprise privée. On peut douter que les services de sécurité soient considérés par Les gestionnaires de l’aéroport comme des centres de profits et dès lors que ces services disposent des derniers équipements modernes d’intervention.

Le droit de grève est un droit absolu qui, bien qu’il doive être réglementé dans ses procédures (préavis à donner) ne peut en aucun cas être contesté. Dans le cas d’un service public, même privatisé comme c’est le cas de Brussels Airport, un service minimum devrait être garanti contractuellement par le gestionnaire dans l’accord-cadre liant les autorités publiques et l’entreprise en charge.

Quand aux passagers tout comme les compagnies aériennes, il est tout aussi choquant que ceux-ci soient pris en otages pour une affaire de chèques-repas, de primes impayées et de "pingrerie" de la part d’une entreprise. Nous disons bien "pingrerie" car pour dédommager les compagnies aériennes Brussels Airport se limite à proposer aux compagnies de ne pas compter les droits de décollage et d’atterrissage pour les quatre vendredis de mai.

Proposition aberrante, comme le souligne Geert Sciot porte parole de Brussels Airlines : « Cela équivaut, pour nous, à 150.000 euros. Lorsque nous calculons l’entièreté de notre dommage, celui-ci dépasse le million … »

Lundi 30 Avril 2007 - 15:16
Michel Ghesquière - michel.ghesquiere@skynet.be

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